Dossier Fourniret

Monique Olivier nie être impliquée

30 juin 2008

Monique Olivier nie être impliquée dans le meurtre et la disparition de deux jeunes femmes.


Monique Olivier a nié devant les juges d'instruction de Charleville-Mézières (Ardennes) être impliquée dans le meurtre et la disparition de deux jeunes femmes en 1988 et 1990 dans l'Yonne, a-t-on appris auprès des avocats des familles de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece. Réfutant ses aveux de 2005, où elle indiquait avoir participé à leur enlèvement avec son mari, l'épouse de Michel Fourniret devrait être confrontée dans les prochaines semaines aux policiers qui, selon elle, l'auraient violentée et poussée à ces déclarations.

"Elle dit maintenant qu'il ne s'est rien passé au sujet de Joanna Parrish", affirme Me Didier Seban, l'avocat des parents de cette Britannique de 20 ans, retrouvée violée et étranglée le 17 mai 1990 à Monéteau (Yonne). Pourtant le 14 février 2005, Monique Olivier, condamnée récemment à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 28 ans pour sa complicité dans cinq meurtres, avait avoué aux policiers belges et français comment elle avait enlevé avec son mari une jeune femme pouvant correspondre au signalement de Joanna. Elle avait aussi accusé son mari du kidnapping et du meurtre de Marie-Angèle Domece, disparue le 8 juillet 1988 alors qu'elle se rendait à pied la gare d'Auxerre.

"Elle assure qu'elle a dit n'importe quoi sous la pression des enquêteurs", a ajouté Me Pierre Gonzalez de Gaspard, l'avocat de la famille Domece. En revanche, elle insinue que son mari aurait repéré cette jeune fille à Saint-Cyr-les-Colons, un village proche d'Auxerre où le couple a habité à la sortie de prison de l'Ardennais. Mais elle ne sait pas ce qu'il est ensuite advenu d'elle. "Il est clair que Monique Olivier a très mal vécu son procès et n'en veut pas un nouveau", explique Me Seban qui reconnait être "déçu" par cette audition de trois heures qui s'est déroulée au tribunal de grande instance de Charleville-Mézières. Michel Fourniret devrait être lui interrogé le 3 juillet au sujet de ces deux affaires. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pout sept meurtres avoués, l'ancien ouvrier a toujours nié être impliqué dans ces deux autres affaires criminelles.

A l'issue de ces auditions, les deux juges d'instruction pourraient rapidement mettre un terme à cette information judiciaire et décider du renvoi éventuel des deux mis en examen devant une nouvelle cour d'assises.



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Procès Fourniret: Perpétuité.

29 mai 2008

Condamnés à perpétuité, Fourniret et Olivier n'en n'ont pas fini avec la justice.


Après un procès-fleuve de deux mois qui s'est soldé mercredi par une double condamnation à la prison à vie, se profilent déjà pour les époux Fourniret d'autres rendez-vous avec la justice, au moins dans deux dossiers de meurtres où ils sont mis en cause en France. Michel Fourniret a été condamné mercredi par la cour d'assises des Ardennes à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine maximale du code pénal, et son épouse et complice Monique Olivier à la perpétuité assortie d'une période de 28 ans de sûreté.

Le couple devrait encore comparaître aux assises pour les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, lui notamment pour assassinat, elle pour complicité. La condamnation de Michel Fourniret et de son épouse Monique Olivier ne met pas un terme à "notre quête de justice", ont indiqué mercredi les parents de la Britannique Joanna Parrish, pour le meurtre duquel Fourniret a été inculpé mais pas encore jugé. Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, avait été violée et tuée en 1990 près d'Auxerre, dans le centre de la France.

Michel Fourniret a été inculpé en mars pour cet assassinat, ainsi que celui de Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 et dont le corps n'a jamais été retrouvé. Ces deux affaires n'ont pas encore été jugées. Monique Olivier a accusé en février 2005 son mari d'avoir tué les deux jeunes femmes, ce que Michel Fourniret a toujours nié. Mais les parents de Joanna espèrent avoir la confirmation que l'homme condamné en France est bien l'assassin de leur fille.

Une confrontation entre Michel Fourniret et Monique Olivier aura lieu "entre le 20 et le 30 juin" au tribunal de Charleville-Mézières, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Joanna Parrish, a annoncé mercredi l'avocat de la famille. Ce meurtre est l'un des onze imputés à Fourniret par son épouse, mais il ne compte pas parmi les sept qui viennent d'être jugés dans un procès de deux mois achevé mercredi à Charleville.

Après deux mois de débats et 24 heures de délibérations, la cour a suivi les réquisitions de l'avocat général pour Fourniret, 66 ans, reconnu coupable de sept meurtres aggravés de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, et de trois agressions d'autres jeunes filles ayant réussi à lui échapper. Il écope de la peine la plus lourde de l'arsenal juridique, déjà appliqué au moins trois fois depuis 2006 dans des affaires de meurtres ou tentatives de meurtre d'enfants accompagnés de viols.

Monique Olivier, 59 ans, qui était poursuivie comme coauteure d'un des sept meurtres, a été reconnue coupable de complicité dans ce crime, comme dans trois autres meurtres et le viol en réunion d'Isabelle Laville, tuée en 1987 dans l'Yonne. Elle échappe à la période de sûreté de 30 ans, mais ne pourra déposer de demande d'aménagement de peine ou de libération conditionnelle avant 28 ans. Son avocat Richard Delgenés, qui souhaitait qu'elle n'écope pas de la peine maximale applicable et qu'elle soit blanchie de l'accusation de meurtre de Jeanne-Marie Desramault en 1989, s'est réjoui d'avoir été "entendu sur ces deux points" par les trois magistrats et les neuf jurés. Il a précisé qu'il discuterait avec Monique Olivier jeudi ou vendredi d'un éventuel appel, hypothèse que Fourniret a d'ores et déjà écartée par la voix d'un avocat mardi. Les condamnés ont dix jours pour se décider.

A l'énoncé du verdict, Fourniret, les cheveux et la barbe fraîchement coupés, est resté figé, les yeux fermés. Olivier, également debout dans le box, n'a eu aucune réaction non plus, demeurant les bras ballants. Face à eux, les proches des victimes, serrés sur les bancs des parties civiles, ont contenu leur émotion, certains s'échangeant des accolades, d'autres essuyant une larme. Me Gérard Chemla, un avocat emblématique des parties civiles, a salué "une décision saine" de la cour d'assises. "Cela montre que la justice reste mesurée mais aussi particulièrement sévère car les faits sont particulièrement abominables", a-t-il dit devant la presse. "C'est une décision intelligente", a renchéri le père d'une victime, la mère d'une autre avouant "respirer" enfin après avoir craint que Monique Olivier "ait beaucoup moins".

La perpétuité incompressible a pu s'appliquer à Fourniret en raison du viol et de l'assassinat de Mananya Thumpong, 13 ans, tuée dans les Ardennes en 2001, après le durcissement en 1994 des modalités d'obtention d'un aménagement de peine après trente ans d'incarcération. Les époux ont déjà effectué respectivement cinq et quatre ans de détention provisoire, lui depuis son arrestation en juin 2003 après un enlèvement manqué en Belgique, elle depuis l'année suivante quand elle est passée aux aveux devant les enquêteurs belges après quelque 120 interrogatoires. Pendant le procès ouvert le 27 mars, le couple n'a que très peu dévoilé sa dynamique criminelle entretenue pendant seize ans. Hormis lors de quatre audiences faites essentiellement de digressions, Fourniret est resté fidèle à son voeu de silence faute de procès à huis clos. Monique Olivier n'a cessé de minimiser son implication et prononcé des regrets du bout des lèvres.


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Garder la vedette

27 mai 2008

Les familles des victimes*


Les familles des sept jeunes filles que Michel Fourniret a reconnu avoir tuées entre 1987 et 2001, ont formé un groupe uni et solidaire pendant les deux mois de procès devant les assises des Ardennes pour demander la vérité et surmonter les moments éprouvants du procès. "Pendant ces huit semaines terribles, vous avez fait preuve d'une force mentale exceptionnelle", a déclaré aux familles l'avocat général Francis Nachbar, en préambule de son réquisitoire, en leur souhaitant de trouver "l'apaisement" après ce "moment terrifiant".

Soutenues par des psychologues et des responsables d'association d'aide aux victimes, elles ont toujours fait bloc pour supporter l'éprouvante lecture de l'acte d'accusation ou regarder Fourniret détailler froidement une mise à mort dans des aveux filmés en 2004 et diffusés à l'audience. Dès l'ouverture du procès le 27 mars, des membres des familles avaient expliqué devant des journalistes avoir passé symboliquement un "pacte de solidarité" en réponse au "pacte criminel" conclu par Michel Fourniret et son épouse Monique Olivier.

Comme un rituel au début de l'examen de chaque dossier, les parents sont venus, à l'invitation du président de la cour Gilles Latapie, évoquer à la barre le souvenir des victimes. Inhabituelle lors d'un procès d'assises, cette démarche a donné lieu à des moments de forte émotion, marqués par d'intenses face-à-face avec les deux accusés. "Vous êtes une mère, mais vous n'êtes pas une maman!", a ainsi crié à l'adresse de Monique Olivier la mère d'Isabelle Laville, tuée en 1987.

De son côté, le père de Céline Saison, assassinée en 2000, a imposé à l'accusé de le regarder dans les yeux, lui assénant: "J'ai tellement de haine que si la vie me le permet, j'irai cracher sur votre tombe". "Merci de vous être tu, merci de ne pas avoir ajouté, à la cruauté de vos actes, la cruauté de vos paroles", l'a aussi remercié ironiquement Brice Longhini, le beau-père de Mananya Thumpong, tuée en 2001, dans une allusion au "Sans huis clos, bouche cousue" formulé par Fourniret.

Les parents d'Isabelle et de Fabienne, tuée en 1988, ont refusé de recevoir de l'accusé des explications écrites sur les derniers instants de leurs filles. La famille de Natacha Danais, retrouvée morte en 1990, a opposé une fin de non-recevoir aux deux heures de huis clos demandées par Fourniret, après la mise en évidence d'un possible viol post-mortem sur l'adolescente. C'est aussi "à l'unanimité" qu'elles ont décidé de déserter momentanément les bancs des parties civiles le 17 mai pour protester contre la volte-face de l'accusé, qui venait de revenir sur sa parole de s'exprimer sur les faits.

Au premier jour des plaidoiries des parties civiles, les membres des familles se sont tous présentés une rose blanche à la main en hommage aux jeunes filles disparues.

Fourniret veut garder la vedette jusqu'à la fin.*


Michel Fourniret a voulu garder la vedette jusqu'au dernier jour de son procès qui devait vraisemblablement se conclure mercredi par une condamnation à la prison à vie, dont son avocat a déjà indiqué qu'il ne ferait pas appel.  Mardi, la cour d'assises des Ardennes, qui juge les époux Fourniret depuis le 27 mars pour une série de sept meurtres aggravés de jeunes filles, s'est retirée pour délibérer peu après 15H00, à la suite d'un nouveau coup d'éclat du principal accusé.

Invité à s'exprimer en dernier, Michel Fourniret, 66 ans, s'est emparé d'un texte préparé à l'avance, rédigé pour partie en alexandrins, et dans une lecture d'une quinzaine de minutes a distribué ses bons et mauvais points aux acteurs du procès. Après avoir salué "plusieurs voix" sur les bancs des parties civiles, d'où parfois, selon lui, "a jailli l'étincelle", Michel Fourniret a enchaîné à l'adresse de l'avocat général Francis Nachbar: "il n'en fut pas de même, c'est sans surprise hélas, de la part d'un roquet". Il s'est en pris plusieurs fois au "petit Francis" - qui l'avait traité de "petit Fourniret" -, avant de réserver ses dernières piques à son épouse Monique Olivier, 59 ans, "une pauvre bonne femme incapable de nuire à quiconque individuellement".

Francis Nachbar avait requis jeudi les peines les plus lourdes du code pénal contre le couple, à savoir la réclusion criminelle à perpétuité assortie de mesures de sûreté différenciées pour l'un et l'autre en fonction de la date des crimes reprochés. Il les avait qualifiés de "fêlés" et de "criminels inhumains", des termes sur lesquels il a tenu à s'expliquer publiquement mardi après la clôture des débats, dans une démarche peu commune. "C'est le dossier qui est nauséabond (...), pas les mots utilisés", a-t-il justifié devant des dizaines de journalistes.

La cour, qui devrait rendre son verdict mercredi après-midi, s'est exceptionnellement retirée pour délibérer, non au tribunal, mais dans une caserne de CRS à Charleville-Mézières, afin de répondre à un total de 75 questions. Dans la dernière plaidoirie, Me Pierre Blocquaux, avocat de Michel Fourniret, s'exprimant au nom d'une défense réduite au silence par l'accusé depuis le début du procès, a annoncé que son client ne ferait pas appel de la condamnation à venir et a pris le contre-pied de M. Nachbar en appelant à le juger comme un homme. Fourniret "appartient à notre humanité, hélas, quel que soit le caractère horrible des actes qu'il a pu commettre", a affirmé l'avocat, après avoir confié "l'épreuve" vécue lors de "ces deux mois épouvantables (...) au fond de l'horreur". Me Blocquaux a comparé la vie de l'accusé à "un champ de ruines" avec, outre les jeunes femmes ou adolescentes tuées, de multiples victimes "collatérales", telles une des filles de Fourniret qui s'est suicidée en 2006 "parce qu'elle ne supportait plus le poids de toutes ces affaires".

Il a de nouveau évoqué les "occasions manquées" d'arrêter un homme déjà condamné par le passé pour des agressions sexuelles, citant entre autres le classement sans suite par le parquet d'Auxerre de la plainte du père de la première victime, Isabelle Laville, tuée fin 1987 dans l'Yonne. Au total Fourniret doit répondre de sept meurtres de jeunes filles précédés de viol ou tentative, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2001. Monique Olivier est accusée d'être co-auteure d'un des meurtres et complice de trois autres.

"Je regrette tout ce que j'ai fait. C'est tout", a simplement déclaré cette dernière mardi.



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L'heure du verdict

26 mai 2008

Place aux plaidoiries de la défense.*


Après le sévère réquisitoire de l'avocat général, les avocats de la défense s'expriment aujourd'hui et demain. Ils devraient notamment tenter de minimiser la culpabilité de Monique Olivier, qui se présente comme une femme soumise par la peur à l'emprise de son mari.


"Un couple assassin", un "diable à deux faces", "d'une cruauté et d'une inhumanité que jamais notre pays n'avait imaginé connaître". La semaine dernière, l'avocat général a prononcé un réquisitoire très dur. Dans lequel il accable tant Michel Fourniret que Monique Olivier, qui lui a "délivré son permis de tuer". Me Nachbar réclame ainsi la prison à perpétuité tant pour l'un que pour l'autre.

Un portrait que les avocats de Monique Olivier vont tenter aujourd'hui de redessiner. Non, vont-ils dire, l'accusée n'est pas une criminelle, mais une autre victime de son mari, qui l'a terrorisée et soumise à son mode de vie assassin. Les avocats de Monique Olivier vont notamment s'appuyer sur les déclarations de Fourniret, qui minimise le rôle de sa femme. Et qui la dédouane de l'accusation la plus grave, celle d'avoir participé au meurtre de Jeanne-Marie Desramault, en 1989. Monique Olivier nie ainsi avoir étouffé la jeune fille en la bâillonnant, parce que Fourniret peinait à l'étrangler.

Rappel du 22mai:


La réclusion criminelle à perpétuité a été requise par l'accusation contre Michel Fourniret et son épouse Monique Olivier. Le couple est jugé depuis deux mois pour sept meurtres de jeunes filles entre 1987 et 2001. L'avocat général a demandé que la peine de Michel Fourniret s'effectue sans aucune possibilité d'aménagement. Il a requis une peine de sûreté incompressible de trente ans à l'encontre de son épouse. La défense doit plaider la semaine prochaine et le verdict de la cour d'assises des Ardennes est attendu mercredi ou jeudi. Les deux accusés ont reconnu les faits à l'audience.

Fourniret, 66 ans, encourt une peine de perpétuité « incompressible » en raison du dernier des sept homicides aggravés dont il est accusé, un assassinat précédé de viol sur mineur de moins de 15 ans en l'occurrence celui de Mananya Thumpong, 13 ans, tuée en 2001 dans les Ardennes. Cette période de sûreté de trente ans a également été requise contre Monique Olivier, 59 ans l'autre tête de ce « diable à deux faces » ; elle est accusée d'un meurtre et de complicité dans plusieurs autres crimes, tous antérieurs à 1994.

Permis de tuer


En début de semaine, la « complémentarité criminelle » des époux a été soulignée par des experts témoignant à la barre, un psychologue estimant qu'Olivier avait « délivré son permis de tuer » à son mari. Pendant les premières plaidoiries de la défense aujourd'hui, les avocats de Monique Olivier devraient rebondir sur des propos tenus à l'audience par Fourniret, qui a clairement dédouané son épouse de toute participation dans le meurtre de Jeanne-Marie Desramault en 1989. Alors qu'elle-même a nié lors du procès, Olivier est considéré par l'accusation comme coauteure du meurtre. Pendant que son mari peinait à étrangler la jeune étudiante qui se débattait, elle l'aurait étouffée en la baillonnant. Mardi, les avocats de Fourniret, jusque-là réduits au silence par son souhait de se défendre lui-même, devraient revenir sur le cas Thumpong qui fait encourir à leur client la peine incompressible. À l'audience le 29 avril, l'accusé a reconnu l'enlèvement et le meurtre mais a nié la circonstance aggravante du viol.

Le verdict est attendu mercredi après des délibérations dans une caserne de CRS à Charleville.

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Monique Olivier Accablée

21 mai 2008

Monique Olivier accablée par les avocats des familles pour son rôle actif.



Des avocats des familles de victimes ont martelé mercredi devant la cour d'assises des Ardennes que Monique Olivier avait joué un rôle actif au côté de son mari, Michel Fourniret, dans les meurtres de cinq jeunes filles ou adolescentes commis entre 1989 et 2001. Au second jour des plaidoiries des parties civiles, les avocats ont une nouvelle fois accablé l'épouse du tueur en série présumé, jugé pour sept meurtres aggravés, en soulignant son rôle de "détonateur" dans l'équipée criminelle qu'elle a formée pendant dix-sept ans avec Michel Fourniret. Emboîtant le pas à Me Paul Lombard, qui avait dépeint mardi un "couple fusionnel où il y a une machine à tuer et une femme qui met en marche la machine", Me Didier Seban a dénoncé la culpabilité de Monique Olivier dans la "loterie sanglante" mise en oeuvre par le couple. "Ils se sont assistés, ils se sont aidés pour tuer Jeanne-Marie Desramault, pour la faire taire (...) Elle est l'auteur de ce meurtre autant que Fourniret", a déclaré l'avocat de la famille de l'étudiante, tuée en 1989.

Accusée de complicité dans trois des homicides commis par son mari - ce qu'elle a reconnu pendant le procès -, Monique Olivier a fermement contesté avoir été co-auteur de ce meurtre. "Vous êtes deux tueurs en série qui n'en font qu'un", insiste l'avocat. Pour lui, l'ancienne garde-malade, qui accepte d'épouser Fourniret en juillet 1989, alors que le couple a déjà commis quatre meurtres, n'est pas "celle qu'elle veut bien dire". Pendant les débats, Monique Olivier n'avait cessé de répéter qu'elle avait agi sous la contrainte d'un mari qui la terrorisait. "Il lui suffisait d'un mot" pour dénoncer Michel Fourniret et s'en débarrasser, renchérit Me Sabine Barz, l'avocate de la famille de Natacha Danais, tuée en 1990.

Devant les neuf jurés, Me Hervé Dupuis, l'avocat des parents de Céline Saison, assassinée en 2000, avoue à son tour son impuissance à comprendre : "Comment une mère a pu élever, regarder son enfant grandir au quotidien avec des yeux d'assassin!", s'insurge-t-il dans une allusion à Sélim, le fils du couple Fourniret né en 1988. Fermant le ban des plaidoiries, Me Gérard Chemla, l'avocat des parents de Fabienne Leroy tuée en 1988 et de Mananya Thumpong assassinée en 2001, revient sur le rôle de cette "femme qui ne parle pas parce que tout ce qu'elle dit peut être mortel pour elle". "Qui était le chef? Michel Fourniret vous avez cru que c'était vous et qu'elle était votre troupe. Je pense que c'est le contraire", assène l'avocat. "Michel Fourniret n'est plus une énigme pour nous. Il est un grand pervers qui a reçu l'autorisation de tuer", ajoute-t-il.

Dans son box, Monique Olivier, comme la veille, reste sans réaction, la tête et les yeux baissés. A ses côtés, Michel Fourniret, figé sur son siège, garde le plus souvent les yeux fermés. Il reste impassible lorsque Me Barz évoque le possible viol post-mortem commis sur Natacha Danais, "cette domination ultime, cette déshumanisation". Au cours de leur plaidoirie, deux avocats ont également demandé que la justice et la police progressent dans l'identification des tueurs en série. "Le système n'a pas été à la hauteur. Il sait arrêter des voleurs (...) mais sait-il gérer le couple qui tue au hasard ?", s'est interrogé Me Chemla. "Il faut que le procès Fourniret serve de leçon. Il faut que l'on apprenne à travailler autrement", a demandé Me Seban. Les audiences reprennent jeudi à 13H00 avec le réquisitoire.


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Examen de personnalité des accusés

19 mai 2008

La cour achève l'examen de personnalité des accusés.


Michel Fourniret, replongé dans son mutisme, n'aura tenu que quatre jours sa promesse de s'expliquer sur les faits, un temps qu'il a utilisé pour ergoter sur des détails au lieu d'éclairer la cour d'assises des Ardennes sur les sept meurtres dont il est accusé. La cour doit entendre ce lundi les derniers experts pour achever l'examen de personnalité des accusés. Mardi et mercredi seront consacrés au plaidoiries des parties civiles, avant le réquisitoire jeudi. Dans un nouveau coup d'éclat, le tueur en série présumé est revenu vendredi sur son engagement de participer aux débats, qu'il avait pris le 7 mai devant deux de ses enfants témoignant à la barre. L'accusé s'est ainsi replongé dans son silence, comme lors des sept premières semaines de procès où il refusait de s'exprimer faute de huis clos.

