Montréal: Paradis des pédophiles ?

Des pédophiles lèvent des fonds depuis un site web

04 août 2007

Une organisation pédophile mène depuis Montréal une campagne de financement afin de maintenir ses activités de promotion de la culture «Boy Lover» (amoureux de jeunes garçons) sur le web.


La coalition Free Spirits, regroupement très organisé, souvent dans la ligne de mire de groupes anti-pédophiles américains, sollicite des dons par l'intermédiaire de son site web et utilise cet argent pour exploiter un serveur qui héberge les sites de nombreux pédophiles connus. Des milliers de dollars ont apparemment déjà été récoltés dans le cadre de cette campagne de financement, en dollars américains, canadiens ou en euros.

Des captures d'écran fournies par le groupe américain anti pédophile "Perverted Justice" indiquent que l'argent recueilli par Free Spirits est envoyé dans une boîte postale du 800, Place Victoria, où se trouve un bureau de Postes Canada. Une autre boîte postale située en Allemagne sert aussi de point de chute. Ces adresses postales ne sont plus affichées publiquement sur le site de la coalition Free Spirits.

«Il faut désormais envoyer un courriel au trésorier du groupe pour obtenir l'adresse. Ils ont changé leurs pratiques après que notre organisation eut fait pression sur eux», affirme Xavier Van Erck, directeur de Perverted Justice, qui surveille de près les activités pédophiles sur le web depuis 2002.

Toutes les sommes recueillies par Free Spirits continuent par contre de figurer sur un registre public, affiché sur le site web. «Free Spirits dépend de vos contributions. Notre présence au centre de la communauté Boy Lovers sur le Net se paie. Nous devons dorénavant débourser plus de 500 euros par mois pour maintenir nos services», peut-on lire sur le site. «Vous n'avez pas à sortir de l'anonymat pour nous aider. L'argent comptant fait l'affaire et est même préférable. Nous acceptons toutes les devises», ajoutent les administrateurs.

Free Spirits administre notamment le forum de discussion BoyChat.org (ainsi que son équivalent francophone, La garçonnière) qui affirme ne pas être un forum «sur lequel les travailleurs sociaux bien pensants guident fermement les gens de la façon qu'ils croient être la bonne. BoyChat est exploité par des boylovers, pour des boylovers», peut-on lire.

L'expression «boy lovers» est celle qu'utilisent de nombreux hommes matures pour décrire leur attirance sexuelle vers les garçons mineurs ou prépubères. Son équivalent féminin existe - girl lovers - mais le discours qui s'y apparente est considérablement moins développé et organisé, estime le criminologue Pierre Tremblay, de l'Université de Montréal.

Les participants qui visitent BoyChat.org y décrivent leurs fantasmes sexuels et discutent d'enjeux entourant la pédophilie. Il n'y a toutefois aucune photo ou document pornographique en ligne. «N'envisagez pas d'utiliser (le site) pour échanger des images. Les groupes de discussion UseNet sont plus adaptés pour cela», lit-on dans la Foire aux questions. Le serveur de ce site est situé aux Pays-Bas, indique le spécialiste de la sécurité informatique José Fernandez, de l'École polytechnique.

Le 17 juillet, un des anciens modérateurs de BoyChat.org, Jim Patrick Finn, a été arrêté par les autorités du Michigan (USA). Les enquêteurs du bureau du shériff de Wayne County affirment avoir trouvé sur son ordinateur 30 films et 586 photos dépeignant l'exploitation sexuelle d'enfants

Hébergeur Canadien


D'après certaines vérifications, Free Spirits entretient des liens avec l'hébergeur montréalais Épifora inc. Cette compagnie utilise une boîte postale de la plaza Saint-Hubert. Selon le registre des entreprises, le président et le secrétaire-trésorier d'Épifora sont domiciliés dans le secteur. Lorsque La Presse s'est rendue à cette adresse, l'occupant de l'immeuble a toutefois déclaré qu'il ne connaissait ni Épifora ni BoyChat.org.

D'après le registre de l'Autorité canadienne pour les enregistrements internet, Épifora héberge actuellement le site web du pédophile Robin Sharpe, condamné à deux ans de prison en 2002 pour agression sur un jeune garçon. Son slogan: "abandonnez la rectitude et écoutez".

Épifora a aussi hébergé pendant un certain temps le blogue du pédophile américain Jack McClellan. Ce dernier est sous étroite surveillance en Californie, depuis qu'il a mis en ligne des photos non sexuelles de jeunes filles habillées, auxquelles il accordait une note sur cinq, selon ses préférences sexuelles. Il y décrivait aussi les meilleurs endroits pour rencontrer des enfants sans surveillance. Le site a depuis été retiré de la Toile par McClellan.