Avant sa rétractation, la cour a pu entendre l'entendre s'expliquer sur trois meurtres: ceux d'Isabelle Laville dans l'Yonne en 1987, de Fabienne Leroy dans la Marne 1988 et de Jeanne-Marie Desramault tuée en 1989 dans les Ardennes. S'il a reconnu être dans "un état second" lors de l'étranglement d'Isabelle et avoir jeté son dévolu sur Fabienne de manière "non préméditée", Michel Fourniret a le plus souvent entraîné la cour dans des digressions. Il a longuement pinaillé sur des détails, racontant par le menu les itinéraires empruntés ou encore la marque et la couleur des voitures utilisées pour commettre ses forfaits. "Mettez le turbo!", s'est exclamé Gilles Latapie, le président de la cour d'assises alors que l'accusé se perdait dans un long monologue. "Il déplace l'objet (de la question), c'est ça la perversion par excellence", a souligné le psychologue Jean-Luc Ployé, un des nombreux experts venus expliquer les mécanismes de "toute-puissance" de Fourniret qualifié de "pervers narcissique", le "summum" dans la hiérarchie criminelle. "Il veut absolument dominer l'autre, ses épouses, ses victimes, la justice. On a bien vu qu'il voulait conduire les choses", a déclaré le Dr Bernard Dufossez, qui a souligné avec d'autres psychiatres l'état "incurable" de l'accusé "complètement emmuré dans sa problématique" de domination. " En face de lui, il n'y a plus les victimes, il y a les familles (...) On existe encore et la punition continue", a estimé de son côté Jean-Pierre Saison, le père d'une victime, qui a déserté l'audience plus d'une heure vendredi avec les autres familles pour protester "symboliquement" contre l'attitude de l'accusé.

Contrairement aux espoirs exprimés par les avocats après la promesse de Fourniret de s'expliquer, les quatre jours d'audience n'ont pas plus permis d'éclairer le degré de complicité de son épouse et de révéler la dynamique criminelle du couple. "Les deux accusés restent sur deux routes parallèles pour surtout de ne pas se croiser" a estimé Me Didier Seban, l'avocat de la famille Desramault. Si Michel Fourniret s'est emporté mercredi contre les "mensonges flagrants" de son épouse et l'a accusée de s'être un jour étonnée de la "facilité" avec laquelle on pouvait "embarquer" une jeune fille, il l'a fermement disculpé du meurtre de Jeanne-Marie Desramault, le seul pour lequel elle est co-accusée. "Le pacte n'est pas complètement levé. Du pacte criminel on est passé au pacte de non-agression", a commenté Me Seban. "Pendant 16 ans, il y a forcément des choses qui l'ont satisfaite, qui lui ont permis d'alimenter ses fantasmes", a estimé le Dr Ployé tandis qu'un autre expert a jugé Monique Olivier "curable", l'accusée n'ayant pas, selon lui, une "perversité active propre". Lundi, la cour entendra les derniers experts pour achever l'examen de personnalité des accusés. Mardi et mercredi seront consacrés au plaidoiries des parties civiles, avant le réquisitoire jeudi.


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Fourniret Braconnier

15 mai 2008

Monique Olivier "dépendante" face au "braconnier" Fourniret.*


Le tueur en série présumé Michel Fourniret s'est présenté en braconnier chassant de manière aléatoire et a renforcé ses accusations contre son épouse et co-accusée Monique Olivier, dont le profil psychologique, dressé jeudi, a révélé une personnalité dépendante.

"J'étais à l'image du braconnier qui s'en va en ne sachant pas s'il va ramener à un faisan, un garenne ou rien du tout", a déclaré l'accusé à la 26e audience de son procès pour sept meurtres devant la cour d'assises des Ardennes. Profitant de son voeu de sortir du silence, la cour a souhaité revenir sur l'examen des sept crimes. Le tueur en série a nié avoir préparé ses agressions et s'est vivement défendu avoir ciblé en particulier Marie-Asuncion et Sandra Noirot, deux victimes qui avaient réussi à lui échapper. Isabelle Laville, 17 ans, première victime du couple en 1987, a été ciblée de "manière fortuite" selon Michel Fourniret, à la faveur "de courses dans un supermarché". Enlevée à la sortie de son lycée près d'Auxerre, elle avait été droguée, violée et tuée puis son corps avait été jeté dans un puits. Dans cette affaire, Michel Fourniret a reconnu une forme de préméditation, étant à la recherche d'une jeune fille à déflorer. Il a assuré avoir laissé les "détails" à charge de Monique Olivier, notamment le choix du médicament destiné à endormir Isabelle Laville. "Isabelle a été l'instrument du destin placé sur la route de ma préméditation", a-t-il dit, précisant que Monique Olivier était présente au moment de la tentative de viol. "Dès qu'il s'est agi d'en savoir plus sur la virginité de cette jeune fille, j'ai procédé de manière digitale et Monique Olivier était présente", a-t-il déclaré.

Monique Olivier au crible*


Les époux ont étalé leurs divergences sur le degré d'implication de Monique Olivier dans le viol et le meurtre de Fabienne Leroy en 1988, Michel Fourniret soutenant que sa conjointe avait assisté aux faits. "Je n'ai pas assisté au viol !", s'est défendue Monique Olivier. Michel Fourniret s'est montré agacé par son épouse. "Monique Olivier écoute son imagination, elle ment et le sait très bien", a-t-il répondu. "J'ai envie qu'elle respire un bon coup et qu'elle se dise : merde, j'ai envie d'être franche et de me sentir légère", a-t-il poursuivi. Mercredi, il l'avait traitée de "connasse" à l'audience. La personnalité de Monique Olivier a été passée au crible dans l'après-midi, avec le passage à la barre de trois psychiatres et psychologues l'ayant examinée. Décrite par l'un des experts comme une personne "dépendante" de Michel Fourniret, "quelqu'un qui n'a pas cherché à s'imposer", avec une tendance à la "victimisation", Monique Olivier a été néanmoins jugée "capable de contrôler ses actes". Elle a fourni l'illustration de sa passivité lors d'un face-à-face avec Me Lombard, avocat des parties civiles, qui, l'enjoignant d'en "finir avec les trous de mémoire et les plaisanteries", lui a demandé ce qu'elle avait fait pour sauver la jeune Elisabeth Brichet, 12 ans, assassinée par son époux avec sa complicité. "Rien, je n'aurais rien pu faire", a-t-elle dit, mains tremblantes posées sur le micro et voix chevrotante. "Vous avez fait reculer les limites de la veulerie !", a alors tonné Me Lombard. Les experts ont aussi souligné son insensibilité envers les victimes - aucune trace de dépression n'a été relevée - et sa capacité à supporter les crimes de son époux sans éprouver de "stress post-traumatique" ni "regret spontané", dénotant une certaine force de caractère.

"J'ai un coeur et si le docteur vivait avec moi pendant un certain temps il verrait qu'il se trompe", a rétorqué Monique Olivier à un médecin-psychiatre, précisant qu'elle pleurait dans sa cellule, car elle ne voulait pas le faire "devant les victimes". "Et si j'avais une personnalité forte, j'aurais fait comme toutes les femmes de Michel Fourniret, je l'aurais quitté", a-t-elle ajouté. Vendredi, d'autres psychologues et psychiatres viendront témoigner et les débats porteront vraisemblablement sur un point controversé : le quotient intellectuel de Monique Olivier, estimé par les experts belges à 95 - c'est-à-dire dans la moyenne - et par un expert français à 131 - hautement supérieur.

Fourniret n'est pas réadaptable, selon un expert.*


Michel Fourniret "n'est ni curable ni réadaptable dans l'état actuel de nos connaissances", a déclaré jeudi à la barre de la cour d'assises des Ardennes un expert psychiatre qui a examiné l'accusé pendant l'enquête. "Entendre Michel Fourniret expliquer ses crimes, c'est assez insupportable même quand on est un professionnel", a déclaré Bernard Dufossez, assurant que Michel Fourniret ne possédait pas la "simple humanité ordinaire". Le décrivant comme un homme manquant "totalement d'humilité, "vaniteux", l'expert a assuré que Michel Fourniret aimait "intellectualiser pour masquer ses pulsions sadiques et perverses" avant d'ajouter que l'accusé "était content d'être l'objet d'une étude". A une question de la défense, l'expert a assuré ne pas savoir comment l'on devenait Michel Fourniret. "Monique Olivier a supporté l'insupportable. Pour cela, il faut avoir une structure perverse", a-t-il dit de l'épouse de l'accusé qui comparait à ses cotés. Le couple est jugé pour une série de sept meurtres et plusieurs tentatives d'enlèvement.



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Fourniret parle... parle... mais ne dit rien.

14 mai 2008

Le parquet de Dinant dément l'ouverture d'une enquête sur Fourniret.


Le parquet de Dinant a tenu à démentir, mercredi, l'information selon laquelle il aurait ouvert une enquête préliminaire concernant d'éventuels liens entre Fourniret et le décès d'un couple de personnes âgées d'Honnay (Beauraing) en 2000. Pour le procureur du Roi de Dinant, Bernard Appart, rien dans le papyrus, remis par le tueur en série le premier jour de son procès au président de la cour d'assises de Charleville-Mézières, ne permet d'effectuer un lien avec la mort de ces personnes âgées comme semble l'indiquer le journal Le Soir de ce mercredi. "Juste Michel Fourniret parle-t-il explicitement, dans ce papyrus que nous ont transmis les autorités judiciaires françaises, d'une tentative d'homicide sur la personne d'un professionnel de la santé", précise Bernard Appart. "Volet sur lequel Michel Fourniret pourrait être entendu par les enquêteurs dinantais. Le cas échéant, ce serait à la fin de son procès en cours". Pour rappel, les enquêteurs dinantais sont toujours saisis du volet "disparition des jeunes filles au pair". Volet sur lequel divers devoirs d'enquête ont déjà été menés sans pouvoir pour l'instant incriminer à Michel Fourniret le moindre des agissements que lui prêtait Monique Olivier.

Le tueur en série présumé Michel Fourniret a reconnu à son procès avoir trahi son ancien compagnon de cellule Jean-Pierre Hellegouarch en tuant son épouse, Farida Hammiche, en 1988, pour s'approprier le butin d'un célèbre gang de l'époque, les Postiches.


"Jean-Pierre Hellegouarch est quelqu'un que j'ai trahi, dont j'ai trahi la confiance", a dit l'accusé à la cour d'assises des Ardennes, qui le juge depuis le 27 mars pour sept meurtres de jeunes femmes entre 1987 et 2001. Jean-Pierre Hellegouarch et Michel Fourniret se sont rencontrés en 1984 à la prison de Fleury-Mérogis. Le futur tueur en série était écroué pour des agressions sexuelles, ce qu'il dissimulait à ses codétenus. Son voisin de cellule était accusé d'être un "braqueur" de banques, trafiquant d'armes et de drogues. Jean-Pierre Hellegouarch, 65 ans, extrait de sa prison pour venir déposer comme témoin, a expliqué à la barre qu'il ne s'était pas méfié. "Fourniret m'apparaissait comme quelqu'un d'inoffensif", a-t-il dit. Fourniret, libéré en premier, multiplie les visites à Farida Hammiche, épouse de Hellegouarch. En 1988, Jean-Pierre Hellegouarch confie à la jeune femme l'existence d'un butin, enterré dans un cimetière du Val-d'Oise. Il pense à Fourniret et "ses mains de jardinier" pour récupérer l'argent.

TRÉSOR ENTERRÉ


Farida Hammiche et Michel Fourniret déterrent le trésor, des lingots et pièces d'or provenant de "casses" du gang des Postiches, bandits ayant écumé les banques parisiennes de 1981 à 1986. Le couple Fourniret empoche une "commission". Mais Fourniret se ravise bientôt. Quelques semaines plus tard, en avril 1988, il tue Farida Hammiche à coups de baïonnette, l'enterre dans la forêt près de Clairefontaine (Yvelines) et empoche la quasi-totalité du magot. "Il avait reçu sa part mais m'a dit qu'il en voulait plus et que si Farida refusait, il irait la voir", a déclaré mercredi Monique Olivier, présente au moment de l'assassinat. Avec l'argent, le couple s'achète pour 1,2 millions de francs le manoir du Sautou dans les Ardennes, où seront enterrés les corps de deux autres victimes du tueur. Fourniret acquiert une nouvelle voiture, et joue double jeu, allant jusqu'à aider aux recherches de Farida Hammiche.

"Ils ont poussé la duplicité jusqu'à venir me chercher à ma sortie de prison !", s'est indigné Jean-Pierre Hellegouarch. Le Breton retrouve 300.000 francs chez son épouse. Le couple Fourniret lui jure que Farida Hammiche est partie avec quelqu'un d'autre. Hellegouarch finit par suspecter les conjoints à qui il rend visite dans les Ardennes. "Ils vivaient comme des pauvres, ils habitaient une cabane de jardin. En y réfléchissant, c'était suspect, c'était trop", a-t-il dit. En 1990, au hasard d'un interrogatoire de police, il apprend des policiers l'existence du manoir du Sautou, s'y rend dans la foulée, croise Michel Fourniret en chemin, lui tire dessus, le rate, le prend en chasse, mais le perd. Il met en joue Monique Olivier "apeurée qui pleurniche", "son enfant accroché à sa jupe", la prend en pitié, l'épargne et lui laisse son numéro de téléphone.

"Si elle avait appelé, cela aurait été facile de clore le chapitre Fourniret", a dit le braqueur, laissant entendre qu'il aurait alors tué le criminel. Le couple Fourniret se cachera avec succès en Belgique. Le corps de Farida Hammiche n'a jamais été retrouvé. La justice a inexplicablement négligé de joindre cette affaire aux poursuites. Le dossier, qui semble aujourd'hui prescrit, n'est pas reproché au tueur et n'était examiné que dans le cadre de l'examen de sa personnalité. Même si Fourniret a proposé son aide à l'audience pour retrouver le corps, Hellegouarch s'est dit amer : "j'ai plus que de la rancoeur contre la justice, c'est comme si on dansait sur sa tombe. Plus que du gâchis, c'est une souillure".

Fourniret insulte son épouse Monique.


Le coup de sang du principal accusé s'est produit alors que son épouse contestait fermement avoir porté des coups de baïonnette à Farida Hamiche, une jeune femme de 30 ans, qu'il avait tuée en 1988 en l'étranglant. «Je vous dis la vérité, je n'ai pas donné de coups de baïonnette à Farida», a répondu Monique Olivier à un avocat qu'il l'interrogeait. Egalement debout dans le box, Michel Fourniret s'est tourné vers elle : «C'est un mensonge flagrant Madame, un de plus !», a-t-il lancé. «Mais arrête tes conneries merde ! C'est pas vrai cette bonne femme !», a-t-il ajouté avant de lâcher à haute voix : «Connasse !».

Alors que le président Gilles Latapie l'invitait à se calmer, Michel Fourniret a prié la cour d'«accepter ses excuses». Le meurtre de Farida Hamiche, compagne d'un ex-codétenu de Fourniret, est un des huit homicides qu'il a reconnus après les dénonciations de Monique Olivier en 2004. Mais au procès du couple, il n'est évoqué que dans le cadre de l'examen de leur personnalité.

Fourniret promet son aide pour retrouver le corps d'une de ses victimes


Michel Fourniret s'est engagé à reprendre avec les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles les recherches visant à retrouver le corps de Farida Hamiche, une femme de 30 ans qu'il a avoué avoir tuée en 1988. Farida Hamiche, compagne d'un ancien codétenu de Fourniret dans les années 80, est une des huit jeunes femmes ou adolescentes que le tueur en série présumé a reconnu en 2004 avoir tué après les dénonciations de son épouse Monique Olivier. Mais ce crime sans cadavre - le corps, enterré dans une forêt des Yvelines, n'a jamais été retrouvé - n'est pas jugé au procès ouvert le 27 mars devant la cour d'assises des Ardennes, où Michel Fourniret doit répondre de sept meurtres aggravés et son épouse de complicité. L'affaire, qui fait toujours l'objet d'une enquête au tribunal de Versailles et dans laquelle Fourniret n'est pas poursuivi, a été abordée mercredi dans le cadre de l'examen de personnalité des accusés en présence de multiples témoins. Peu avant la déposition de Jean-Pierre Hellegouarch, compagnon de Farida Hamiche, une commissaire de la PJ de Versailles, Carole Pitolet, a demandé à Fourniret s'il était prêt à nouveau à guider les enquêteurs vers le lieu où il a enterré la jeune femme après l'avoir étranglée.

"Je ne suis pas contre (le fait) de reprendre, avec la volonté d'aboutir, les recherches", a répondu l'accusé. "J'y suis décidé", a-t-il ensuite promis au président Gilles Latapie qui l'invitait à "faire un effort", alors qu'après ses aveux il avait déjà été interrogé par la PJ mais avait refusé de collaborer. Fourniret a dit avoir tué Farida Hamiche pour s'emparer de plusieurs dizaines de kg d'or qu'il venait de déterrer avec elle peu auparavant, sur les indications de M. Hellegouarch. Ce "trésor" caché provenait des braquages du gang des postiches démantelé dans les années 1980.





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Fourniret va enfin parler

08 mai 2008

Fourniret accepte de rompre le silence.*


IL N'A « qu'une parole », assure-t-il. Il s'entêtait à la museler depuis le début de son procès devant la cour d'assises faute d'audience à huis clos mais il n'y a désormais plus « aucune ambiguïté ». « Indubitablement », Michel Fourniret répondra désormais en public à toutes les questions.


La magie de deux femmes, venues lever ses dernières réticences. « Ce serait bien quand même de répondre », lui lance d'un ton soudain ferme la première, Nicole, son ex-épouse. L'accusé résiste encore : « Il faudrait comprendre le pourquoi des choses. Est-ce que moi-même je le comprends... Minou, à quoi cela rimerait d'exhiber mes propos devant un public composé de piliers de bistrot, de voyeuristes, de gens très bien aussi... ? » Nicole lui donne alors cet ordre qu'il lui réclame. Mais Michel Fourniret fait durer le plaisir.

Si Mme Olivier avait demandé le divorce, j'en aurais été enchanté.


Il attend deux autres confirmations avant de s'autoriser à s'exprimer publiquement. Celle de son aîné, Jean-Christophe, fruit d'une première union avec Annette au début des années 1960, tombe, cinglante : « Je ne connais pas l'accusé, je ne l'ai jamais rencontré. Je n'y vois donc aucun inconvénient. » Il reste surtout à entendre Anne, son unique fille depuis le suicide de sa soeur jumelle. La cour est suspendue aux lèvres de ce doux et beau visage, crispé par l'émotion : « Je pense qu'il serait bien qu'il s'exprime vis-à-vis des familles », murmure-t-elle. Ces quelques mots ont raison des vingt-quatre jours de mutisme imposés à la cour. Michel Fourniret, debout face à sa fille, ouvre son coeur : « J'en aurais des choses à dire, non seulement à toi, mais aussi à ta mère, à ton frère, à ta soeur et aux personnes qui sont là. » Emu aux larmes, il souffre pour poursuivre tandis que sa fille, bouleversée, peine à soutenir son regard : « C'est une situation où les mots n'ont plus de sens, sinon que de te dire que je t'aime. »

Sur les bancs des parties civiles, certains regards sont rougis. Michel Fourniret, redevenu froid, est prêt à en découdre : « M e Behr, vous avez une question ? » lance-t-il à l'avocat de la famille de sa première victime, Isabelle Laville. Il en aura mais les 19 heures qui s'affichent à la pendule l'amènent à les différer. Ses confrères des parties civiles laissent eux aussi passer l'occasion de bombarder Fourniret des questions auxquelles ils le pressaient de répondre depuis sept semaines. Aucun n'insiste avant le week-end de la Pentecôte, courant le risque de voir ce manipulateur revenir sur sa parole...

Michel Fourniret commence pourtant à se lâcher, notamment quand il est question de son mariage avec Monique Olivier : « Le sentiment en était absent. Si Mme Olivier avait demandé le divorce, j'en aurais été enchanté. » Plus tôt, il avait montré son « courroux » à l'égard de « cette bonne femme » : « J'en ai par-dessus la tête de ses assertions vagues, filandreuses et innommables. Dégage toutes tes toxines et dis ce que tu sais, pas ce que tu crois ! » Sa vraie famille est ailleurs : Dominique Catoire, fille de son père spirituel, hier. Nicole et Anne aujourd'hui qui sont parvenues à rendre au monstre quelque humanité.

Michel Fourniret n'a, pour l'heure, pleuré que sur lui-même. Un nouveau procès commence mardi. Tour à tour, les familles de ses sept victimes viendront demander des réponses. « Merci de ne pas avoir ajouté à la cruauté de vos actes la cruauté de vos paroles », lui avait lancé le beau-père de Mananya, une de ses victimes. Michel Fourniret a, de nouveau, les cartes en main. Michel Fourniret a promis mercredi qu'il répondrait désormais aux questions sur les sept meurtres aggravés lui valant de comparaître aux assises des Ardennes, une déclaration d'intention arrachée par ses enfants et qui n'a pas été suivie de révélations. Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, le tueur en série présumé n'avait cessé de monnayer sa participation aux débats contre un procès sans public ni journalistes. Il n'a que très rarement dérogé à cette position et sans jamais vraiment consentir à s'expliquer sur les faits. Au premier jour, il rappelait aussi qu'il souhaitait voir modifier un acte d'accusation selon lui truffé d'erreurs. Il se justifiait ainsi : "les écrits restent, mon sort importe peu mais celui de mes descendants si". Le changement d'attitude s'est produit mercredi alors que sa fille Anne, née en 1972 de son deuxième mariage, témoignait à la barre à la fin du deuxième jour de l'examen de sa personnalité, après sept semaines d'audience.

Michel Fourniret venait d'affirmer qu'il pourrait s'expliquer même hors huis clos à condition que ses deux enfants cités comme témoins le lui demandent : "je crois que ce serait un ordre et dans ce cas je parlerais en public". Après Jean-Christophe, 44 ans, qui dépose moins de dix minutes pour lâcher un "oui" sans motivation face à un père qu'il n'a pas connu, Anne se présente à la barre, pantalon noir et cheveux relevés en chignon. "Oui tu peux prendre la parole maintenant", répond-elle à son père soucieux une dernière fois de savoir si c'est bien son voeu. Celui-ci acquiesce ensuite devant Me Alain Behr, avocat des parties civiles, qui lui demande "nous avons donc votre parole?".

A la surprise de la salle, aucun avocat n'enchaîne avec une question de fond, et c'est sur un aspect secondaire du dossier que l'accusé est appelé à s'exprimer, renouvelant au passage ses critiques acerbes contre son épouse et complice présumée Monique Olivier, "cette bonne femme malhonnête". En début d'audience, il s'en était pris vivement à "ses assertions vagues et filandreuses", dans une allusion à ses déclarations de la semaine dernière selon lesquelles ils rejouaient des scènes de crime lors de leurs rapports sexuels. "Et votre fille avez-vous quelque chose à lui dire?", a demandé son avocat Me Pierre Blocquaux. Debout dans le box, il répond en fixant Anne : "non seulement à toi..." (il fond en larmes) "mais aussi à ton frère et à ta soeur" tous deux décédés. "C'est une situation où les mots n'ont plus de sens, si ce n'est de te dire que je t'aime, je peux crever je t'aimerai toujours".

Hors audience, des proches de victimes ont fait part de leur espoir mais aussi de leur scepticisme face au revirement de l'accusé.


"Il va bien arriver encore à louvoyer, Fourniret honnête j'ai des doutes", a déclaré Marie-Jeanne Laville, mère d'Isabelle tuée en 1987. "On souhaite qu'il parle bien sûr (...) on y croit", a dit le beau-père de Mananya Thumpong, assassinée en 2001.



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André Fourniret

07 mai 2008

Michel blanc et Michel noir*


C'est ainsi que le frère de Fourniret, qui ne peut « défendre un assassin d'enfants» ni «attaquer trop fort un consanguin», a évoqué son cadet Michel. André, 78 ans, a lancé à l'adresse du forestier ardennais : «Je veux qu'il sache que c'est toujours mon frère».

Au premier jour de l'examen de sa personnalité par la cour d'assises des Ardennes, André, de douze ans l'aîné de Michel, a évoqué l'enfance de son frère né en avril 1942 à Sedan de parents ouvriers, avant de s'étendre sur son propre "dilemme" face à une telle parenté. L'allure bonhomme, il brosse le tableau d'une famille "respectable" où la mère "élevait très bien ses enfants". Contrairement aux confidences faites par écrit en 1987 à Monique Olivier -son épouse et complice présumée-, son frère n'a pas vécu une "scène incestueuse" avec sa mère.

"J'ai acheté les cinq bouquins (publiés sur l'affaire), dans le dernier il est revenu sur ces déclarations", dit-il avant de formuler sa propre explication sur la personnalité et le mutisme de son frère.

«Que pensez-vous de son silence ?», demande Me Didier Seban au témoin. L'homme de 78 ans, à la voix grave et à l'allure de professeur de lettres bienveillant, avec cheveux très blancs et cravate trop courte, répond : «Il est coincé. Le Michel blanc et le Michel noir, il les a connus séparément, quant il tuait ou quand il m'embrassait. Il va être obligé de recoller les deux morceaux et ce jour-là, il se suicidera, ou il deviendra fou. Son mutisme le protège, il faut le respecter.»

Mais Me Seban insiste. À l'accusé : «Qu'avez-vous à dire à votre frère ?» Car le témoin, qui vient de définir le clivage plus clairement que bien des experts psychiatres, n'est autre qu'André, l'aîné des trois enfants Fourniret. (Le témoin a changé de patronyme, comme la plupart des parents de Michel Fourniret. )

L'accusé, sans surprise : «Pas dans le cadre d'un procès public.»

Le grand frère, délicat et protecteur : «Je souhaiterais qu'on ne l'importune plus. Vous en savez assez, de toute façon. Pour lui, c'est une forme d'autoprotection. Je veux qu'il sache que c'est toujours mon frère, malgré tout.»

Peu avant, il s'était tourné vers les parties civiles, alors que le président l'interrogeait sur la difficulté d'être un parent de l'Ardennais : «Les ennuis qu'il nous a causés n'ont rien à voir avec votre douleur. Je ne me sens pas le droit de me plaindre devant les familles. Je voudrais leur dire, en les regardant dans les yeux, toute mon affection.» Des bancs concernés fusent quelques «mercis !» sincères.

Il veut dominer le monde.


André impressionne vivement les assises, car ce vieux monsieur pétillant trouve la place exacte qui lui revient, sans «défendre un assassin d'enfants» ni «attaquer trop fort un consanguin». Il ne l'épargne pas pour autant, ce «pseudo-intellectuel, ou intellectuel raté», ce qui ne l'empêche pas de saluer l'«excellent technicien».

André, donc, navigue dans un inconfortable entre-deux. Le voici cependant qui, bravement, tente de décrypter l'itinéraire criminel de celui qui a eu le même père et la même mère que lui : «Pour dominer quelqu'un, il veut l'abandon total, ce n'est pas sexuel.» Comprendre : le «Michel noir» obéit à une pulsion de mort. «Il veut dominer le monde… Il aurait pu diriger une usine, ou faire de la politique», sourit malicieusement le témoin. Malheureusement, le «Michel blanc» n'avait pas les moyens de ces bourgeoises ambitions. Pour son frère, «la présence de Monique Olivier a permis à Michel de déclencher ses pulsions. En tuant devant quelqu'un, on montre sa toute-puissance».

À la question d'un assesseur, André poursuit : «Le Michel Fourniret qui est là se considère comme un martyr. Pour lui, on est dans un procès stalinien ! C'est le Michel blanc qui est en prison, c'est comme ça qu'il se protège.»

La mère d'Élisabeth, la plus jeune des victimes, demande : «S'il avait obtenu le huis clos, aurait-il parlé ?» Le témoin : «Oh oui, mais il n'aurait rien dit.»

Comme le cadet refuse de parler, le président Latapie interroge son aîné sur trois de ses prétendues réminiscences enfantines : un épisode incestueux dont Mme Fourniret mère aurait été à l'initiative (André n'y croit absolument pas) ; une humiliation subie, très jeune, par leur sœur Huguette lors d'un repas de famille (André n'y accorde aucun crédit) ; enfin, Michel Fourniret aurait un jour surpris la même Huguette sur un «seau d'aisance», et il en aurait été durablement perturbé. André, lui, ne croit guère au traumatisme scatologique : «Qu'est-ce qu'il allait faire dans ces chiottes ? interroge-t-il gaiement, arrachant un sourire à son frère. Rimbaud a écrit sur une scène de ce genre.»

Fourniret pleure.


Pendant ce premier témoignage, jamais Fourniret, jugé pour sept meurtres aggravés de jeunes filles, ne daigne s'adresser à son frère. C'est en revanche l'évocation de figures importantes de son passé d'ouvrier fraiseur qui va l'émouvoir jusqu'à le faire pleurer, une première depuis l'ouverture du procès. A la barre Dominique Catoire, 55 ans, fille d'un ancien patron d'usine pour lequel Fourniret a travaillé dans les années 1960, le supplie pendant dix longues minutes de livrer enfin les explications dont il prive la cour depuis six semaines. "Ce que Papa t'a enseigné, c'est l'amour de ton prochain et surtout d'admettre tes erreurs et de les assumer. Fais-le pour lui", implore-t-elle.

"Dominique, je n'ai pas pris une décision à la légère (celle de ne rien dire faute de huis clos), je ne peux en changer".

Face aux suppliques répétées de son interlocutrice le fixant droit dans les yeux, il ne parvient plus à réprimer ses sanglots, s'agrippe à la paroi du box et gémit : "je ne peux pas". "On ne peut demander pardon pour ce qui est impardonnable". "Demander pardon ça ne tient pas en deux mots, en deux phrases, mais en toute une vie", ajoute-t-il. L'avocat général Francis Nachbar tente sa chance : "Vous êtes un homme après tout, dites nous comment vous fonctionnez ?". Pas de réponse.

Suite du procès mercredi avec le témoignage attendu des deux ex-épouses de l'accusé.


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Procès Fourniret Phase II

05 mai 2008

Un ex-compagnon d'Olivier la décrit comme une "paumée"*


Un ex-compagnon de Monique Olivier, épouse et complice présumée de Michel Fourniret, jugé par les assises des Ardennes pour sept meurtres, a dépeint lundi l'accusée comme une "paumée" lors d'un témoignage fantasque qui a poussé la cour jusqu'aux éclats de rire. "C'est une paumée. Je ne comprends pas cette fille. Elle ne fait que raconter des âneries", à déclaré à la barre André Michaux, ex-compagnon de Monique Olivier pendant une douzaine d'années dans les années 70, et père de deux de ses trois garçons. Après six semaines de procès consacré à l'examen des faits, la cour se penche depuis lundi sur la personnalité des accusés, en commençant par l'examen de la personnalité de Monique Olivier. Lunettes de soleil sur le front, collier de barbe blanche, l'ancien gérant d'une auto-école de Nantes aujourd'hui retraité, a témoigné à la barre pendant deux heures sur sa vie commune avec "cette dame-là" qu'il n'a jamais voulu nommer. "C'est une fille spéciale, je n'ai même pas pu lui apprendre à nager. Je n'ai rien pu faire pour elle (...) Il y a quelque chose qui cloche, il lui manque une case", a-t-il ajouté, en niant toutefois l'avoir violentée.

En début d'audience, Monique Olivier l'avait accusé de lui avoir immergé la tête à plusieurs reprises dans une baignoire ou de l'avoir forcée à pratiquer une fellation à un inconnu. Tout au long de sa déposition, André Michaux n'a cessé d'interrompre le président de la cour, de couper la parole aux avocats ou d'invectiver les accusés, provoquant à plusieurs reprises l'hilarité de la salle d'audience, accusés compris, par son langage fleuri. André Michaux, qui accuse Michel Fourniret d'avoir tenté de l'assassiner à trois reprises, a traité l'accusé de "chef de bande, avec des romanichels qu'il m'a mis sur le dos". "Baissez le son, Monsieur", lui a intimé le président de la cour Gilles Latapie, avant de rendre les armes devant la faconde du personnage. "On n'a pas beaucoup ri jusque là, mais là on se rattrape", a finalement reconnu le président.

Qui êtes vous Monique Olivier?*


Monique Olivier s'est de nouveau décrite aujourd'hui comme une femme sous influence, victime à la fois de son époux et co-accusé Michel Fourniret et de son ex-compagnon André Michaux, qui s'est défendu de manière fantasque des accusations de violences portées contre lui. Après avoir passé en revue un à un les crimes reprochés au couple Fourniret lui est accusé de sept meurtres aggravés, elle d'être co-auteure de l'un et complice de plusieurs autres la cour d'assises des Ardennes entamait l'examen de leur personnalité en se penchant sur le passé de Monique Olivier.

ELLE QUITTE LA MAISON À 22 ANS POUR TOMBER ENTRE LES MAINS D'UN MARI VIOLENT


Née en octobre 1948 à Tours dans une famille d'artisans, Monique Olivier est une élève moyenne, dont les parents s'occupent peu. Sans son diplôme de secrétaire malgré les cours suivis, elle quitte la maison à 22 ans pour suivre le patron d'une auto-école voisine.
Cet homme, André Michaux, de treize ans son aîné, qui sera le père de deux de ses trois fils, se montrera rapidement, selon ses dires, «violent» et «jaloux».
«Il n'aimait pas que je parle avec qui que ce soit (...) Si je frôlais un homme dans la rue, il s'imaginait que je lui faisais des avances», a-t-elle expliqué Monique Olivier.
Un jour, raconte-t-elle, il la traîne par les cheveux, lui immerge de force la tête dans la baignoire, «comme on faisait avec les Arabes en Algérie», un autre jour il l'oblige à pratiquer une fellation à un inconnu.

JE NE SUIS PAS CAPABLE DE DIRE NON


Toute sa vie, elle n'aurait pas trouvé les moyens de se révolter contre ce que les hommes lui faisaient subir: «je ne suis pas capable de dire non, c'est dommage, je fais ce qu'on me demande».
Au cours du procès entamé le 27 mars, elle avait déjà justifié sa complicité avec Fourniret par «la peur permanente» qu'il lui inspirait.
«Je n'ai pas eu la vie que j'aurais aimée», concède-t-elle à voix basse au président Gilles Latapie qui lui lance «qui êtes vous Monique Olivier?».
Une fois de plus les avocats des parties civiles n'obtiennent aucune réponse lorsqu'ils tentent de savoir pourquoi elle est restée seize ans au côté de Michel Fourniret sans jamais le dénoncer.


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Les faits reconnus mais sans explications

01 mai 2008

Le couple Fourniret a reconnu les faits mais sans s'expliquer vraiment*


En six semaines de procès, Michel Fourniret a reconnu les sept homicides pour lesquels il est jugé devant les assises des Ardennes, mais sans jamais consentir à s'expliquer, alors que son épouse et complice présumée Monique Olivier a fait des révélations sur leur intimité.

Pendant les 21 jours d'audience consacrés à l'examen des faits, le tueur en série présumé est resté fidèle à sa résolution formulée dès l'ouverture du procès, le 27 mars: "Sans huis clos, bouche cousue". Il s'est contenté de reconnaître laconiquement avoir enlevé, violé puis tué entre 1987 et 2001 sept adolescentes ou jeunes femmes en France et en Belgique. Dans deux affaires où Monique Olivier n'est pas poursuivie, il a nié les viols, avant d'en reconnaître un à demi-mots. Essayant tour à tour de l'amadouer ou de l'interpeller vigoureusement, les tentatives des avocats des parties civiles pour le faire parler ont presque invariablement tourné court. L'accusé n'a pas plus réagi lorsque les familles des victimes l'ont exhorté à s'expliquer. La cour et les familles ont néanmois été confrontées à la mécanique criminelle de Michel Fourniret avec la diffusion - exceptionnelle dans un procès d'assises - d'aveux de l'accusé filmés en 2004 par la police belge.

Elles ont pu ainsi voir et entendre l'accusé détailler froidement comment il avait étranglé une adolescente belge de 12 ans en 1989 ou forcé une lycéenne ardennaise de 18 ans à lui "demander de lui faire l'amour" avant de la tuer en 2000. Dans la même vidéo, il expliquait sa quête obsessionnelle de la virginité, un "symbole" selon lui. C'est d'ailleurs lorsque les débats ont porté sur sa vie sexuelle que Michel Fourniret a dérogé le plus souvent à son voeu de silence. Ainsi lors de la mise en évidence en cours d'audience d'un possible viol post-mortem sur une adolescente de 13 ans enlevée et tuée près de Nantes en 1990, l'accusé, visiblement soucieux, a renouvelé par l'intermédiaire de ses avocats sa demande de huis clos.

De la même façon, il est sorti brièvement de son silence, le dernier jour de l'examen des faits, pour réagir à la confession de son épouse qui venait de révéler qu'ils avaient rejoué des scènes de crimes pendant leurs relations sexuelles. "J'ai quand même observé que Monique Olivier a relaté les choses avec un vocabulaire (...) qui me fait gerber", a-t-il déclaré devant la cour dans une allusion aux paroles crues de sa femme. Tout au long du procès, Monique Olivier, co-accusée d'un meurtre et renvoyée pour complicité dans quatre autres, a reconnu avoir été la complice de son mari mais a nié avoir étouffé avec lui une étudiante de 21 ans à leur domicile en 1989. Dans les autres affaires, l'ancienne garde-malade a systématiquement minimisé sa participation. Vivement interpellée par les avocats des familles sur son absence de réaction pour sauver les victimes, elle a affirmé avoir agi par soumission à son mari qui lui inspirait une "peur permanente". "Je regrette. Ma place est en prison", n'a-t-elle cessé de répéter, sans jamais un regard pour les familles.

Michel Fourniret, 66 ans, est père de quatre enfants de deux premiers mariages. Monique Olivier, 59 ans, a eu deux garçons d'une première union. En 1998, le couple a donné naissance à un fils. Selon les experts, les deux accusés ne souffrent d'aucune pathologie mentale et sont d'une intelligence normale.

A partir de lundi, la cour va se pencher sur leur personnalité et le fonctionnement du couple. Des psychiatres et des membres des familles des deux accusés sont convoqués devant la cour.


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Fin de la première phase

30 avril 2008

La cour d'assises des Ardennes a terminé aujourd'hui la première phase du procès Fourniret, consacrée à l'examen des faits attribués au tueur en série présumé.*


Ce dernier a avoué plusieurs meurtres, viols et enlèvements, mais il a gardé le silence tout au long des débats. Ce qui a provoqué la colère de nombreux proches de victimes.

De tels commentaires passent aisément pour des banalités, mais l'émotion a encore une fois été très vive aujourd'hui dans la cour d'assises des Ardennes, à Charleville-Mézières. Michel Fourniret a reconnu le septième et dernier meurtre de jeune fille pour lequel il est jugé, en compagnie de son épouse Monique Olivier.

L'examen des faits a pris fin aujourd'hui, jour de la vingtième audience, avec l'évocation de cette dernière victime. Reconnaissant les accusations d'enlèvement, de séquestration, d'assassinat, il a toutefois nié le viol.

La mort de la "petite Asiatique" repérée par Michel Fourniret*


Elle s'appelait Mananya Thumpong. Elle avait 13 ans et demi, des cheveux noirs de jais et de grands yeux qui lui valaient son surnom : "Eyes". En Thaïlande, où elle était née en 1987, une croyance ancestrale veut qu'on donne des surnoms aux enfants pour les protéger. Brice Longhini, le deuxième mari de Kanyarat Thumpong, la mère d'Eyes, a expliqué le sens de cette tradition mardi 29 avril devant la cour d'assises des Ardennes, qui juge depuis un mois Michel Fourniret et Monique Olivier. C'est un stratagème, afin d'égarer "les mauvais esprits qui ainsi ne trouvent jamais le vrai prénom" de leur victime potentielle. "En gros, pour qu'ils lui fichent la paix", a raconté cet homme. Las. Pour Eyes, cette croyance n'a pas suffi. Son démon l'a trouvée samedi 5 mai 2001, à la sortie de la médiathèque de Sedan (Ardennes), vers 17 h 30.

Cette fois, Michel Fourniret avait repéré sa proie plusieurs semaines auparavant. Un soir, en rentrant à la maison, il en avait parlé à Monique : "J'ai fait la connaissance d'une petite Asiatique, j'irai la prendre." Se parant de la courtoisie dont il usait lorsqu'il partait en "opération séduction", Michel Fourniret s'était présenté sous son meilleur jour, et ça avait marché. L'adolescente n'avait pas eu peur. Ce samedi 5 mai, Fourniret a procédé de la même manière, mais il a dû insister. "Je ne suis pas un vilain monsieur", a-t-il tenté de la rassurer. Mananya a finalement cédé. Elle est montée dans le C25 et "elle n'est plus revenue", comme a dit M. Longhini.

Fourniret a filé en direction de la frontière belge. Une fois celle-ci franchie, il a garé son véhicule sur un chemin en bordure d'un bois de la commune de Nollevaux. Comme il l'exige de ses victimes, il a soumis Mananya afin qu'elle lui demande : "Est-ce que vous voulez que je vous fasse l'amour monsieur ?" Selon la déposition faite par Fourniret aux policiers de Reims, la petite s'est exécutée avant de se débattre. Il l'a étranglée.

Dix mois plus tard, le 1er mars 2002, un promeneur a découvert un crâne sur les lieux mêmes du crime. Alertés, les policiers belges ont ensuite mis au jour des restes de squelette et des vêtements que portait Mananya au moment de sa disparition. Michel Fourniret a reconnu l'assassinat mais a nié le viol qui lui est aussi reproché. Pourtant, aux dires de son épouse, Monique, le soir du 5 mai 2001, il affichait "une grande satisfaction". Selon elle, "cette fois, il avait réussi à pénétrer une vierge, voire à la déflorer avant d'éjaculer", a-t-elle déclaré aux policiers de Reims le 1er juillet 2004.

Ne voyant pas sa fille rentrer à 18 heures, le 5 mai, "Kanyarat a eu très vite peur", se souvient Brice Longhini. "A 18 h 10, peut-être 18 h 15, c'est le bout du monde, on était à la police, a-t-il indiqué. On court après (elle). Y a des fois, je cours encore." Puis ils y sont retournés à 20 h 30, à 21 h 30. Et le lendemain, dimanche 6 mai. "C'est pas une bonne journée pour la police", relève-t-il. Le lundi 7 mai non plus : "C'est la veille du 8 mai", ironise-t-il. "Vous dire que le 8 mai, c'est une bonne journée...", lance-t-il à la cour. Il faudra attendre le 11 mai pour que des recherches soient entreprises.

Les années ont passé. Après avoir "longtemps rêvé de vengeance", la famille Thumpong rêve maintenant "de justice". Avec ses mots simples et sa douleur en bandoulière, Brice Longhini s'est tourné vers l'accusé. "M. Fourniret, merci de vous être tu. Surtout ne vous levez pas. Vous êtes à bonne hauteur. Merci de ne pas avoir ajouté à la cruauté de vos actes, la cruauté de vos paroles." Avant de suspendre l'audience pour laisser aux familles, aux avocats, aux jurés et au public submergés par l'émotion quelques minutes de "respiration", le président de la cour, Gilles Latapie, remercie le témoin : "Nous nous souviendrons de vous pendant très longtemps."

On passait la journée à rechercher ses os…*


Depuis le 27 mars, Brice Longhini assiste à chaque audience, le plus souvent seul au bout d'un banc, l'épaule gauche calée contre le mur. Il lui arrive de lire un ouvrage – forcément l'un de ceux consacrés à l'affaire Fourniret. Partie civile, il était le mari de Kanyarat, la mère de l'enfant assassinée. Brice Longhini aimait Mananya comme s'il avait aidé à la mettre au monde, quatorze ans auparavant. Dans sa maison il conserve d'elle une photo aux dimensions de poster – « 2,50 mètres sur 1,20 » –, précise-t-il à la cour, pas peu fier. Il évoque ce samedi 5 mai, « Fourniret qui passe dans la région, et qui décide que tout doit s'arrêter. Comment un type peut décider de prendre la vie de votre fille ? Pendant longtemps, on rêve de vengeance. Et puis aujourd'hui, on rêve de justice ».

L'homme ressemble à Jacques Villeret, on a dû le lui dire cent fois : il force un peu le trait, jusqu'au souffle court qui accompagne ses réponses, au petit sourire en coin lorsqu'il raille la police (lire par ailleurs). Et à l'image de l'artiste français il a ce côté clown triste qui émeut la salle. Surtout lorsqu'il raconte la quête des ossements en forêt de Nollevaux (Belgique).