En octobre dernier, à la suite de pressions exercées par Perverted Justice, Épifora a fait l'objet d'un avis d'interruption de service pour avoir enfreint les politiques d'utilisation de son fournisseur de bande passante, Verizon. Epifora a depuis déménagé ses serveurs.

La Sûreté du Québec n'a pas été en mesure de donner le moindre détail au sujet d'Épifora et de Free Spirits.

Selon Signy Arnason, directrice du programme cyberaide.ca, où les citoyens peuvent dénoncer des activités pédophiles en ligne, "les policiers sont familiers avec les sites" liés à cette nébuleuse.

Selon Xavier Van Erck, de Perverted Justice, "l'existence du réseau Free Spirits et d'Épifora fait de Montréal l'épicentre des activités pédophiles en ligne en Amérique du Nord". "On ne peut pas blâmer les policiers, dit-il. La loi est ainsi faite que ces groupes sont presque impossibles à faire disparaître."

"On ne sait pas trop pourquoi ils ont choisi de s'installer à Montréal, ajoute Xavier Van Erck. Nous soupçonnons que la barrière linguistique les aide. Ils utilisent une multitude de casiers postaux. Lorsque les policiers anglophones posent des questions, ils peuvent brouiller les pistes grâce à la langue."

Épifora et Free Spirits n'ont pas répondu aux appels et courriels envoyés par La Presse.

L'industrie de la pornographie juvénile ne s'est jamais aussi bien portée


Les groupes de discussion prônant les relations sexuelles enfant-adulte pullulent...


Hier, on nous parlait d'une organisation pédophile qui mène depuis Montréal une campagne de financement pro-pédophile sur l'Internet.

Avant-hier, on apprenait avec effroi qu'un blogueur pédophile recommande à ses lecteurs tout aussi pédophiles de se rendre à la Fête des enfants de Montréal pour y regarder les «petites filles». Un lien sur son blogue mène vers le site de la Ville de Montréal, où on peut en savoir davantage sur cette fête. De quoi faire frémir tous ceux qui ont de jeunes enfants.

Mais ce n'est pas parce qu'il y a matière à effroi qu'il y a matière à poursuite, nous disent les experts. On peut s'indigner, avec raison. Mais pour poursuivre un pédophile, il faut plus que de l'indignation, aussi justifiée soit-elle. Il faut des gestes, il faut des preuves. Car ce qui est clairement dégueulasse n'est pas clairement criminel pour autant. Et ça, les pédophiles qui sévissent sur Internet le savent très bien.

Il fut un temps pas si lointain où on se réjouissait de la démocratisation de l'information rendue possible grâce à l'Internet. Aujourd'hui, on est un peu moins naïf. On sait que la démocratisation du savoir fait piètre figure devant la démocratisation de l'imbécillité et de l'exploitation sexuelle.

Des images pornographiques d'enfants circulent par milliers sur le web. L'industrie de la pornographie juvénile ne s'est jamais aussi bien portée. Les groupes de discussion prônant les relations sexuelles enfant-adulte pullulent. Des désaxés qui se présentent sous l'étiquette de «boy lovers» tentent même de faire valoir ouvertement leurs droits en tant que minorité sexuelle incomprise - une récupération pour le moins inquiétante des dérives de la rectitude politique.

Le web n'a rien inventé. La pornographie infantile existait bien avant. Le web n'a rien inventé, mais il a démocratisé l'indéfendable. Pour tous les désaxés sexuels de la terre, la diffusion et l'échange d'informations n'a jamais été aussi facile. Et qui dit diffusion, dit aussi agression. Des études montrent que les personnes qui regardent ou échangent de telles images d'exploitation sexuelle d'enfants présentent un risque accru de se livrer elles-mêmes à une agression, rappelle le Centre national de coordination contre l'exploitation des enfants.

Si on en revient au site de ce pédophile recommandant à ses semblables de se rendre à la Fête des enfants de Montréal, que peuvent faire les autorités? Les policiers mènent une enquête, nous dit-on. Mais déjà, on laisse entendre qu'il serait bien difficile d'exiger la fermeture du site web en question. Parce que, entre autres choses, les pédophiles surfent souvent en zone grise. Même s'ils défendent la pédophilie, ils savent jusqu'où aller pour ne pas enfreindre la loi de façon explicite. Et les enquêteurs ne peuvent pas sonder leurs pensées, aussi tordues soient-elles.

source: Rima Elkouri


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