On nous l'a rendue en trois fois


Le 1er mars 2002, jour de la découverte de ce qui reste du corps de Mananya, Brice et sa femme sont chez eux, à Sedan. « On a su le lendemain, nous sommes allés là-bas, il manquait les mains, les pieds… » Les enquêteurs belges n'ont pas les moyens de procéder au ratissage de la zone. Brice et Kanyarat reviennent donc chaque jour, avec des bougies, pour respecter le rituel bouddhiste : « On allait honorer le souvenir d'un corps et on passait la journée à gratter la terre à mains nues, à rechercher les os de la petite ; ça, c'était très dur. Parfois on retrouvait des ossements qui n'appartenaient pas à Mananya… Finalement, la police a accepté de ratisser… » Le commissaire Wilvers fera ramasser des dizaines de restes éparpillés « sur un rayon de quinze mètres ».


L'épouse de Fourniret reconnaît avoir rejoué des scènes de crimes avec lui*


Monique Olivier, l'épouse et complice présumée de Michel Fourniret, a reconnu mercredi devant la cour d'assises des Ardennes qu'elle avait rejoué avec son mari des scènes de crimes lors de leurs relations sexuelles, simulant le rôle d'une victime implorant l'accusé.

Monique Olivier, longuement interrogée sur sa vie sexuelle par Me Gérard Chemla, un avocat des parties civiles, a fini par reconnaître du bout des lèvres qu'elle avait accepté "quelquefois" à la demande de son mari de simuler le rôle d'une jeune fille contrainte à lui demander de lui pratiquer une fellation.

"Il voulait que je fasse comme si j'étais une jeune fille qui l'abordait", a-t-elle répondu à Me Gérard Chemla, l'avocat de la famille de Mananya Thumpong, une adolescente de 13 ans que Fourniret a reconnu mercredi avoir enlevée et tuée, mais qu'il nie avoir violée.

"Il fallait que je lui demande s'il voulait bien faire l'amour avec moi", a-t-elle poursuivi. "Il me demandait que je lui dise +Monsieur, s'il vous plaît... et puis lui dire +Merci, Monsieur+", a-t-elle ajouté.

"Suis-je obligée de répondre à ces questions-là ? Ca me gêne. Ca m'embête de parler de ça... C'est ma vie privée", n'a-t-elle cessé de répéter, avant de reconnaître avoir "conscience" qu'elle redisait, pendant ces scènes, les paroles que les victimes avaient été contraintes d'adresser à son mari.


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Dernière semaine

28 avril 2008

Un mois d'audience, déjà, et quatre semaines et demie d'épreuves insoutenables*


Il ne reste plus que deux dossiers à examiner en cour d'assises des Ardennes. La tentative d'enlèvement de Sandra, 14 ans, et l'assassinat de Mananya, 13 ans. Monique Olivier n'accompagnait pas son mari. A mi-parcours de ce procès historique, il convient de saluer la dignité des familles, qui toujours se contiennent en dépit des atrocités qu'elles doivent entendre. Elles continuent de faire bloc sur leurs bancs, où chaque jour s'assoient à leurs côtés des hommes et femmes arborant le badge « Aide aux victimes ». Un mois déjà et peu d'explications, finalement, puisque le principal accusé reste motus et bouche cousue, selon sa formule favorite.

Appréhenderait-on mieux les faits s'il parlait ? Pas forcément, tant ils demeureront à jamais incompréhensibles. De ce lundi à mercredi, la cour retrace les ultimes étapes, en solitaire, du parcours de Fourniret. Aujourd'hui, Sandra, âgée de 14 ans en 2000, va raconter comment l'Ardennais tenta de l'enlever sur un quai de gare à Gédinne, en Belgique. Ce 12 février, il lui avait proposé 10.000 francs pour qu'elle l'accompagne chez une boulangère en quête de main-d'œuvre. Face au refus de Sandra, il l'avait saisie par un bras, la tirant jusqu'à ce qu'elle parvienne à se sauver.

Ça été positif


Mananya Thumpong, 13 ans, n'est pas parvenue à échapper à son ravisseur le 5 mai 2001. C'était un samedi, elle sortait de la médiathèque de Sedan. Sur son chemin, il y avait le fourgon C25 de Fourniret. La suite est révélée par Monique Olivier : « Quand il est rentré, il m'a dit être allé chasser à Sedan et que ça a été positif. Il a précisé tous les détails. »

A son tour l'époux avoue, mais nie le viol. Mananya est morte étranglée. Le 1er mars 2002, alors que la maman conserve un espoir de la revoir vivante, Mananya est découverte en forêt de Nollevaux, non loin de la frontière franco-belge. Kanyarat Thumpong identifie sa fille grâce à sa bague et à sa montre. Elle apprendra que Michel Fourniret a piégé Mananya en l'approchant plusieurs fois et que, ce 5 mai, il lui a proposé de rencontrer son fils Sélim.

Fourniret tel que vous ne l'avez jamais vu*


Des yeux enfoncés, un regard animal, un teint jaunâtre, un physique quelconque et une attitude vaniteuse. Voici Michel Fourniret tel que vous ne l'avez jamais vu, croqué par deux dessinateurs présents au procès d'assises.

Ils n'ont pas la même vision que les juges, les jurés et même les chroniqueurs judiciaires. Eux scrutent le moindre détail physique, les mimiques, les postures, les gestes de l'accusé. Ils voient des choses que les autres ne voient pas. Ainsi, « Michel Fourniret a des yeux très enfoncés dans les orbites, tandis que Monique Olivier, elle, a les yeux très ronds », souligne Fel, alias Roland Fournel, 34 ans. « Lui a le teint jaunâtre, elle, gris. »

L'illustrateur français suit le procès de Charleville-Mézières, armé de feuilles à dessin, de crayons, de plumes, de feutres. Lui et ses confrères - ils sont entre quatre et cinq à chaque séance - se trouvent tout près du box des accusés. « Nous sommes à un mètre cinquante. Par les trous de la vitre pare-balles, je peux même sentir l'odeur de transpiration de Fourniret », constate Matthieu Gauthy, dessinateur belge de 26 ans.

Pour Gauthy, c'est sa première cour d'assises. Au tout début du procès, le 27 mars, sa main tremblait. « L'atmosphère était tendue, c'était impressionnant », avoue-t-il. Le jeune Hutois se dit frappé par le regard du tueur en série. « Ses yeux bleu clair sont glacials. Le premier jour, il nous fixait, agacé. On devinait qu'on le gênait. Il a un regard dur, animal, qui trahit sa cruauté et la souffrance qu'il a infligée à ses victimes.

Bien sûr, je suis influencé par ce que j'ai entendu sur lui, mais on sent tout de même que ses yeux ont bu la mort. » Plus expérimenté, avec 14 procès d'assises à son actif, Fel avoue avoir du mal à le dessiner. « Quand je croque quelqu'un, je m'imprègne d'abord, explique-t-il. Avec Fourniret, c'est très difficile : il est insaisissable. C'est un chasseur. Il ne se laisse pas attraper. Il sait comment se protéger des juges, de tout le monde, même des dessinateurs. »

Pour Fourniret, le procès lui appartient.


Gauthy et Fel soulignent tous les deux le paradoxe entre le physique de Fourniret et les horreurs qu'il a commises. « Petit de taille, les épaules étroites, il n'est pas du tout imposant, dit le premier. Son physique lui permet de passer inaperçu. Il a même un look plutôt rassurant. » « Il ressemble à un papy, renchérit le second. A première vue, il paraît sympa. » Mais son comportement le trahit. « La plupart du temps, il reste sans bouger, les bras croisés, les yeux fermés, comme s'il se formait un bouclier », constate Gauthy. « Son attitude révèle sa vanité et son arrogance, ajoute Roland Fournel. Il regarde tout le monde de haut, droit dans les yeux, même la maman en colère d'Elisabeth Brichet. Il semble mépriser la terre entière. »

Quand on projette sur grand écran la vidéo et les photos des ossements de la petite Namuroise de 12 ans, découverts au château du Sautou, il regarde encore, « sans baisser la tête, avec un semblant d'intérêt, comme s'il s'agissait d'un documentaire animalier à la télé », raconte Gauthy. Les images morbides ne le dérangent pas, au contraire. En revanche, sa réaction est différente lors de la projection de ses interrogatoires par les inspecteurs de Dinant. Là, il détourne le regard, ferme les yeux. « C'est un technicien. Tout est calculé chez lui, affirme Fel. Pour lui, ce procès lui appartient. Il en est la vedette et veut en profiter, se montrant par moment cabotin, contrairement à Monique Olivier qui, la tête toujours baissée, les épaules rentrées et le regard hébété, joue la victime tout au long des débats. »


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Fourniret avoue un viol qu'il avait nié la veille!!!

24 avril 2008

Fourniret reconnaît le viol d'une victime qu'il avait nié la veille*


Michel Fourniret est revenu sur ses déclarations de la veille en reconnaissant devant la cour d'assises des Ardennes, qui le juge pour sept meurtres aggravés, le viol de Céline Saison, une lycéenne de 18 ans, enlevée en 2000 et qu'il a avoué avoir tuée.

"Si je considère la question sous l'angle juridique, à ce moment-là je m'interdis toute nuance, et je dis oui, je reconnais cette inculpation" pour viol, a finalement déclaré l'accusé au président Gilles Latapie, qui s'était employé pendant plus de trente minutes à essayer de le faire parler.

Mercredi, au début de l'examen du dossier, l'accusé, 66 ans, avait reconnu l'enlèvement et l'assassinat de la lycéenne disparue le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières, mais il avait contesté l'avoir violée. Lors de ses aveux en 2004 en Belgique, rapporté mercredi à la barre par un enquêteur de la police judiciaire de Reims, Michel Fourniret avait admis avoir "pénétré" sa victime, mais ne pas l'avoir "déflorée".

Monique Olivier a craqué*


L'épouse du tueur en série présumé Michel Fourniret, qui comparaît à ses côtés pour complicité devant la cour d'assises des Ardennes, a fondu en larmes jeudi après-midi, près d'un mois après l'ouverture du procès. Alors que la cour écoutait le témoignage d'un médecin légiste belge qui avait procédé à l'autopsie du corps de Céline Saison, une lycéenne de 18 ans tuée en 2000 en Belgique, celle que son mari a longtemps appelée sa "mésange" a été secouée de sanglots pendant quelques minutes.

Le soir du meurtre de Céline, Fourniret lui avait raconté les faits*


Face au mutisme dans lequel s'est plongé son mari depuis le début du procès "faute de huis clos", les avocats de la partie civile ont vivement interpellé Monique Olivier sur son absence de réaction. "Elle participe autant que faire se peut. [...] Avec nous, elle craque. Il y a des jours, il faut que cela sorte", a expliqué Me Jean-Paul Delgenes, un de ses trois avocats commis d'office. Après avoir séché ses larmes, la complice de Fourniret a refusé de répondre à une question de l'avocat de la famille Saison, Me Hervé Dupuis. "Posez la question à Michel Fourniret", s'est-elle contentée de lâcher, des tremblements dans la voix. Pourtant, Monique Olivier connaît les faits. Le soir du meurtre de Céline Saison, Fourniret lui avait détaillé son crime et montré le visage de sa victime sur des photos retrouvées dans le sac de la lycéenne.

Couple diabolique*


"Une automate", c'est le mot qu'utilise Monique Olivier pour se qualifier. "Avec Michel Fourniret, on ne peut pas s'opposer", avait-elle admis le 2 avril dernier, au cinquième jour d'audience, après avoir exprimé des regrets pour sa participation à certains crimes reprochés à son mari sans pouvoir expliquer sa passivité. Cette mère de trois enfants a scellé son destin avec Fourniret en répondant à une petite annonce publiée le 12 septembre 1986 : "Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier la solitude".

L'Ogre des Ardennes cherchait à l'époque l'âme soeur depuis sa cellule de Fleury-Mérogis où il purgeait une peine pour plusieurs agressions sexuelles. Obsédé par la virginité, Fourniret était à l'époque devenu furieux lorsqu'il avait appris que sa bien-aimée avait déjà connu d'autres hommes avant lui. Au fil de leurs correspondances épistolaires, elle lui avait promis de l'aider à trouver des filles vierges. Le couple diabolique était formé.

Le procès reprend lundi à 13H00 avec l'examen de la tentative d'enlèvement de Sandra Noirot, alors âgée de 14 ans, à Gédinne (Belgique) en 2000.


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Le Papa de Céline face a Fourniret

23 avril 2008

Le père d'une victime impose à Michel Fourniret de le regarder dans les yeux*


La cour d'assises des Ardennes, qui examine depuis mercredi l'assassinat de Céline Saison, a assisté à un face-à-face intense entre le père de la victime et Michel Fourniret, qui a reconnu avoir tué la lycéenne de 18 ans en 2000, mais nie l'avoir violée. Comme lors de l'examen des précédents meurtres, le président de la cour, Gilles Latapie, a invité en début d'audience les parents de Céline, enlevée le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières, à venir à la barre évoquer le souvenir de leur fille. Jean-Pierre Saison, accompagné par son épouse Maryline, s'est alors adressé au tueur en série présumé, jugé pour sept meurtres aggravés. "C'est la troisième fois qu'on se rencontre, deux fois vous avez fui, une fois en Belgique, une fois en France, lors des reconstitutions. Cette troisième fois est la bonne", lui a-t-il lancé, debout face au box des accusés. "Je veux simplement vous regarder, vous verrez peut-être à travers mes yeux le regard de Céline", a-t-il poursuivi avant de fixer en silence pendant quelques secondes Michel Fourniret. Ce dernier a fermé les yeux, avant de soutenir le regard de M. Saison. "J'ai tellement de haine que si la vie me le permet, j'irai cracher sur votre tombe", a ajouté le père.

Dans une salle annexe où près de 200 personnes -dont de nombreux habitants de Charleville- assistaient aux débats retransmis sur grand écran, le public a applaudi spontanément cette dernière remarque. Céline Saison, "timide et réservée" selon ses proches, avait disparu après avoir passé une épreuve de bac blanc à Charleville. Son corps avait été retrouvé le 22 juillet 2000 dans un bois en Belgique, près de la frontière. Devant la cour, Michel Fourniret a simplement reconnu l'enlèvement et l'assassinat de la lycéenne, mais il a contesté le viol. Lors de ses aveux en Belgique en 2004, il avait pourtant avoué l'avoir violée. "C'est la première fois qu'il conteste le viol de Céline Saison. C'est une fois de plus de la provocation", a estimé hors audience Me Hervé Dupuis, l'avocat de la famille.

A la barre, le commandant Daniel Bourgard de la police judiciaire (SRPJ) de Reims a rappelé les déclarations de l'accusé lors de ses aveux. Fourniret racontait avoir abordé la lycéenne au prétexte de la recherche d'une adresse. Il disait l'avoir obligée à se déshabiller sur un chemin isolé et à lui demander poliment de lui faire l'amour. Il expliquait l'avoir violée puis étranglée avec une ficelle, et concluait: "Son bras se lève une dernière fois, son visage boursouflé." En début d'audience, Jean-Pierre Saison s'est également adressé à Monique Olivier, 59 ans, épouse et complice présumée de Fourniret, qui n'est pas poursuivie dans cette affaire. "Quand on prend le cartable d'une jeune fille, dans lequel il y a des photos et qu'on prend un malin plaisir à regarder celle qui a été sacrifiée, pour moi vous êtes un peu coupable", a-t-il lancé à l'accusée.

En 2004, elle avait déclaré que son mari lui avait montré sa victime sur des photographies trouvées dans le sac de la lycéenne. L'ancienne garde-malade a été à nouveau interpellée sur son absence de réaction. "Dans votre cas, y a-t-il une servitude volontaire?", lui a demandé une avocate des parties civiles, en reprenant le sujet de philosophie sur lequel avait planché la lycéenne avant son enlèvement. Monique Olivier n'a pas voulu répondre. Jeudi la cour poursuit l'examen du dossier Céline Saison.


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La chasse aux vierges

22 avril 2008

Guérison pratiquement impossible pour Joëlle Parfondry.*


Une psychiatre, qui a examiné Joëlle Parfondry en 2006 pour le compte de la justice française, a témoigné mardi de la profondeur du traumatisme de cette victime de Michel Fourniret aujourd'hui âgée de 37 ans et a relevé que sa guérison était pratiquement impossible. Agressée en 1995 dans son salon de toilettage pour chiens à Jambes, Joëlle Parfondry souffrait toujours en 2006 d'une "névrose post-traumatique gravissime" avec des réminiscences de la scène traumatique, ce qui est rare aussi longtemps après les faits, a dit le Dr Anne Breton devant la cour d'assises des Ardennes. Joëlle Parfondry a un sentiment confus de culpabilité et de honte. Quand elle a appris, en 2004, que son agresseur était Michel Fourniret et qu'il avait tué d'autres jeunes filles, elle a pris "à son compte la douleur des familles de ces victimes". "Elle a intériorisé la douleur des autres. Elle a un sentiment de culpabilité d'être encore en vie", a poursuivi la psychiatre. Elle a fait état de "troubles psychiatriques sévères et très inquiétants".

Des extraits de ses auditions filmés ont été diffusés.


Une fois encore, les propos de Michel Fourniret ont glacé l'assistance . Pour la deuxième fois, des extraits de son audition en juillet 2004 par les enquêteurs belges, ont été diffusés à l'audience et Michel Fourniret s'y explique, se justifie, exprimant de manière, on ne peut plus banale, les choses les plus horribles, décrivant sa recherche obsessionnelle de ce symbole qu'est pour lui, la virginité, parce que sa première épouse ne l'était plus lorsqu'ils se sont mariés.

Douze minutes, même avec quelques secondes en plus, ne suffisent jamais dans un procès où l'accusé se tait. Aussi est-ce nappée du silence le plus total que la cour d'assises des Ardennes a visionné, mardi , l'édifiant extrait d'une audition filmée de Michel Fourniret, décidément plus disert sous l'œil d'une caméra que sous celui de ses juges. Tournée le 15 juillet 2004 dans les locaux de la police de Namur, la scène s'apparente à une dissection : celle faite par Michel Fourniret de sa «chasse aux vierges», quête éperdue d'un Graal fantasmé. Sur cette bande-vidéo, l'enquêteur apparaît de dos, le suspect de face. Assis dans l'angle d'une pièce aux murs gris, l'Ardennais au pull bleu électrique se tourne les pouces. Et raconte. «Auparavant, je n'avais pas eu de problèmes. Je n'avais pas eu besoin d'agresser quelqu'un pour obtenir sa virginité. C'est après le mariage [avec Monique Olivier, NDLR] que ça a pris des proportions…»«Déçu» et «frustré» de n'avoir pu lui-même déflorer son épouse, Michel Fourniret aurait alors vécu «hanté…, hanté…, hanté…» par l'envie de «posséder un symbole». Pourtant, admet-il, «ce n'est pas si simple». Un peu perdu, le policier belge en convient et tend l'oreille de plus belle. «Il y a une certitude, reconnaît Michel Fourniret, c'est l'inanité de cette quête.»


Un corps à posséder


Aux yeux de l'intéressé, «la partie concrète, qui n'est faite que de chair, ne pourrait rien apporter de beau». Alors autant «forcer [sa] raison à dire que ce n'est que le corps, un corps à posséder». Autant «perforer cette membrane» afin de «réaliser la rencontre avec ce symbole». Habilement lancé sur la voie des aveux, l'enquêteur demande alors à Fourniret si celui-ci a déjà éprouvé le besoin d'immortaliser par la photo ou la vidéo ses passages à l'acte. Réponse négative. «C'est dans ma tête. […] C'est quelque chose de trop secret», confie-t-il, non sans avoir jeté l'opprobre sur «la perversité et la vulgarité des gens qui recourent à ce genre de moyens». Pour lui, pas question de «voyeurisme» ; même «une pellicule ne serait pas digne d'emmagasiner ça». Aussi Michel Fourniret préfère-t-il compter sur sa «détermination», conscient de n'être pas du genre à «faire les choses à moitié». Reste que son funeste face-à-face avec la petite Élisabeth Brichet l'aurait, dit-il, «désarmé». «On ne peut pas vouloir une partie du corps de quelqu'un, et uniquement une partie. Il y a le visage, aussi.» Onze minutes ont passé. À l'image, Michel Fourniret se gratte le crâne, soupire, se mouche, pleure. Dans le box, son double vivant a, par moments, gardé la tête tournée vers l'écran. Un détail qui n'aura pas échappé aux parties civiles, mais que l'accusé réfute. «Mentalement, j'avais les yeux fermés», soutient-il. Puis, avec un calme et une lenteur défiant toute concurrence, Michel Fourniret coupe son micro. Et reprend sa place de mutique.

      

Le jour où Céline a disparu...*


Il assiste à toutes les audiences depuis le début du procès des époux Fourniret, le 27 mars dernier, en solidarité avec les autres familles touchées. Jean-Pierre Saison, le père d'une des victimes présumées de Michel Fourniret, confie à 20minutes.fr ses attentes sur ce procès douloureux. L'affaire de sa fille, Céline Saison, est examinée mercredi et jeudi.

Une interview de Sandrine Cochard sur 20minutes:

Pouvez-vous nous décrire le jour où votre fille Céline a disparu?


C'était le mardi 16 mai 2000. Céline avait passé son Bac blanc de philosophie dans l'après-midi, une épreuve qu'elle a dû terminer entre 17h30 et 18h. Je suis rentré à la maison vers cette heure-là et j'ai commencé à tondre la pelouse en l'attendant. Il faisait très chaud, l'air était lourd, orageux. Le temps a passé, 18h15, 18h30, 19h… sans nouvelles de Céline. Ce qui n'était pas dans ses habitudes. C'était quelqu'un de réservé, qui n'avait pas de copain attitré. Elle rentrait toujours à la maison sitôt les cours finis car elle aimait beaucoup rester en famille.

C'est à ce moment que vous avez commencé à vous inquiéter?


Oui car son lycée était à 800 mètres de notre domicile. Nous sommes tout de suite aller voir là-bas, pour tenter de trouver des élèves qui pourraient nous aider. Mais le lycée était fermé et il n'y avait plus personne. Puis nous avons appelé ses copines de classe, des personnes qui avaient passé l'épreuve avec elle, afin de savoir vers quelle heure elle avait pu quitter la salle, mais personne ne l'avait vue sortir. Nous avons tourné dans la ville, nous nous sommes arrêtés au magasin où elle avait acheté des lentilles de contact de jour même… Sans succès. Un violent orage a éclaté vers 20h. Nous avons alors appelé les hôpitaux avant de nous tourner vers la police, vers 22h30, pour faire une déclaration de disparition. Malheureusement, Céline avait fêté ses 18 ans le mois précédent… Un agent nous a informé qu'il fallait attendre 48h pour bouger. Nous n'avons même pas pu déposer de main courante. J'estime qu'on devrait lancer une procédure de disparition inquiétante sans attendre ce délai, même pour un majeur. Durant cet intervalle, Céline a disparu sans laisser de traces.

Que s'est-il passé les jours suivants?


Le lendemain, mercredi, nous avons été sonner chez nos voisins, afin de trouver un indice. Les recherches de police ont commencé le vendredi mais les chiens pisteurs n'ont pu retrouver son passage à cause de la pluie. Un juge s'est saisi de l'affaire quinze jours plus tard. Le 22 juillet suivant, trois jeunes qui allaient aux champignons ont découvert ses restes dans une forêt, côté belge. La police l'a identifiée grâce à sa montre, retrouvée près du corps, et des analyses ADN ont confirmé que c'était bien Céline.

Quel impact a eu la disparition de Céline sur votre vie?


Deux ans plus tard, nous avons pris la décision de quitter la région. On ne pouvait plus vivre dans l'endroit où elle avait vécu, voir la porte de sa chambre toujours fermée, repasser par les endroits où elle était passée... Nous sommes partis dans le sud-ouest, à Tarbes. Un environnement qui nous permet de faire le vide facilement lorsque ça ne va pas, en sortant pour marcher dans la montagne par exemple. En revanche, changer de lieu ne nous a pas permis de tourner la page. Pour moi, le deuil est impossible.

Votre famille a-t-elle résisté à ce drame?


Oui, ma femme et moi nous sommes rapprochés. Quant à notre fils, qui a fêté ses 22 ans lundi, il reste fragile et s'exprime peu. On fait tout pour le protéger mais il reste marqué par cette disparition qui est arrivée alors qu'il avait 14 ans. Nous avons été suivis pendant des mois par une psychologue afin de nous préparer à ce procès, notamment sur la notion de plaisir pris à tuer que pourrait évoquer Michel Fourniret... Mais je ne pense pas qu'il s'exprime.

Ce procès est-il un soulagement pour vous?


Oui, car savoir rompt l'attente qui nous rongeait depuis quatre ans. Ce procès est surtout un passage obligé. Je n'attends pas de remords de Michel Fourniret, qui joue un rôle depuis le début du procès, ni de Monique Olivier. Ce procès est très spécifique car nous avons à faire à un couple d'inculpés face à dix familles unies dans la douleur. Nous formons une seule famille de victimes, c'est pourquoi nous assistons à l'examen de toutes les affaires. Je salue le président Gilles Latapie qui a bien compris qu'il fallait ménager les familles car ce procès est une épreuve très lourde, il y a beaucoup d'émotions et de retenue. C'est insupportable, même pour la cour.

Une association a été créée en souvenir de Céline Saison et Manyana, les deux dernières victimes présumées de Michel Fourniret:

association «Céline et Mananya», B.P. 80053, 08001 Charleville-Mézières cedex.

celine-mananya@wanadoo.fr


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Joëlle et Céline

21 avril 2008

La 3ième semaine de procès sera consacrée à Joëlle et Céline.*


Elle va pouvoir souffler un peu, Monique Olivier. Plus de questions gênantes sur sa complicité, sur sa participation active ou passive aux faits criminels jugés par la cour d'assises des Ardennes. Les quatre derniers dossiers, qui seront examinés d'ici au 30 avril, ne concernent que Michel Fourniret, même si son épouse était dans le secret de ses expéditions. Chaque soir, en bon mari qui retrace sa journée, il détaillait ses menus travaux, ses pérégrinations et autres occupations, comme le viol et l'assassinat de la jeune Céline Saison ou l'agression sauvage de Joëlle Parfondry, une Belge gravement traumatisée qui sera entendue aujourd'hui .

Une mandarine dans la bouche*


Joëlle Parfondry est vivante parce qu'elle a eu la présence d'esprit de mentir : au violeur, elle a crié « je suis enceinte », simulé des douleurs au ventre. Fourniret en a perdu ses moyens. Pourtant, ce 19 janvier 1995, quand il arrive au salon de toilettage pour chiens à Jambes, en Belgique, il est déterminé à faire un sort à la propriétaire : « L'action était préméditée », avouera-t-il, d'où la cagoule sur le visage. Mains liées dans le dos, Joëlle est allongée nue et menacée d'un revolver et d'un couteau à cran d'arrêt. Il l'oblige à le supplier de lui « faire un petit plaisir » mais elle se débat, prétexte une grossesse. Très en colère, il lui met une mandarine dans la bouche pour la faire taire, l'empoigne par la nuque, lui frappe la tête contre le rebord de la douche. Fourniret vole chéquiers, argent et cartes de crédit, puis s'enfuit. Neuf ans après, Monique balance son mari. Joëlle apprend enfin le nom de son bourreau.

Il était fier de lui*


Céline Saison, 18 ans, n'a pas eu la chance de déstabiliser Fourniret. Lorsque, le 16 mai 2000, elle quitte le lycée Chanzy de Charleville-Mézières après l'épreuve de philo au bac blanc, l'adolescente croise un automobiliste perdu. Pour l'aider à retrouver son chemin, la serviable Céline monte dans sa fourgonnette. « Sous la menace de l'aveugler avec de l'acide, expliquera le prévenu, je lui ai gentiment demandé de faire l'amour. » Le viol consommé, Céline est étranglée avec de la ficelle. Michel Fourniret rentre à la maison, vide le sac de la jeune Ardennaise, regarde avec Monique les photos du dernier voyage scolaire. Elle brûlera le tout le lendemain. Aux policiers en 2004, l'épouse benoîte dira que « M. Fourniret n'a pas manifesté de remords. Au contraire, il était fier de lui, comme d'habitude. »

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Natacha Danais 13 ans 

18 avril 2008

A peine sortis du tribunal que le couple maudit enlève Natacha!*


Pour évoquer son amie d'enfance Natacha Danais, Sabrina a choisi des paroles du chanteur Jean-Jacques Goldmann. Le président de la cour d'assises les lit pour le témoin : « C'était une petite fille sans histoire et très sage/Sa vie c'était douceur, rêves et nuages blancs/Mais d'autres gens en avaient décidé autrement. » Ces autres gens, ce sont Michel Fourniret et Monique Olivier, impliqués dans le meurtre de cette fille de 13 ans retrouvée sur une plage de Vendée le 24 novembre 1990.

Natacha Danais est la cinquième victime mineure du couple. Une succession de petits riens l'ont cruellement fait tomber entre les mains du tueur ardennais et de sa complice. Le 21 novembre 1990, cette frêle collégienne au caractère entier part en famille au Leclerc de Rezé (Loire-Atlantique). Sa mère a oublié son porte-monnaie. Elle prie Natacha de retourner chercher de l'argent à la maison toute proche. « Natacha m'a demandé de venir avec elle, j'ai dit non », relate en pleurs la jeune soeur de la victime, hantée par son refus. La collégienne rechigne mais se met en route. A bord de sa camionette C15 sur le parking du centre commercial, Michel Fourniret aperçoit ce « beau petit sujet ». Lui et sa femme rentrent de Nantes où ils ont été condamnés pour avoir brûlé des tableaux chez l'ex-compagnon de Monique Olivier. « Fourniret sortait du palais de justice, je ne comprends pas », dénonce à la barre la soeur aînée de Natacha. Pour elle aussi, les regrets sont éternels. Ce jour-là, elle pense bien avoir vu monter sa petite soeur à l'arrière d'un C15 blanc, scénario inconcevable tant Natacha est méfiante. Mais Fourniret a le don terrifiant de se montrer persuasif. Il demande à la collégienne l'adresse d'un médecin et elle grimpe dans la fourgonnette, signant son arrêt de mort.

Elle s'est défendue de manière énergique


Hier, Monique Olivier a raconté l'enlèvement, affirmant être restée « passive ». S'il a reconnu les faits, Michel Founiret est resté muet. Un policier belge relate à sa place la tentative de viol et le meurtre : « Elle s'est défendue de manière énergique. J'ai enfoncé doucement le poinçon dans la poitrine de Natacha. Elle m'a dit Qu'est ce que vous m'avez fait, je saigne ? Je l'ai étranglée de mes deux mains, les pouces en vis-à-vis sous le menton. » La victime est lavée pour effacer toute trace et abandonnée dans les dunes. Sa mort restera une énigme pendant quatorze ans.

« J'avais l'impression que la justice et la police ne faisaient rien. Un vrai calvaire », déclarera la mère de Natacha. Traumatisée, elle n'a pas eu la force de témoigner hier. « J'aurais dû le dénoncer, mais j'avais peur de lui, une peur permanente », tente de se justifier Monique Olivier. « Il suffisait d'un mot pour arrêter la série criminelle. On aurait pu sauver Natacha », insiste M e Didier Seban, partie civile. Mais l'accusée s'est tue de longues années, se protégeant de ses propres crimes. Il a fallu attendre ses aveux de juin 2004 pour connaître la vérité sur le martyre de Natacha. De la petite victime, son frère a écrit : « Son coeur commençait tout juste à battre pour un garçon de son âge, et c'est l'horreur qui l'attendait. » La même horreur attendra d'autres jeunes filles encore.

Natacha, 13 ans, prise au piège sur un parking *


Dans ce dossier, le dernier dans lequel l'épouse du tueur en série présumé est impliquée, Michel Fourniret est accusé d'avoir enlevé l'adolescente puis de l'avoir étranglée, après avoir tenté de la violer. Son corps avait été retrouvé sur une plage de Vendée trois jours après sa disparition. Comme pour les autres meurtres, Michel Fourniret s'est contenté en début d'audience de reconnaître laconiquement les faits. De son côté, Monique Olivier a raconté comment son mari lui avait dit "avoir repéré quelqu'un" alors qu'ils se trouvaient sur le parking d'un supermarché à Rezé (Loire-Atlantique) où le couple s'était arrêté alors qu'ils rentraient dans les Ardennes. La veille, ils avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de Nantes pour avoir brûlé des tableaux d'André Michaux, le premier mari de Monique Olivier.
Accostée au prétexte d'une recherche d'itinéraire, Natacha était montée à l'arrière du véhicule du couple. Elle retournait alors à pied chez elle pour aller chercher le porte-monnaie oublié par sa mère. Entendue comme témoin, Christine Havez, une soeur de la victime, a confirmé qu'il lui "avait semblé voir la silhouette de sa soeur monter à l'arrière d'un véhicule C15". Selon l'accusation, le couple aurait roulé un certain temps avant de s'arrêter dans un endroit isolé. Alors que son épouse s'éloignait, Michel Fourniret aurait violé la jeune fille, dont le corps avait été ensuite déposé sur une plage en Vendée.

Un des enquêteurs belges qui a recueilli les aveux du couple en 2004, a rappelé comment l'accusé avait dit avoir été obligé d'étrangler la victime qui se débattait après lui avoir perforé deux fois la poitrine avec "un poinçon cruciforme" rangé dans sa boîte à outils. En début d'audience, Marie-Josèphe Sculo, la mère de Natacha, secouée de sanglots, n'a pas réussi prendre la parole. Davina, une autre soeur de la victime, a fondu en larmes en racontant avoir refusé ce jour-là de l'accompagner chercher le porte-monnaie. "Depuis des années, elle vit avec ce poids sur les épaules de ne pas être allée avec elle. Ca aurait tout changé. Comme pour ma soeur qui l'a vue monter dans le véhicule, elle porte ce poids depuis 18 ans", a déclaré hors audience Christophe Grelier, le frère de Natacha.

Révélations insoutenables *


Une jurée pleure. Des proches de Natacha Danais, pris de nausée, se faufilent hors de la cour d'assises. L'une des spécificités du procès des époux Fourniret, c'est qu'on espère chaque jour avoir touché le fond. Or, le lendemain, la relation des faits entraîne le prétoire plus bas encore, comme si le box était une gueuse de fonte emportant l'assistance au-delà des abysses.

«Pour la première fois, le médecin-légiste a émis l'hypothèse d'un viol post-mortem», explique Me Sabine Barz, avocate de la famille. Michel Fourniret aurait ainsi violé le cadavre de l'adolescente de 13 ans dans les dunes de Brem-sur-Mer (Vendée), où son corps avait été retrouvé. Il l'avait préalablement étranglée, puis avait perforé sa poitrine à deux reprises avec un poinçon cruciforme, comme nous le précisions plus haut.

Fabienne et Jeanne-Marie, elles aussi, pourraient avoir subi des outrages post-mortem.


Dans le cas de Natacha, deux éléments renforcent la suspicion. Primo, le médecin légiste a constaté en certains endroits intimes du petit corps (1,48m...), des traces suspectes. Le Pr Rodat émet deux hypothèses : l'utilisation de tampons hygiéniques, ou une pénétration « alors que la victime n'était plus vivante ». La mère de Natacha est interrogée par Me Sabine Barz, conseil de la famille. Elle est formelle : « Natacha n'avait eu ses règles que deux fois, et elle utilisait des serviettes. Je le sais parce que c'est moi qui les achetais ».
Secundo : lors de l'instruction, Michel Fourniret a déclaré qu'avant d'abandonner le cadavre sur une dune vendéenne, il a pris soin de le baigner dans l'océan pour éliminer les traces de souillure. Auparavant, il avait poignardé sa proie à trois reprises, avec un outil quelconque. Puis, comme la fillette se débattait encore, il l'avait étouffée en plaquant contre sa bouche et son nez l'une de ses « grosses paluches », comme dirait Me Didier Seban.

L'avocat général Nachbar : « Comme Jeanne-Marie, vous l'avez violée alors qu'elle était morte ? »
La famille pleure doucement. L'accusé refuse de répondre.
L'avocat général : « Vous la tuez une deuxième fois, Fourniret ! Vous entendez sa famille ? Vous êtes un monstre pédophile » !
L'accusé : « Je ne réagirai pas ».
La famille : « Heureusement ! ».
C'est à cet instant que plusieurs personnes quittent la salle, écœurées. Michel Fourniret, pour autant, n'est pas un monstre. Il est bien pire que cela : un homme raté, qui fabrique à la chaîne des actes, des images, des mots, des silences, odieux. Une sorte de pellicule dont, au développement, on ne pourrait tirer qu'un négatif. Pourquoi la tentation de transformer certains criminels en créatures surnaturelles est-elle si forte qu'elle contamine même des magistrats ? La justice est-elle faite pour amplifier la voix de la meute qui gronde aux marches du palais ? L'audience se poursuit avec des questions adressées à Monique Olivier, laquelle, au bâtonnier Dupuis, affirme, pleine d'aplomb, qu'entre elle et son mari, « il n'y a jamais eu de pacte ». Le jeune avocat général Xavier Lenoir, qui épaule, au ministère public, le dresseur de « monstre », place alors une intervention tranchante, remettant l'accusation à son juste niveau. A Mme Olivier, qui répète à l'envi qu'elle était terrorisée par M. Fourniret : « Le 24 juin 1991, vous lui écrivez, alors qu'il est incarcéré depuis la veille à Verdun, pour une autre agression : « J'espère que tu seras bientôt auprès de nous ». Le 25 juin, dans une nouvelle lettre : « Je donnerais cher pour te faire sortir de ta « résidence d'été » ». Et encore : « Tu es un petit taulard très attachant ». Monique Olivier, soudain bégayante, séparant ses bribes de phrases d'étranges aspirations, comme si elle sirotait un thé brûlant : « Il allait ressortir... La peur est là... »

J'avais peur de lui, en tout et pour tout !*


Monique Olivier, épouse et complice présumée de Michel Fourniret, a répété jeudi que la "peur" de son mari l'avait empêchée de le dénoncer entre 1987 et 2003, malgré un courrier de 1991, lu devant la cour d'assises des Ardennes, où elle lui témoigne son attachement.

"J'avais peur de lui, en tout et pour tout", a répété Monique Olivier aux avocats des parties civiles qui se sont relayés pour la questionner sur son absence de réaction lors du meurtre de Natacha Danais, le cinquième des sept jugés à Charleville-Mézières et que Michel Fourniret a reconnu. "Je n'étais pas capable de lui dire quoi que ce soit. Sachant ce qu'il était capable de faire, j'avais peur", a ajouté l'accusée jugée pour complicité dans plusieurs dossiers. Depuis mercredi, la cour examine le meurtre de Natacha, une adolescente de 13 ans, enlevée sur un parking de supermarché le 21 novembre 1990. Son corps avait été découvert trois jours après sa disparition sur une plage en Vendée.

Dans un extrait de lettre, lue devant la cour par le substitut du procureur Xavier Lenoir, Monique Olivier témoignait pourtant de son attachement à son mari. "J'espère que tu seras libéré très vite (...) Tu sais que tu es un petit taulard très attachant. Et tu sais que je suis collante", écrivait-elle en juin 1991 à son mari alors qu'il était incarcéré pour des faits d'agression et violence. "La peur est quand même là. Cela n'empêche pas de vivre avec la peur", s'est-elle justifiée à nouveau à l'audience. Le meurtre de Natacha Danais est le dernier des dossiers examinés par la cour -sur les dix jugés- dans lequel est impliquée l'épouse du tueur en série présumé.

En début d'après-midi, Michel Fourniret regagne sa place avec une mine de papier mâché. Les traits creusés, plus gris que son pull, il peine visiblement à rester muet face au soupçon de viol post-mortem. Me Pierre Blocquaux qui, depuis le premier jour, assume son rôle difficile avec une dignité exemplaire, sollicite cinq minutes de suspension pour qu'il puisse, avec ses deux confrères, s'entretenir avec leur client. Lorsqu'ils reviennent, c'est au tour de Me Barz de s'isoler brièvement avec la famille Danais. Chacun comprend que l'accusé, à nouveau, réclame le huis clos. Réponse cinglante du camp des victimes : c'est non. L'Ardennais, qui avait reconnu n'avoir « pas de grandes révélations à faire », devient livide.

Le président Latapie embraye. Parfaitement dans son rôle, d'une grande justesse psychologique, il tente de raisonner l'entêté pathétique dont les réponses paraissent à présent de moins en moins sensées. Il ne parlera pas -pas aujourd'hui, en tout cas. Faut-il encore attendre, de cet homme qui tue des enfants, un sursaut de courage à l'heure du jugement ?

Devant la cour d'assises réunie à Charleville-Mézières, «l'ogre des Ardennes» n'a pas bronché face aux dires du légiste. «Il a juste passé un mot à son avocat, pour dire qu'il était prêt à en parler à huis clos», relate Me Sabine Barz. Demande refusée par les parties civiles, finalement «soulagées» d'en finir avec ce procès.

L'après-midi, Michel Fourniret a fait une "dérogation" à sa résolution de mutisme en tentant de s'adresser directement aux parents de Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, tuée en mai 1990 près d'Auxerre. Le 11 mars il a été mis en examen pour ce meurtre qu'il a toujours nié. Roger Parrish et Pauline Sewell étaient présents à l'audience mercredi et jeudi pour l'examen du dossier Danais. L'accusé a invoqué un défaut de "mémoire" et nié une confusion entre les meurtres de Natacha et Joanna, pour expliquer une contradiction dans une déposition où il disait avoir entièrement dévêtu Natacha. Le corps de celle-ci a été retrouvé à moitié déshabillé, celui de Joanna l'était entièrement.


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Joanna Parrish

16 avril 2008

les parents de Joanna Parrish présents au tribunal.*


Les parents de Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, enlevée, violée et tuée en 1990 près d'Auxerre (Yonne), assistent depuis mercredi au procès devant les assises des Ardennes de Michel Fourniret, qui devrait être jugé ultérieurement pour l'assassinat de cette jeune femme.

Michel Fourniret, qui comparait pour sept meurtres aggravés est également soupçonné de deux autres crimes, perpétrés près d'Auxerre, pour lesquels il a été mis en examen le 11 mars : ceux de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

"Lorsque Michel Fourniret et (son épouse et complice présumée) Monique Olivier sont interrogés, il apparaît qu'ils confondent certaines affaires. Il y a des circonstances communes entre l'affaire de Joanna et celles de Natacha Danais et de Fabienne Leroy. C'est pour cela que nous sommes ici", a expliqué Roger Parrish, 75 ans, le père de Joanna, en présence de la mère de la jeune fille, Pauline Sewell, 63 ans. Joanna Parrish, une Britannique originaire de Leeds, assistante d'anglais dans un lycée d'Auxerre, avait été retrouvée morte, violée et étranglée, le 17 mai 1990 près de la ville.

Depuis mercredi, la cour d'assises des Ardennes qui juge le couple Fourniret examine l'enlèvement et le meurtre de Natacha Danais, une adolescente de 13 ans enlevée le 21 novembre 1990 à Rezé (Loire-Atlantique). Son corps avait été retrouvé trois jours plus tard sur une plage de Vendée.

A plusieurs reprises, l'accusé a dérogé à la règle qu'il s'était fixé au début du procès: observer un silence total.*


A plusieurs reprises, devant la cour d'assises des Ardennes, l'accusé Michel Fourniret a eu des mots avec Me Didier Seban, qui représente la famille de Jeanne-Marie Desramault, tuée en 1989. L'avocat défend également les parents de deux filles disparues étrangères à ce procès.
Il flaire la patte de Fourniret derrière l'enlèvement de la petite Estelle Mouzin à Guermantes (Seine-et-Marne), non loin de l'ancienne habitation de l'accusé, et le meurtre ancien de la Britannique Joanna Parrish dans l'Yonne, autre terre de prédilection du couple. Monique Olivier attribue d'ailleurs ce dernier crime à son mari et a été mise en examen, tout comme Michel Fourniret, voilà deux mois pour l'homicide de Joanna Parrish.

Les insinuations de Didier Seban, teigneux et frontal, énervent au plus haut point Michel Fourniret qui a déjà piqué une colère contre lui lors d'une audience. «J'écris», avait-il tonné alors que Me Seban l'interpellait. Il refusait de se lever et de lui répondre : «Car je vous ai entendu proférer des âneries sur Estelle Mouzin», hurlait-il. Hors de lui, il lançait au Président qui tentait de le calmer : «JE NE CRIE PAS, JE GUEULE.»

«Comment pouvez-vous vous tromper sur ce point, Michel Fourniret?»


Cet après-midi, Didier Seban a de nouveau insinué que Michel Fourniret doit confondre les scènes de crimes, et attribuer des détails à d'autres cas non élucidés. Ainsi, l'a-t-il alpagué sur les vêtements de Natacha Danais qu'il a transportée sur une plage de Vendée le 21 novembre 1990, morte étranglée et de deux coups de poinçon au coeur.

«Elle était dénudée partiellement ou entièrement? Comment pouvez-vous vous tromper sur ce point, Michel Fourniret?» lance, provocateur, l'avocat. L'accusé l'attaque bille en tête à son tour en articulant bien les mots : «Maître Didier Seban, je vous reconnais bien là. Pas l'avocat, mais le gaillard dont je réprouve la stratégie rase-motte dans ses assertions et ses tentatives de rapprochement d'affaires non élucidées. Et la démarche par laquelle vous avez proposé à la famille de Joanna Parrish de venir ce matin à ce procès.»

Me Seban jubile de ce début de dialogue: «Oui, en effet, je l'ai proposé à la famille Parrish.» Fourniret, sentencieux : «Je vous remercie d'avoir pris cette initiative. Je me propose de m'entretenir avec elle en tête-à-tête, là mais pas en public.»

Dérogation


Me Seban, qui a posé une question sur Natacha Danais, lui fait remarquer son étrange association d'idées alors qu'il évoquait Natacha Danais: «C'est vous qui faites le rapport avec Joanna Parrish.» Fourniret: «La traduction était tellement évidente.» Me Seban poursuit: «Natacha a été retrouvée habillée alors que vous dites qu'elle était nue. Alors...?»

Fourniret annonce : «Je vais faire une dérogation à ma position de principe. Combien d'années se sont écoulées entre les faits (1990) et la relation des faits (2004)? De nombreuses années. Ma mémoire, je crois, est relativement bonne, détaillée, précise. J'ai emmagasiné pas mal de films dans ma mémoire. Mais ont été constatées des superpositions, des erreurs et des contradictions. Eh bien non monsieur Seban, je ne suis pas un surhomme, et ma mémoire n'est pas infaillible. Je pourrais essayer d'analyser, mais d'autres seront plus capables de le faire. Ce ne seraient que spéculations de ma part. Je m'abstiendrai, donc. Ce sont des erreurs de mémoire. Point. Contrairement à ce que vous pouvez penser Me Seban, vous n'êtes pas un ennemi.»

Me Seban: «Vous n'êtes pas non plus un ennemi, mais un accusé. Quand vous repassez le film, monsieur Fourniret, Natacha est -elle nue ou pas?» L'accusé rompt le ban: «J'ai terminé mon intervention.»

La maman d'Elisabeth s'adresse aux accusés*


Incontestablement l'émotion et l'horreur ont mardi matin, atteint leur paroxysme. L'émotion, quand Marie Noëlle Bouzet a poursuivi la lecture des textes qu'elle avait préparés pour l'audience. Mardi matin, elle s'est certes encore adressée à sa fille, elle s'est surtout adressée aux accusés et avec une violence qui a glacé l'assistance : "Monsieur Fourniret, vous êtes un pitoyable bouffon, un imbécile malfaisant. Montrez-moi vos mains, montrez-moi vos mains qui ont écrasé le cou de ma fille. Dans son box, Michel Fourniret reste figé. Et vous, Madame, vous qui lui avez offert Elisabeth, c'est vous le monstre humain.

Pour le président, l'homme qui depuis le début de ce procès, se montre d'une très grande humanité, l'enchaînement avec le témoin suivant, paraît difficile. A la barre, André Carpentier, le policier namurois qui a auditionné et recueilli les explications des accusés entre juin et octobre 2004.

A défaut d'entendre Fourniret parler à l'audience, ce sont des extraits vidéo de ses auditions, qui ont été présentés.

Première en France, la cour d'assises des Ardennes a fait projeter hier des extraits des aveux filmés du couple.


On y voit puis on entend un Michel Fourniret froid puis détendu, fier de livrer aux policiers avec le souci du détail, la manière, les raisons pour lesquelles,  il a tenté de violer et enfin étranglé Elisabeth Brichet.

Sur ces images exceptionnelles tournées dans un coin du bureau de la police fédérale de Namur, face au policier interrogateur André Carpentier, la corpulente femme en pull bleu myosotis se tasse sur sa chaise, se passe la main sur le visage, baisse la tête, hésite à répondre sur sa complicité puis débite à toute allure : «Etant donné qu'il m'avait dit que j'étais sa complice, je pouvais plus reculer, j'étais obligée de suivre, j'ai suivi.» Elle fait des moulinets de son bras droit, chuinte : «Ça, ça l'agaçait de voir que j'étais d'accord.» Elle s'emballe : «Mais après, on va me considérer comme la femme de Dutroux si je dis que j'ai aidé à faire ce genre de choses.» Le policier la calme «Chut, chut, on veut la vérité. Alors vous partez… Qui est dans la voiture ?» Au bout d'une heure de longs silences et de réticences, Monique Olivier finit par avouer la présence de leur fils de 15 mois : «Sélim était là avec nous.» Questionnée sur son rôle, la femme tremblante se déclare «complice forcée» : «Il m'a tenue avec une première affaire, il m'a piégée. C'est trop tard. J'aurais dû avoir le courage de le dénoncer, j'ai été lâche.» La petite blonde à l'allure de «danseuse classique» qu'il a embarquée sous prétexte de chercher un médecin pour son bébé empoignait les sièges et suppliait «Madame, aidez-moi». Monique Olivier n'a pas eu un geste : «J'ai été lâche, je ne l'ai pas aidée.»

Ton détaché.


Dans le même angle de pièce, sous le même angle de prise de vue, face au même policier, Michel Fourniret, en sweat à capuche bleu roi se tient les jambes allongées, bras croisés ou mains jointes, et raconte d'un ton détaché comment, au volant de sa Renault 9, il a «remarqué instinctivement une silhouette» de très jeune fille rentrer dans une maison, puis a planqué devant un potager plus de trois heures. Monique Olivier patiente dans la voiture avec son bébé, «sans avoir droit au chapitre avec juste le droit de la boucler», dit Fourniret : «Tu restes là, tu attends, tu n'as pas d'autre choix.» Et si son épouse l'avait dénoncé avant ? «Si elle s'avisait de prendre une telle initiative, je lui avais fait comprendre : "Je tue Sélim, je te tue et je signale votre disparition."»

Le Michel Fourniret du box se regarde sur l'écran, impassible, conter sa «quête de la virginité» et sa déception lorsque la petite fille, transformée «en loque», se crispe : «Au Sautou [l'ancienne propriété de Fourniret, dans les Ardennes, ndlr], ce n'est pas le symbole de la virginité que j'ai devant moi mais un être humain d'aspect pathétique, ça m'a désarmé.» Le policier demande si «les petites filles doivent mourir pour ça ?» Fourniret répond, l'air sincère : «Monique Olivier a bien fait [de tout révéler] car je me demande s'il y aurait eu une fin. C'est un immense gâchis. Les gens ne sont pas de faïence et de porcelaine, on ne peut pas réparer.»

Fourniret pleure deux fois....


On le voit pleurer deux fois sur la vidéo, à propos de la mort de sa sœur et de la «Vierge Marie». Michel Fourniret explique aussi le «processus» immuable qui le conduit à capturer des petites filles pures qu'il ne parvient pas à prendre par la force. Il aimerait qu'elles soient soumises et se donnent à lui. Il avait ainsi sussuré à Elisabeth Brichet : «Avec moi, tu vas découvrir quelque chose de bien» ; «Je pensais parvenir par une douce persuasion à ce que cette petite m'offre sa virginité.»

Un combattant en mission


Le policier lui demande : «Pour quelles raisons vous les tuez?» Long silence. Plongé dans le désarroi, Michel Fourniret tient son visage entre ses mains et finit par lâcher d'un souffle : «Pour des raisons qui m'échappent.» Il se ressaisit et analyse : «A partir du moment où la personne exprime sa désapprobation ou sa résistance, ça devient un combat, vous n'êtes plus vous-même mais un combattant qui a pour mission de prendre le dessus sur son partenaire. Et puis la nécessité apparaît de faire taire Elisabeth et de faire taire ce regard. Vos mains serrent.» Ensuite, il faut la cacher dans un congélateur et creuser la terre du château : «L'être qui me faisait face est parti. Je me retrouve donc seul face au technicien que je suis. C'est le côté rationnel qui s'exprime avec l'enchaînement de l'organisation.».

D'autres extraits vidéo*


Auparavant, la cour a visionné trois extraits de cinq minutes, tirés d'une vidéo réalisée lors d'aveux de Monique Olivier recueillis par la police belge le 30 juin 2004.

Sur cette vidéo, elle finit par avouer sa présence et celle de Sélim, alors âgé d'un an, dans la voiture lors de l'enlèvement de l'adolescente. D'une voix assurée, l'ancienne garde-malade reconnaît avoir été "complice, mais complice forcée" de son mari. "J'aurais dû avoir le courage d'aller le dénoncer (...) plutôt que de me taire", ajoute-t-elle. Les deux accusés sont restés impassibles pendant la diffusion de la vidéo.

En Belgique, la loi du 2 août 2002 permet de filmer les interrogatoires de suspects sur autorisation du juge d'instruction. Les extraits diffusés mardi sont considérés comme élément du dossier et non pièce à conviction. Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret, jugé pour sept meurtres aggravés et Monique Olivier pour complicité, refuse de s'exprimer sur les faits faute de huis clos.


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*Voir la liste de nos sources plus bas

Elisabeth Brichet

14 avril 2008

La maman d'une victime critique l'institution judiciaire.*


La cour d'assises des Ardennes poursuit ce lundi l'examen des meurtres et viols ou tentatives présumés de Michel Fourniret, avec le cas d'Elisabeth Brichet, 12 ans, disparue près de Namur (Belgique) le 20 décembre 1989 alors qu'elle rentrait chez elle.

Son corps a été retrouvé en 2004 au château du Sautou dans les Ardennes. La mère d'Elizabeth Brichet a critiqué lundi les institutions judiciaires belge et française.

"Elizabeth, (...) l'inconscience et l'incurie de la justice t'ont assassinée. (...) Quinze années d'erreurs d'un système judiciaire qui n'a que faire du viol et des tortures, sauf en temps de guerre", a déclaré à la barre Marie-Noëlle Bouzet, la mère d'Elizabeth, disparue à l'âge de 12 ans le 20 décembre 1989 près de Namur (Belgique) sur le chemin de son domicile.

"Il y a l'émotion dans le prétoire, et après ? Il y a bien d'autres Fourniret. Les enfants sont leur trésor de guerre, ils font des émules en prison, ils se nourrissent de leurs meurtres et de leurs viols, vous le savez, vous les connaissez", a poursuivi Mme Bouzet, très émue, à l'attention du président de la cour, Gilles Latapie. La mère de l'adolescente avait été en octobre 1996 l'une des organisatrices de la Marche blanche en mémoire des enfants disparus qui avait rassemblé plus de 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles, dans la foulée de la découverte des crimes du pédophile belge Marc Dutroux.

Enlevée le 20 décembre 1989 *


Elisabeth Brichet avait été enlevée par le couple Fourniret le 20 décembre 1989 alors qu'elle rentrait chez elle après avoir rendu visite à une amie. Ses ravisseurs l'avaient repérée et guettée plusieurs heures avant de la convaincre de monter dans leur voiture, utilisant pour la mettre en confiance la présence de leur fils Sélim, alors âgé de quelques mois. Ils l'avaient d'abord conduite à leur domicile à Floing, dans les Ardennes françaises. Michel Fourniret, aidé de Monique Olivier qui serait allé jusqu'à faire la toilette de la victime à la demande de son mari, aurait alors essayé de la violer sans y parvenir, selon des premières déclarations à l'instruction.

Le corps retrouvé 15 ans après *


Le lendemain, le couple avait emmené Elisabeth Brichet au château du Sautou. Michel Fourniret, selon de premières déclarations, avait à nouveau tenté de la violer, en vain, avant de l'étouffer avec un sac plastique et l'étrangler de ses mains. Le corps de la fillette avait été retrouvé en 2004 dans l'ancienne propriété de Fourniret, 15 ans après son enlèvement, à la suite des aveux de Monique Olivier en juin 2004.

En début d'audience, Michel Fourniret a reconnu l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de l'adolescente. En revanche, comme lors de l'instruction, il a contesté la tentative de viol. Dans ce dossier, son épouse Monique Olivier, qui a également reconnu les faits, est renvoyée pour complicité.

Peu après, Me Paul Lombard, l'avocat de Francis Brichet, le père d'Elisabeth, a exhorté Michel Fourniret à réussir "sa sortie" et à répondre aux questions. "Vous qui avez tous les courages horribles, peut-être aurez-vous un dernier courage, celui que vous devez à des familles qui ont souffert", a déclaré Me Lombard à fixant des yeux l'accusé.

Après un bref moment d'hésitation, Michel Fourniret a finalement réitéré son exigence de huis clos.

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Monique Olivier aimerait qu'il parle

10 avril 2008

Monique Olivier "aimerait bien" que son mari parle*


Monique Olivier, épouse et complice présumée de Michel Fourniret, jugé devant la cour d'assises des Ardennes pour sept homicides aggravés, a déclaré jeudi qu'elle "aimerait bien" que son mari parle pour que les faits soient plus "clairs". "J'aimerais bien qu'il parle. Ca serait plus clair. Pour les familles, ça serait plus humain", a répondu Monique Olivier à Me Didier Seban, un avocat des parties civiles, qui l'interrogeait sur le mutisme de son mari depuis le début du procès.  "Il raconte mieux que moi. Il a plus de mémoire que moi. J'aimerais bien qu'il prenne la parole", a-t-elle ajouté au deuxième jour d'audience consacré à l'examen des faits concernant le meurtre de Jeanne-Marie Desramault, une étudiante de 21 ans, disparue à Charleville-Mézières en 1989.

Son corps avait été retrouvé en juillet 2004 lors de fouilles au château du Sautou à Donchery (Ardennes), l'ancienne propriété du couple. Dès l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret avait brandi un écriteau: "Sans huis clos, bouche cousue".

En trois semaines de procès et en dehors de quelques laconiques "je reconnais les faits", il a néanmoins rompu sa résolution de participation passive au procès à trois reprises. Lundi, il avait pris spontanément la parole pour défendre Monique Olivier mise en difficulté sur son implication dans le meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans tuée par balle dans la Marne en 1988. Le même jour, il avait perdu son sang-froid lors de deux vifs échanges avec Me Seban qui avait souligné deux erreurs du principal accusé, qui avait répondu en confondant deux victimes. Depuis, il a systématiquement opposé un silence haineux aux questions de l'avocat. "Monique Olivier commence à se lâcher. Pas sur les faits, mais sur Michel Fourniret (...) L'attitude de son mari peut contribuer à faire lâcher Monique Olivier", a estimé Me Seban à la suspension d'audience de la mi-journée. (AFP)


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Affaire Jeanne Marie

09 avril 2008

Le père de Jeanne-Marie demande justice*


Le père de Jeanne-Marie Desramault, victime présumée de Michel Fourniret jugé en assises aux côtés de son épouse Monique Olivier, a demandé mercredi à la cour que justice soit faite.
"Que la justice les punisse" a déclaré d'une voix faible Henri Desramault, veuf de 87 ans, en faisant référence aux époux Fourniret. Le vieil homme, cheminot à la retraite, amaigri et diminué, s'est exprimé péniblement quelques minutes à la barre sur son fauteuil roulant avant de fondre en larmes. Jeanne-Marie Desramault était une jeune étudiante de 22 ans lorsqu'elle disparut le 18 mars 1989 à Charleville-Mézières. Son corps a été découvert, sur les indications de ce dernier, le 3 juillet 2004 dans le parc du château du Sautou, l'ancienne propriété du couple Fourniret-Olivier.

Michel Fourniret avoue un troisième meurtre à son procès


Le tueur en série présumé Michel Fourniret est à nouveau sorti de son silence mercredi à la cour d'assises des Ardennes pour avouer un troisième meurtre sur les sept dont il répond, mais il a refusé de répondre aux questions et de parler au père de la victime.

L'affaire concerne Jeanne-Marie Desramault, une jeune fille de 21 ans disparue le 18 mars 1989 et dont le corps a été retrouvé en 2004, après l'arrestation de Michel Fourniret en 2003. C'est le seul des sept dossiers dont il répond où sa femme est co-accusée d'avoir non seulement enlevé mais aussi tué. A la neuvième audience du procès, après la lecture des charges d'enlèvement, séquestration, tentative de viol et meurtre concernant , l'accusé, prié de préciser sa position, a dit : "Vous venez de lire les faits qui me sont reprochés. Je reconnais ces faits".

Il refuse normalement de parler, en prétextant le refus du huis clos qu'il souhaite.


L'émotion a étranglé plusieurs jurés lorsque le père de Jeanne-Marie, Henri, 87 ans, est venu en fauteuil roulant à la barre, soutenu à distance par deux religieuses et les autres familles de victimes, qui lui ont offert des roses blanches avant l'audience. Le témoin a regardé en silence l'accusé, qui a soutenu son regard sans ciller. Tandis qu'étaient projetées sur un écran les photos de sa fille, qui était son seul enfant, Henri Desramault, avant de fondre en larmes, n'a eu que ces mots : "Je demande justice pour Jeanne-Marie".

"L'IMAGE DE LA VIERGE MARIE"


L'avocat de la famille Desramault, Didier Seban, a interpellé l'accusé, lui rappelant une déposition antérieure où il disait avoir vu en Jeanne-Marie "l'image de la Vierge Marie". "C'est parce qu'elle évoquait la Vierge Marie que vous l'avez choisie ? Vous n'avez rien à dire à M. Desramault ? c'est peut-être la dernière fois que vous le verrez", a dit l'avocat. Debout à quelques mètres, visage dur et figé, Michel Fourniret a répondu : "Vous connaissez ma position, permettez moi de vous la rappeler". Et il est resté debout, les yeux dans ceux de l'avocat, sans bouger, durant une vingtaine de secondes. Interrogée, son épouse Monique Olivier a dit reconnaitre les faits, mais son avocat a aussitôt précisé qu'elle niait la co-action dans le meurtre qui est retenue par l'accusation.  Jeanne-Marie Desramault a été présentée par un témoin comme "fleur bleue, gentille, douce et naïve aussi". Très croyante, le jeune fille "cherchait à faire connaissance avec les gens qu'elle rencontrait et avait toujours un a priori positif, avait le coeur ouvert", a-t-on expliqué à la barre.

Le déroulement des évènements:


Etudiante à Charleville-Mézières, où elle logeait dans une institution religieuse, elle prenait le train tous les samedis pour rentrer chez ses parents à Béthune. Elle a rencontré fortuitement Michel Fourniret lors d'un de ces voyages, a dit Monique Olivier. Le tueur a engagé la conversation et fait mine de partager sa ferveur religieuse. A la gare, Monique Olivier attendait son mari et le trio a fait connaissance. Il a alors été convenu de se revoir. Pour la mettre en confiance, Michel Fourniret a imaginé lui proposer une sortie en Belgique et le couple Fourniret est venu un jour la retrouver à la sortie des cours, avec leur fils Selim, âgé de quelques mois. "Michel Fourniret avait voulu lui faire une surprise", a raconté l'accusée. Après un repas dans une pâtisserie, Jeanne-Marie a été raccompagnée à Charleville. Plus tard, Monique Olivier reconnait avoir appelé au téléphone son institution religieuse en se présentant sous un faux nom, pour relancer la jeune fille. Le 18 mars 1989, Michel Fourniret a provoqué une rencontre à la gare de Charleville et a persuadé Jeanne-Marie de venir chez lui, où il l'a tuée. Il a enterré son corps dans sa propriété de Sautou. Des mois durant, le père de Jeanne-Marie a pris le train qu'elle devait prendre ce jour-là, montrant sa photo à tous les voyageurs. La mère de Jeanne-Marie est morte en 1993. (Reuters)

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Affaire Leroy: les aveux

08 avril 2008

La brutalité du «pacte» des Fourniret glace les assises*


Des larmes ont coulé lundi lorsque les parents de Fabienne Leroy, assassinée en 1988, ont évoqué le souvenir de leur fille.

Jean-Pierre Leroy : «M. Fourniret demande le huis clos. Mais à la reconstitution, alors qu'il n'y avait pas de public, il ne voulait pas parler, donnant pour excuse qu'il fallait remettre sa maison en état.»

Colette Leroy : «Fabienne est née le 23 avril 1968, sa sœur Valérie est arrivée dix minutes après. En Côte d'Ivoire, les jumeaux sont considérés comme porte-bonheur : il y avait un défilé incessant pour les voir, les caresser. Elles étaient petites, fragiles.»

Jean-Pierre Leroy : «Comme Fabienne était la plus robuste, je m'en occupais un peu plus. Nous avions 72 couches en coton à faire sécher : on prenait le fer à repasser pour aller plus vite… Lors de leur premier voyage en avion vers la France, elles ont voyagé tête-bêche dans un porte-bébé.»

Colette Leroy : «Elles parlaient entre elles un charabia que personne ne comprenait, et éclataient de rire. Elles ont marché le même jour. J'ai eu Fabienne dans ma classe. Je la revois, calme, un peu effacée, dans sa robe-uniforme à carreaux bleus et blancs.»

Jean-Pierre Leroy : «Nous som­mes rentrés en France en 1977. Fabienne a passé son bac à Laon, puis a entamé des études de biochimie. En fin de première année, elle a trouvé un stage à Châlons-en-Champagne. Nous n'avions pas prévu qu'elle croiserait ce couple maudit.»

Je reconnais les faits!


Jean-Pierre Leroy : «Michel Fourniret a peut-être des qualités d'ouvrier, mais il n'a aucune qualité de cœur. Pour lui, le cœur est une cible qu'il faut atteindre, ou un organe qu'il faut arrêter.»

Colette Leroy, à Monique Olivier : «Vous étiez enceinte de huit mois. Votre enfant bougeait en vous. Comment avez-vous pu agir ainsi ? J'ai honte pour vous. Vous n'êtes pas digne d'être mère.»

Jean-Pierre Leroy, les yeux levés vers un portrait de Fabienne : «Nous avons cette photo dans notre chambre. Nous la regardons, elle nous regarde. Je l'ai prise à Agadir. C'est moi qui avais mis, dans ses cheveux, une fleur de bougainvilliers.»

Le 3 août 1988, la jeune fille est abordée, à la sortie d'un supermarché, par un couple en voiture. L'homme, vraisemblablement, lui demande de les guider jusqu'au cabinet d'un médecin pour soigner son épouse, enceinte et proche du terme. Elle est conduite dans une clairière, droguée sans doute, violée, tuée d'un coup de fusil à bout portant. La femme enceinte l'a tenue en joue, au moins pendant que l'homme la ligotait.

Pour la première fois, Michel Fourniret déclare : «Je reconnais les faits.» Dans un procès-verbal, il avait parlé du «gémissement inoubliable» de sa proie agonisante.


Fourniret sort de son mutisme!


Michel Fourniret s'était jusque-là muré dans le silence, refusant de répondre aux questions posées et ne lâchant que quelques phrases sans jamais s'expliquer sur les crimes qui lui sont reprochés. "Je pense que Monique Olivier ne ment pas quand elle se tient à cette position-là", a déclaré l'accusé, en faisant référence aux déclarations à la cour de son épouse.

Depuis le début de l'examen lundi de l'enlèvement, du viol et du meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans, Monique Olivier a maintenu qu'elle n'avait pas pratiqué d'injection à la victime présumée. Fourniret a demandé à prendre la parole pour répondre à une question posée à son épouse sur son implication:

"Je pense que Monique Olivier ne ment pas quand elle se tient à cette position-là", a-t-il déclaré, en faisant référence aux déclarations à la cour de son épouse, accusée dans ce dossier de complicité d'enlèvement, de viol et de meurtre.

Interrogée longuement au cours de l'audience, Monique Olivier avait indiqué précédemment n'avoir pas pratiqué d'injection à la victime avant son meurtre. Elle avait également déclaré "ne pas avoir vu (son mari) faire les piqûres". Deux marques d'injection avaient été relevées au pli des coudes lors de l'autopsie du corps.

"Elle était physiquement présente, mais moralement absente. Son esprit était à dix mille kilomètres de là. Elle n'a pas fait d'injection", a poursuivi le principal accusé pour répondre à Me Gérard Chemla, un des avocats de la famille Leroy, qui interrogeait à nouveau Monique Olivier sur sa présence dans la voiture à cette occasion.

"Il ment. Il ment quant il dit que j'étais dans la voiture lorsqu'il a tiré", a fini par répondre Monique Olivier, après la déclaration de son mari, en passant sous silence l'épisode de l'injection.

Depuis le début de l'examen des faits, Monique Olivier a répété qu'elle n'avait assisté ni au viol ni au meurtre de la jeune fille.

Selon l'accusation, les époux Fourniret l'avaient abordée sur un parking de supermarché. Ils avaient réussi à la faire monter à bord de leur véhicule au prétexte d'une recherche de médecin, alors que Monique Olivier était enceinte de huit mois.

Le corps de Fabienne Leroy, avec une balle en pleine poitrine, avait été retrouvé le lendemain sur un terrain appartenant au camp militaire de Mourmelon-le-Grand (Marne).

Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret avait refusé de s'exprimer sur les faits faute de huis clos.

Mardi, il avait déjà perdu son sang-froid au cours de l'audience et confondu deux victimes lors de deux vifs échanges avec Me Didier Seban, un des avocats des parties civiles.

Ce dernier avait évoqué auparavant devant la cour la possibilité que l'accusé ait confondu lors d'une déposition le meurtre de Fabienne Leroy avec celui d'une autre victime présumée, Joanna Parrish. Michel Fourniret a été mis en examen le 11 mars 2008 pour l'assassinat de cette jeune Britannique de 20 ans, retrouvée violée et étranglée en 1990 près d'Auxerre (Yonne).

"Je suis en colère parce que je vous ai entendu proférer des âneries au sujet d'Estelle Mouzin", a crié l'accusé, évoquant dans sa fureur une victime extérieure au dossier. Estelle Mouzin, fillette de 9 ans, a disparu en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).

Michel Fourniret s'est une nouvelle fois emporté mardi après-midi en répétant avec force son exigence de huis clos lorsque Me Seban a relevé sa confusion entre Joanna Parrish et Estelle Mouzin.

"Michel Fourniret ne craque pas", a estimé Me Chemla à l'issue de l'audience. "Il commence à lier une relation positive (...) Nous sommes dans une évolution naturelle du déroulement d'un procès. Nous espérons que cela va continuer", a-t-il ajouté


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Reprise du procès

07 avril 2008

Fourniret: Affaire Fabienne Leroy*.


C'est le 4 août 1988 que le corps sans vie de Fabienne Leroy, 20 ans, avait été retrouvé près du camp militaire de Mourmelon (Marne). La veille, elle avait croisé la route de Michel Fourniret. Enlevée sur un parking de supermarché, la jeune fille a été conduite dans la forêt avant d'être violée puis assassinée. Si Michel Fourniret reconnaît les faits, il refuse de s'expliquer en détail sur les circonstances de ce meurtre. Son épouse, Monique Olivier, se montre elle plus bavarde. "Je regrette ce qui s'est passé, j'ai honte".

Je reconnais les faits


"Je reconnais les faits", a déclaré Michel Fourniret au président de la cour d'assises de Charleville-Mézières, en ouverture du sixième jour du procès pour sept meurtres de celui qui se fait surnommer "l'Ogre des Ardennes".
Le corps de Fabienne Leroy avait été découvert le 4 août 1988, près du camp militaire de Mourmelon (Marne). L'étudiante avait été enlevée la veille par le couple Olivier-Fourniret sur un parking de supermarché puis conduite dans la forêt avant d'être violée et assassinée.

j'ai honte


Si Michel Fourniret, après un long dialogue avec le président de la cour, a maintenu son refus de préciser les faits, Monique Olivier s'est, elle, livrée.
"Je regrette ce qui s'est passé, j'ai honte", a-t-elle déclaré, bredouillante et tremblante dans sa veste grise. L'épouse de Fourniret est revenue sur le déroulement de l'enlèvement, admettant avoir tenu en joue avec un pistolet à grenailles Fabienne Leroy pour la faire descendre du véhicule.

J'ai agi par peur


En revanche, elle nie avoir assisté au viol et au meurtre, ayant été congédiée par son mari en colère."Michel Fourniret m'a demandé de vérifier la virginité de Mlle Leroy mais je n'ai pas pu le faire", a-t-elle dit au bord des larmes.
"Il s'est ensuite mis en colère et m'a demandé de dégager car j'étais une inutile, une bonne à rien."Monique Olivier serait alors remontée dans le véhicule, à distance de la scène du crime.
"Je regrette, c'est impardonnable", a-t-elle poursuivi. "Mais je ne pensais pas qu'il ferait ça. J'ai agi par peur;"

Enceinte de huit mois au moment des faits


Un peu plus tôt, elle avait été prise à partie par la famille de Fabienne Leroy, venue témoigner à la barre. Valérie Archer, soeur jumelle de la victime, a qualifié ces actes d'"ignobles".
"Comment avez-vous pu faire ça avec un bébé dans le ventre?", s'est exclamée Valérie Archer en regardant Monique Olivier, qui était enceinte de huit mois au moment des faits.


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Une photo qui fait du bruit

04 avril 2008

En marge du procès*


Paris Match" perd son accréditation après avoir publié une photo de Michel Fourniret. Une photo floue où l'on distingue deux silhouettes et une tache bleu pétrole, celle du pull porté par Michel Fourniret. Cette image de l'"Ogre des Ardennes", assis les bras croisés dans le box des accusés de la cour d'assises des Ardennes, a été publiée en bas de page dans Paris Match, jeudi 3 avril. Le procureur général de Reims a réagi le jour même, en retirant l'accréditation accordée à la journaliste de l'hebdomadaire qui couvre le procès.

Le "cliché a été réalisé dans une salle d'audience et au cours d'une audience, en violation de la loi et en dépit des instructions très claires faites à l'ouverture du procès par le président de la cour d'assises", a expliqué, dans un communiqué, le magistrat de la cour d'appel chargé des relations avec la presse.

Le cliché acheté par Paris Match n'a, précise ce dernier, pas été pris dans la salle d'audience même, mais dans une des salles annexes, où le procès est retransmis sur écran vidéo, ce qui explique sa mauvaise qualité. Le parquet a affirmé qu'il allait ouvrir une enquête.

"Cette photo a une valeur historique", se justifie Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match. Le magazine a plusieurs fois, dans le passé, publié des photos prises lors de procès. M. Royant se dit "choqué" par le retrait de l'accréditation, une décision qu'il juge "arbitraire et disproportionnée". Il espère que le président de la cour d'assises des Ardennes reviendra sur sa décision à la reprise du procès lundi 7 avril, afin que la journaliste de l'hebdomadaire, "qui ne peut même pas être soupçonnée d'avoir pris le cliché", puisse poursuivre son travail.

La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse interdit tout enregistrement de son ou d'image pendant le déroulement d'un procès. Leur auteur risque la saisie de son appareil et une amende de 4 500 euros. A cette contrainte légale, s'en ajoute une autre, cette fois propre à l'accusé.

Contrairement à sa femme, Monique Olivier, qui comparaît avec lui, Michel Fourniret a refusé, à l'ouverture du procès, toute prise de vue par les photographes et les cameramen. "Cela a créé une très forte pression médiatique. J'étais persuadé que quelqu'un prendrait la photo de Michel Fourniret dans son box", affirme François Nascimbeni, photographe de l'Agence France-Presse. Celui-ci se dit, lui, favorable au respect des règles, même s'il considère que l'on peut s'interroger sur le "respect du droit à l'image de Michel Fourniret".


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Nouvelle provocation

03 avril 2008

Fourniret propose de coucher par écrit ses réponses aux questions des familles des victimes.*


La cour d'assises des Ardennes a achevé, ce jeudi, l'examen des circonstances dans lesquelles Isabelle Laville, 17 ans, a été enlevée, violée puis tuée par Michel Fourniret, avec la complicité active de Monique Olivier -c'est ce que soutient l'accusation, forte des aveux circonstanciés du couple recueillis pendant l'instruction. Au terme d'une semaine de débats particulièrement pénibles, marqués, mercredi, par les déclarations bouleversantes des parents d'Isabelle, la pression s'accentue sur les deux accusés.

Monique Olivier a choisi de jouer la carte de la participation. Elle surjoue le rôle de simplette tremblotante qu'elle s'est elle-même assigné. Elle feint de ne pas bien comprendre les questions qui lui sont posées, mais garde la mémoire précise de ses réponses, ce qui lui permet souvent de rétorquer sèchement, aux parties civiles ou au ministère public, un « Ce n'est pas ce que j'ai dit » qu'elle voudrait sans appel. On l'a également vue se rasseoir en coupant, exaspérée, son micro, après s'être plainte d'être seule sur la sellette et suggéré qu'on interroge aussi son mari.

Fermement défendue, en particulier par Me Richard Delgenes, Monique Olivier s'est lancée dans un numéro d'équilibriste, avançant sur la ligne floue de ses déclarations. Comme elle finit rarement ses phrases et qu'elle diminue peu à peu le volume sonore de sa parole, le président Latapie, mercredi, en était réduit à faire les questions et les réponses. Ce qui arrange bien l'intéressée, laquelle attend qu'on lui souffle le récit des actes qu'elle a commis avec M. Fourniret. Au final, dans ses déclarations aux assises, il y a 70% de président et 30% de Monique Olivier.

Les procès-verbaux n'en apparaissent que plus accablants à son égard. Il ressort de ces innombrables feuillets paraphés par l'accusée, qu'elle savait qu'Isabelle serait violée puis assassinée ; qu'elle l'a enlevée, seule, avant que Michel Fourniret ne les rejoigne ; qu'elle a administré à la proie du couple un ou plusieurs comprimés de Rohypnol, puissant somnifère destiné, selon un expert toxicologue, à instaurer une « soumission chimique » ; qu'elle a « redonné de la vigueur » à son compagnon au moment où il peinait à passer à l'acte ; qu'elle l'a accompagné pour dissimuler le corps de l'adolescente dans un puits profond de plus de trente mètres, d'où il ne sera exhumé qu'en 2006.

Michel Fourniret, lui, lutte de toutes ses forces pour ne pas répondre aux questions qui lui sont posées, soumettant sa participation aux débats à l'instauration du huis clos. Mais il lui est bien difficile de se contenter d'un second rôle et de se voir éclipser par une comparse certes bredouillante, mais, dans une certaine mesure, loquace.

Jean-Pierre Laville, le père d'Isabelle, l'a d'ailleurs remerciée d'avoir répondu aux questions.

Me Didier Seban, partie civile, tente une fois encore, ce jeudi, de fléchir l'Ardennais, qui rétorque : « Comme vous le savez, j'ai pris la décision de ne pas répondre dans le cadre d'un procès public. J'ai informé mes conseils de la possibilité de mettre par écrit mes observations pour que les familles aient ces informations. Je me propose donc de répondre en différé, par écrit, à votre question ».

Dans le cadre d'une procédure orale et contradictoire, le recours aux écrits confidentiels est, naturellement, hors de propos. La famille Laville, par la voix de Me Alain Behr, rejette fermement cette entourloupe. Puis, l'avocat, se met à aiguillonner l'accusé : « On a l'impression que vous avez peur du débat, que vous vous sentez plus faible que Monique Olivier, peut-être parce qu'elle est, d'après les psychologues, plus intelligente que vous. Pourquoi ce sentiment d'infériorité ? » Michel Fourniret, pas si sot : « Je rends honneur (sic) à votre art consommé de l'asticotage, Me Behr. Si j'étais avocat, j'envierais vos qualités ».

L'avocat général prend le relais. Car mine de rien, Michel Fourniret s'enivre vite de sa propre parole : peut-être le temps est-il venu de l'attirer sur le terrain du dossier. Francis Nachbar pointe, pour commencer, une « erreur grossière » de chronologie dans un procès-verbal, destinée, selon lui, à épargner Monique Olivier en la présentant comme une « spectatrice passive et impuissante ». Mais sur ce point, l'accusé botte en touche : « Je n'ai pas le privilège des erreurs grossières. Je connais un procureur assez redondant en la matière ».

Le magistrat relève à peine l'impertinence et enchaîne : « Lorsque vous avez porté le corps inanimé d'Isabelle, avez-vous ressenti une sensation physique ? » -l'accusé l'avait admis face aux policiers.

Michel Fourniret : « Disons que je ne répondrai pas dans le cadre du procès d'aujourd'hui. Mais, dans un sens général, il s'agit là d'une interprétation. L'érection est un phénomène qui a lieu dans des circonstances particulières, une réaction physiologique par rapport à un stimulus psychologique. Il peut y avoir d'autres stimuli. On peut ressentir une émotion face à une personne vulnérable ».

L'avocat général : « Avez-vous eu une érection en transportant la jeune fille ? » L'accusé : « J'aimerais pouvoir vous répondre oui ou non. On pourrait y revenir plus en détail dans le cadre d'un huis clos... Mais non : c'est grotesque de supposer une telle chose ».

Et voilà : sans s'en rendre compte, Michel Fourniret a, pour la première fois, répondu à une question. Peu importe qu'il ait menti : il en a le droit.


Multiplication des déclarations provocatrices*


"Je me propose de répondre en différé aux questions que vous me posez", a-t-il déclaré à l'adresse de Me Didier Seban, un avocat des parties civiles qui l'interrogeait sur l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Isabelle Laville en 1987, le premier des sept homicides qui lui sont reprochés.

"Il a peur de se tromper, de dire des choses qu'il n'a jamais dites", a estimé Me Seban devant des journalistes.

Dans l'après-midi, la famille d'Isabelle Laville a fait savoir par son avocat qu'elle refusait la proposition.

"Pour nous il n'est pas question d'avoir des petits mots qui ne passeraient pas par le président (de la cour) et qui ne seraient pas connus, c'est-à-dire lus dans ce tribunal" a aussi déclaré Jean-Pierre Laville, le père d'Isabelle, à la sortie de l'audience.

Mercredi, M. Laville avait vivement interpellé l'accusé en l'exhortant d'avoir le "courage" de parler. Celui-ci n'avait accepté de répondre que pour réitérer son exigence de huis clos.

Jeudi, il a encore multiplié les déclarations provocatrices pour justifier son mutisme.

"Je détiens peut-être une forme de réponse, mais vague, pas assez précise et cohérente pour vous la présenter", a-t-il lancé au président Gilles Latapie qui lui demandait les raisons qui le poussaient à se décrire dans certains de ces courriers comme un "monstre".

Désemparé devant son obstination, M. Latapie a finalement rendu les armes: "Eteignez le micro pour ne pas faire de dépenses inutiles".

Dès l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret avait brandi un écriteau "Sans huis clos, bouche cousue".

De son côté, Monique Olivier, accusée d'être la coauteur de l'enlèvement et du viol d'Isabelle Laville, a continué de participer aux débats tout en restant évasive et contradictoire, comme lors de son interrogatoire sur l'administration de médicaments à la victime présumée.

"Je ne sais plus si c'est moi qui ait donné (les médicaments). J'en ai donné plusieurs sans doute (...) C'est possible que cela ne soit pas moi", a-t-elle marmonné.

Deux experts en toxicologie ont confirmé à la barre la présence dans le corps d'Isabelle, qui n'avait été retrouvé qu'en 2006 au fond d'un puits, de "Rohypnol", un puissant sédatif provoquant une baisse importante de la vigilance.

Par ailleurs, le parquet général de Reims a annoncé le retrait de l'accréditation de l'hebdomadaire Paris-Match au procès à la suite de la publication d'une photo montrant le tueur en série présumé dans le box des accusés.

Francis Nachbar, l'avocat général au procès des époux Fourniret, également procureur à Charleville-Mézières, a promis l'ouverture d'une enquête.

Michel Fourniret, qui ne veut pas "s'exhiber devant un théâtre", avait refusé à l'ouverture du procès de s'exposer aux prises de vue des photographes et cameramen, à l'inverse de Monique Olivier.

Le procès doit reprendre lundi à 10H00 avec l'examen pour deux jours du meurtre de Fabienne Leroy, tuée d'une balle en pleine poitrine en août 1988 dans la Marne.



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Calvaire de la première victime

02 avril 2008

Colère de Fourniret*


Brisant le silence qu'il s'était jusqu'ici imposé  Michel Fourniret est sorti pour la première fois de ses gonds, dévoilant l'espace de quelques instants son vrai visage. Un piège artisanal, destiné à tuer un conducteur de voiture, a été présenté devant la cour. Michel Fourniret a rejoint pour la première fois Monique Olivier pour désigner la cible de ce piège.  L'avocat général, Francis Nachbar s'en est étonné. "Arrêtez de mentir! Ressortez les PV si vous les avez! ", a tempêté Michel Fourniret. "Vous parlez", a ironisé M. Nachbar, entraînant un tonitruant "Je ne parle pas, je gueule" de l'accusé. L'avocat général lui a signalé qu'il avait alors le visage qu'il avait dû montrer à ses victimes. "Je n'ai jamais caché que j'étais un monstre, moi", a tonné une dernière fois Michel Fourniret. Ce sont quasiment les seules paroles que Michel Fourniret a consenti à prononcer malgré les nombreux efforts du président qui a voulu entendre sa position sur l'enlèvement de Marie. "Considérez que, dans tous les cas où vous m'interrogez, je réponds par le plus accablant pour moi", a simplement dit l'accusé. 

Au cinquième jour du procès, la cour d'assises des Ardennes examine le calvaire vécu par la première victime des Fourniret : Isabelle Laville, 17 ans, enlevée, violée et tuée près d'Auxerre en 1987*.


Campé sur les positions qu'il a prises dès le début du procès, Michel Fourniret a refusé de répondre aux questions du président. "Vous répondre signifierait que je conçois ma présence ici comme quelqu'un qui accepte de répondre à moitié, ce qui n'est pas le cas", a déclaré l'accusé qui refuse de parler depuis le début de l'audience, car il n'a pas obtenu le huis clos. "Je ne demande pas mieux que ma tête tombe en public sur le billot, c'est souhaitable. Mais mes paroles n'iront pas en public", a poursuivi Michel Fourniret

Les timides regrets de Monique Olivier 


Pour la première fois également, Monique Olivier a émis de timides regrets. Au quatrième jour du procès, la prévenue était sous le feu des questions sur les multiples échanges de courrier dans lesquels, dès 1987, alors qu'il était incarcéré en région parisienne pour des agressions sexuelles, Michel Fourniret lui exposait déjà son obsession des jeunes vierges. Un fantasme avec lequel elle allait accepter de composer.

Tandis que témoignent à la barre les policiers belges ayant analysé toutes ces lettres saisies chez le couple, Me Gérard Chemla, un avocat des parties civiles, s'étonne de l'attitude passive que décrivent certaines expressions employées par Monique Olivier. "Quand vous écrivez +je suis enchaînée à mon fauve+, ça veut dire quoi Madame", interroge l'avocat.  "J'étais tellement seule à l'époque", répète-t-elle. "Je me raccrochais à quelqu'un".  "Et le mot fauve?", enchaîne un autre avocat, Me Didier Seban, "pourquoi pas +mon canard+ ou +mon rossignol+?". C'était "un nom comme un autre", selon elle.  Ne livrant rien sur la vie sexuelle de son mari, ni sur la sienne, Monique Olivier affirme avoir déjà "tout dit" sur leurs crimes lors de ses aveux en 2004-2005. 

Elle explique aussi avoir avoué pour éviter que son mari ne revienne au domicile familial, alors qu'il allait être libéré et, d'une voix à peine audible, sans regard vers les familles des victimes, elle concède pour la première fois des regrets. "Avec le recul je regrette tout ce qui a été fait, c'est vraiment affreux".

Selon des déclarations consignées dans le dossier d'instruction, le 11 décembre 1987, Monique Olivier a persuadé la collégienne de 17 ans de monter à bord de la camionnette du couple. Plus loin, Fourniret attendait sur le bord de la route, feignant une panne d'essence. Il est monté à son tour. La jeune fille a ensuite été violée puis étranglée par Fourniret, selon les déclarations qu'il a faites au cours de l'instruction. Le corps de la jeune fille n'a été retrouvé qu'en 2006, au fond d'un puits, sur les indications de l'accusé.

La “chasse” aux jeunes vierges


Pour l'avocat de la famille Laville, ce premier crime est clairement "l'acte rituel du pacte satanique" conclu entre les époux, au terme duquel Monique Olivier aurait accepté de l'aider à "chasser" des filles vierges en échange de son engagement à tuer un ex-mari. Isabelle Laville aurait été soigneusement choisie "pour sa ressemblance, pour reconstituer la défloration de Monique Olivier", avait expliqué hier la policière belge Catherine Beauret.

A l'audience, le père de la victime s'en est pris aux magistrats du parquet d'Auxerre qui avaient classé le dossier au bout d'une semaine d'enquête. "Ma fille, ce n'était pas un chien égaré sur la route. Peut-être que si ce chien avait appartenu à la bourgeoisie d'Auxerre, on aurait fait des recherches. Mais pour ma fille, on a classé sans suite (...) Depuis ce jour-là, j'ai un sentiment de haine envers cette justice-là," a martelé Jean-Pierre Laville.


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Procès Fourniret: Jour 4

01 avril 2008

Fourniret face à une victime  (Compte rendu)*


La cour a commencé l'examen des dix affaires jugées par celle qui a mené à son arrestation.

Cet après-midi-là, Marie, la petite Burundaise, remonte la grand-rue déserte de son village belge de Ciney. La camionnette s'arrête à sa hauteur. Adresse griffonnée en main, le conducteur lui demande la direction d'un lieudit qu'elle connaît parfaitement. La méthode rituelle du tueur pour capturer ses futures victimes. Il a vraisemblablement repéré les lieux et les habitudes de la jeune fille. Il n'habite qu'à quelques kilomètres de là.

Tais-toi, sinon je te tue!*


Marie raconte et la salle d'audience est bouche bée. « Il m'a dit qu'il était enseignant, professeur de dessin. Le ton d'abord est très gentil. » Il la convie à l'accompagner. Elle hésite. « Ce n'est pas bien de ne pas faire confiance. Je suis un bon père de famille, tu sais. » Après tout, le lieudit n'est qu'à quelques centaines de mètres. Elle monte. Le C 15 démarre, dépasse l'endroit prévu. Elle s'inquiète. Le ton a totalement changé. Fourniret, calme, mais autoritaire, la contraint à s'asseoir à l'arrière du véhicule et il lui ligote les poignets avec des lacets de cuir.

« Je criais, je priais. Il m'a dit : tais-toi, sinon je te tue. » D'une main, il lui serre le cou. « Si tu me donnes du plaisir, tu rentreras chez toi. Il m'a dit cela avec un drôle de sourire. » Elle est affolée. « C'était comme dans un film. » Un film d'horreur. « Quand il a repris le volant, j'ai pensé que c'était fini pour moi. J'ai vu ma vie défiler. J'ai pensé à mes parents. »

Pourtant, ses liens, si serrés qu'elle en portera longtemps la trace, Marie réussit à les dénouer : « J'ai pu débloquer la porte arrière. Je me demandais : est-ce que je saute ? Et puis, à peine je me suis dit cela, il s'est arrêté à un stop. » La fuite à toutes jambes. Les voitures hélées. Une jeune femme s'arrête. Direction le commissariat et, nouveau miracle. Elles croisent le C15 blanc et notent l'immatriculation. Le soir-même, la police débarque chez Fourniret. Fin de seize ans d'impunité.

« Mademoiselle, lui dit, admiratif, Francis Nachbar, le procureur, vous avez été beaucoup plus forte que lui. Vous avez eu beaucoup de sang-froid. Vous avez sauvé la vie de beaucoup d'autres jeunes filles. Je vous félicite. » Dans son box, Fourniret joue toujours le muet. Aux questions, il répond invariablement : « À huis clos, je vous répondrai. » Mais ses courriers parlent pour lui. En 2005, à son jeune fils qui l'interroge sur le sort qu'il réservait à la jeune Burundaise, il répond, sadique et avec moult détails, sachant que sa lettre sera interceptée : il l'aurait mutilée, « avec une infinie jouissance ». Signé « Le père ».


Arracher les yeux et les membres avec une infinie jouissance!*


Dans une lettre envoyée à son fils Sélim en 2005, Michel Fourniret expliquera sans détours le sort qu'il réservait à Marie si elle n'avait pas fui. "Il est évident que je lui aurais arraché les yeux et les membres avec une infinie jouissance", écrit-il, selon ce document évoqué par M. Nachbar. A la barre, Jacques Fagnart le commissaire de police de Dinant (Belgique) et Bernard Claude, l'ex-procureur de la ville, ont témoigné du volet belge de l'enquête et des dénonciations de Monique Olivier obtenues en juin 2004 un an après l'arrestation de son mari. S'exprimant pour la première fois sur les faits, celle-ci a tenté de balayer l'argument du "pacte" criminel qui d'après l'accusation aurait uni les époux. Les lettres saisies chez eux qui faisaient allusion à l'aide promise à son mari dans sa quête de jeunes vierges n'étaient que "des paroles". "Ce n'était pas réalisable", selon elle.

Des faits sur lesquels Michel Fourniret a refusé de s'expliquer, continuant de monnayer sa participation aux débats contre un hypothétique procès sans public, ni journalistes. "A huis clos, je vous répondrai Monsieur", a-t-il ainsi répété une demi-douzaine de fois à l'avocat général Francis Nachbar.  Le principal accusé est resté impassible pendant le récit limpide de Marie, adolescente belge d'origine burundaise, venue raconter comment elle a réchappé à une mort certaine.

J'avais deux murs face à moi.


Jacques Fagnard, 53 ans, cheveux gris argenté a, quant à lui, l'allure débonnaire des commissaires à la Simenon. « Big moustache » est désormais l'un des plus célèbres policiers belges. Un an durant, il a traqué le tueur des Ardennes. Hier, il en a fait un récit hyperméticuleux, façon de venger, sans doute, la police fédérale des ratés de l'époque Dutroux. « J'avais en face de moi deux murs avec des façades différentes », dit-il : Monique Olivier, tête baissée, les cheveux dans les yeux, et Michel Fourniret, le raisonneur. Le maillon faible, c'était elle. Pendant un an, il accumule des faits. Il y a les écoutes, les analyses scientifiques du moindre indice, une interview sous hypnose, un passage au détecteur de mensonge. En juin 2004, enfin, Monique Olivier craque. Elle passe ses premiers aveux. Fagnard exulte.


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Procès Fourniret: 3ième jour

31 mars 2008

Fourniret présent sans contrainte à son procès mais refuse de parler!!*


Michel Fourniret s'est rendu sans contrainte lundi matin à l'audience de la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières où il est jugé depuis jeudi pour sept meurtres, après y avoir été amené de force vendredi alors qu'il voulait boycotter son procès. Michel Fourniret, qui aura 66 ans vendredi, est jugé pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes, précédés de viols ou tentatives, des crimes qu'il a reconnus, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2001.

Michel Fourniret a déclaré lundi au troisième jour du procès qu'il "confirmait (sa) position" de ne s'exprimer sur les faits reprochés qu'à condition d'un huis clos. "Ce week-end, la réflexion que j'ai menée m'a amené à confirmer ma position", a déclaré Michel Fourniret, qui était invité à s'exprimer sur le premier des dix dossiers pour lesquels il est jugé, celui de l'agression d'une adolescente belge de 13 ans en juin 2003 près de Namur (Belgique).

  • "Dans le cas d'un procès public, je ne parlerai que du bout des lèvres, il y a donc quantité d'informations que les familles seraient assurées de ne jamais avoir", a-t-il ajouté.
  • "Vous n'avez donc rien à dire sur ces faits du 26 juin 2003 ?", a de nouveau tenté le président de la cour, Gilles Latapie.
  • "Je brûle d'envie de les commenter mais je ne le peux pas", a rétorqué l'accusé qui comparaît au côté de sa femme Monique Olivier, poursuivie pour un des meurtres et pour complicité dans plusieurs autres.

L'automobiliste qui a sauvé Marie, raconte...*


Stéphanie Janton, l'automobiliste qui a pris en charge Marie enlevée le 26 juin 2003 à Ciney par Michel Fourniret, a retracé lundi matin devant la cour d'assises des Ardennes, cette journée qui a permis l'arrestation de Fourniret.
Marie, 13 ans, avait réussi à s'enfuir de la camionnette de Michel Fourniret où elle avait été entravée et s'est positionnée au milieu de la route. "A un carrefour, j'ai vu une jeune fille au milieu de la route qui faisait de grands signes", a dit Mme Janton qui, pensant à un accident, s'est arrêtée. "Elle m'a dit: 'Je viens d'être kidnappée à Ciney'", a-t-elle poursuivi, précisant que Marie était "apeurée, un peu perdue" et présentait des écorchures au poignet. L'automobiliste et Marie croiseront le véhicule de Fourniret qui avait fait demi-tour après la fuite de Marie. Le relevé du numéro de plaque permettra son interpellation.

Nouvelle victime: Une infirmière* !


Dans son document remis jeudi au président de la cour d'assises des Ardennes, Michel Fourniret avouait "une tentative d'homicide sur la personne d'un professionnel de la santé", évoquant ainsi l'enlèvement avorté d'une infirmière en 1994, sur le parking de l'hôpital de l'AZ-VUB à Jette, rapporte lundi le quotidien Le Soir.

Michel Fourniret précise ne jamais avoir été entendu sur cette tentative d'homicide. Cette affaire mise à l'instruction à Dinant du chef de "tentative d'enlèvement", n'avait à ce jour, jamais débouché sur une inculpation, malgré des aveux de Monique Olivier. L'aveu écrit de Fourniret ravive ce dossier, commente Le Soir. "Le juge d'instruction Hanin sera avisé dès ce lundi des propos de M. Fourniret, dont nous n'avons pas encore reçu la signification officielle de la part des autorités judiciaires françaises", a précisé le premier substitut Philippe Morandini, en charge du dossier. "Il est évident que si M. Fourniret apporte des éléments nouveaux à un dossier jusqu'ici qualifié de tentative d'enlèvement, et non d'assassinat, il devra être interrogé sur ses affirmations et encourir, s'il échet, une inculpation dont il devra répondre devant les institutions belges", poursuit Philippe Morandini.


Les lettres remises au juge*.


Si cela vous intéresse, vous pouvez télécharger les lettres que Fourniret à remis au Juge au premier jour de son procès en cliquant sur le lien ci-dessous:




Les victimes de Fourniret*.


  • Isabelle Laville, 17 ans, disparue le 11 décembre 1987 à son retour de l'école à Auxerre. A l'époque Fourniret vient de s'installer avec Monique Olivier à Saint-Cyr-les-Colons (Yonne). Des restes du corps et des effets personnels sont retrouvés au fond d'un puits à Bussy-en-Othe (Yonne) en juillet 2006.
  • Fabienne Leroy, 20 ans, disparue le 3 août 1988 dans la Marne. Son corps ensanglanté est découvert le lendemain à proximité du camp militaire de Mourmelon-le-Grand. Après le viol, elle a été tuée d'une balle tirée à bout portant en pleine poitrine.
  • Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, disparue le 18 mars 1989 à la gare de Charleville-Mézières. Son corps est retrouvé le 3 juillet 2004 au château du Sautou à Donchéry (Ardennes), ex-propriété des époux Fourniret. Monique Olivier est poursuivie comme coauteur du meurtre qui a été précédé d'une tentative de viol.
  • Elisabeth Brichet, adolescente belge de 12 ans, enlevée le 20 décembre 1989 près de Namur. Son corps est retrouvé au château du Sautou le 3 juillet 2004, là encore sur les indications de Michel Fourniret après les dénonciations de son épouse.
  • Natacha Danais, 13 ans, enlevée sur un parking d'hypermarché à Rezé (Loire-Atlantique) le 21 novembre 1990. Le corps est retrouvé trois jours plus tard sur une plage de Vendée.
  • Céline Saison, 18 ans, disparue le 16 mai 2000 après une épreuve de baccalauréat blanc à Charleville-Mézières. Son corps est retrouvé le 22 juillet 2000 dans un bois de Sugny en Belgique.
  • Mananya Thumpong, 13 ans, enlevée le 5 mai 2001 à sa sortie de la médiathèque de Sedan (Ardennes). Le corps est retrouvé le 1er mars 2002 à Nollevaux (Belgique). Comme pour l'assassinat de Céline Saison, aucune complicité n'est reprochée à Monique Olivier.

LES AUTRES DOSSIERS JUGES


  • Joëlle Parfondry, victime d'une tentative de viol et d'un vol avec arme dans son salon de toilettage pour chiens près de Namur le 19 janvier 1995.
  • Sandra, 14 ans, victime d'une tentative d'enlèvement à la gare de Gedinne (Belgique) le 12 février 2000.
  • Marie, 13 ans, enlevée le 26 juin 2003 à Ciney (Belgique). Après avoir été violentée, l'adolescente parvient à s'échapper, conduisant à l'arrestation de Fourniret.

LES ENQUETES ENCORE EN COURS


  • En Belgique, Michel Fourniret est inculpé pour le meurtre d'une jeune fille au pair disparue en 1992. Monique Olivier l'a accusé de ce meurtre qu'il nie.
  • En France, Michel Fourniret a avoué le meurtre en 1988 de Farida Hamiche, compagne d'un ancien codétenu, pour lui voler son or, issu du butin du célèbre "gang des postiches".
  • A Charleville-Mézières il est mis en examen le 11 mars pour deux assassinats perpétrés près d'Auxerre : ceux de Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 et dont le corps n'a jamais été retrouvé, et de Joanna Parrish, une assistante d'anglais de 20 ans retrouvée violée et étranglée le 17 mai 1990.
Ces crimes, que Fourniret nie, sont les derniers de la liste dressée par Monique Olivier lorsqu'elle dénonce son mari en plusieurs étapes entre juin 2004 et juin 2005.


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Procès: 2ième jour

29 mars 2008

Pitre grotesque fermement rappelé à la raison*.


Michel Fourniret a été fermement rappelé à la raison vendredi au deuxième jour de son procès devant la cour d'assises des Ardennes, les magistrats le sommant d'arrêter ses "pitreries grotesques" et de "revenir à la réalité" en acceptant de s'exprimer. En début d'audience, l'avocat général Francis Nachbar a réagi vigoureusement au refus de l'accusé de comparaître spontanément, qui a obligé le président de la cour Gilles Latapie à faire "amener de force" l'accusé, comme la loi l'y autorise. "Vous ne manipulerez plus personne! (...) Tous les jours M. Fourniret vous serez au procès, on vous amènera de force", a mis en garde M. Nachbar en fixant l'accusé, jugé pour sept meurtres aggravés de jeunes femmes ou adolescentes. Ce dernier est resté sans réaction, les bras croisés sur son siège.

"Arrêtez cette indécence insupportable, ces grossièretés, arrêtez une fois pour toutes ces pitreries grotesques!", a ajouté l'avocat général d'une voix forte.


Dans l'après-midi, après la longue lecture de l'acte d'accusation d'une centaine de pages, le président a plus calmement demandé à l'accusé - qui répétait son souhait de huis clos - de "revenir au principe de réalité", et de s'exprimer sur les crimes que la justice lui reproche. "Nous sommes là pour un certain nombre de semaines avec des faits à examiner, examinons-les et permettez à vos avocats de faire leur travail (...) On n'est pas à la Star Academy ou dans n'importe quelle émission de télévision", a affirmé Gilles Latapie.


Monique Olivier*:


Monique Olivier ne semble pas mécontente que son mari se soit pris un savon, lui qui la qualifie de « paumée romanesque » dans les sept pages manuscrites à l'attention des familles. Un insupportable verbiage pseudo-littéraire dans lequel il se décrit dépourvu d'humanité. Effectivement, la greffière qui poursuit l'interminable lecture de l'ordonnance de renvoi fournit des éléments de personnalité attestant de sa dangerosité : « incurable, irrécupérable, cynique, sans empathie », il est un « pervers sadique à l'ego surdimensionné ». Fourniret semble s'ennuyer. Son épouse fait le gros dos et cherche vainement un ancrage visuel.

S'adressant à Monique Olivier, jugée pour complicité, M. Latapie a obtenu une franche promesse de coopération. "Je serai là tous les jours et ferai mon possible pour répondre aux questions", a-t-elle assuré. Relativement inexpressive depuis le début des débats, l'ancienne garde malade, troisième épouse de Fourniret, a levé plusieurs fois les yeux au ciel ou fait non de la tête lorsqu'était évoqué dans l'acte d'accusation son profil de "perverse", qui aurait "éprouvé une sorte de fierté à être la complice". Jeudi, un de ses avocats avait affirmé qu'elle profiterait du procès -prévu jusqu'à fin mai- pour "demander pardon" aux familles de victimes.

« têtue et capricieuse », selon son père, elle est quasiment surdouée (QI de 131) d'après un expert, tandis qu'un autre l'estime « faible, incapable de prendre des décisions ». Un énième collège la décrit « insensible à la douleur d'autrui » et « perverse ». Monique Olivier n'est pas soumise à Michel Fourniret, « chacun a eu besoin de l'autre pour faire valoir ses fantasmes », « l'un et l'autre étaient tour à tour instrument et instrumentiste ».

Garder la vedette


A 16 h 50, alors que les familles semblent à bout de forces, l'audience reprend et le président Latapie donne la parole à Fourniret. Piège habile dans lequel l'autre tombe, tant il désire garder la vedette. Il toussote, hésite, se dit « embarrassé », il avait décidé de boycotter le procès, mais opte finalement pour un petit chantage : « Si certaines affaires font l'objet d'une demande de huis clos des parties civiles, je suis en mesure de leur assurer ma participation. Les autres, je ne peux pas m'engager », annonce-t-il, torse bombé tel un coq de basse-cour. Le magistrat lui confirme que ce serait son intérêt. Fourniret, pensif, lève une seconde les yeux au plafond : « Nous sommes vendredi ?… » Magnanime et terriblement malin, Gilles Latapie opine : « Voilà, vous réfléchissez… Bon week-end, Monsieur Fourniret ! »


Le micro aux familles*.


Dans un geste peu habituel, M. Latapie a proposé le micro aux familles, très solidaires, en pleine audience vendredi, juste avant de mettre fin aux débats qui reprendront lundi. "Les versions de Michel Fourniret et Monique Olivier sont souvent différentes, les familles attendent que les deux accusés participent au débat sans huis clos", a souligné leur porte-parole pour l'occasion, Valérie Leroy, soeur d'une jeune femme de 20 ans tuée en août 1988 dans la Marne. Devant des journalistes, les proches des victimes ont ensuite indiqué avoir passé entre eux un pacte symbolique "de solidarité", en réponse au pacte criminel qui selon l'accusation aurait lié les époux Fourniret. D'après ce pacte, révélé par des lettres saisies à un domicile du couple, Michel Fourniret s'était engagé à sa sortie de prison en 1987 à tuer le premier mari de Monique Olivier, à condition qu'elle l'aide à assouvir son fantasme de relations sexuelles avec des jeunes vierges.

Lundi début de l'examen cas par cas des crimes reprochés à Fourniret*.


Les neuf jurés et les trois magistrats professionnels qui le jugent pour sept homicides de jeunes filles précédés de viols ou tentatives - au côté de son épouse et complice présumée Monique Olivier - vont d'abord se pencher sur l'un des trois autres dossiers ne s'étant pas soldés par un décès. Il s'agit de l'agression sexuelle, en juin 2003 près de Namur (Belgique), d'une adolescente belge de 13 ans. Marie avait réussi à s'échapper de la camionnette où elle était séquestrée, permettant l'arrestation de Michel Fourniret par la police belge, grâce au relevé du numéro d'immatriculation. Ses défenseurs demanderont lundi que Marie puisse être entendue à huis clos par la cour, même s'il n'est pas question de priver public et journalistes de l'ensemble de l'examen du dossier prévu sur deux jours, a assuré l'un d'eux à l'AFP, Me Isabelle de Moffarts. "On n'a pas envie de faire le jeu de Monsieur Fourniret", a souligné l'avocate, alors que ce dernier, amené de force à l'audience vendredi, n'a cessé pendant deux jours de réclamer le huis clos, faute de quoi il resterait "bouche cousue". L'ancien dessinateur industriel, qui aura 66 ans le 4 avril, a reconnu les sept homicides, mais pas l'ensemble des faits reprochés. Outre le huis clos, il a posé comme préalable à sa "participation positive" aux débats la correction d'un acte d'accusation "imparfait", où "des erreurs se sont glissées". Des exigences évidemment impossibles à satisfaire. Le président de la cour Gilles Latapie a insisté sur "le principe fondamental de la publicité des débats" aux assises. Finalement, après avoir pris encore une demi-heure vendredi après-midi pour dire qu'il voulait se taire, Michel Fourniret s'est engagé à réfléchir à la question pendant le week-end.

De leur côté les familles des victimes ont exprimé clairement leur refus du huis clos.


"Ce que nos enfants ont subi, tout le monde doit le savoir", a estimé Jean-Pierre Laville, père d'Isabelle, disparue dans l'Yonne en 1987 et dont le corps avait été retrouvé au fond d'un puits en 2006. Les familles ont accepté de livrer leur sentiment aux médias à l'issue de deux journées où elles ont été très ébranlées par la lecture d'un acte d'accusation détaillant les viols et les meurtres commis entre 1987 et 2003. Entre son refus d'être extrait de prison pour comparaître - ce qui lui a valu de se faire tancer tel un gamin immature par l'avocat général Francis Nachbar -, et la diffusion d'un manuscrit où il se décrit comme "dénué de tout sentiment humain", Michel Fourniret n'a pas été avare en coups d'éclat. Dans ce texte, remis au président qui l'a ensuite transmis aux avocats des différentes parties, il mentionne en vrac, de manière confuse, son désir d'un tête-à-tête avec les familles des victimes ou son souhait de se passer de ses avocats. "C'est un document par lequel cet homme qui n'aime que lui se plaint et pleure sur lui-même une fois encore, c'est pitoyable", a réagi Me Thierry Moser, qui défend notamment la famille de Fabienne Leroy, tuée dans la Marne en août 1988.

La cour examinera la Citroën C25 mardi*.


la cour d'assises des Ardennes se déplacera mardi 1er avril sur un parking de Charleville-Mézières pour examiner la camionnette dans laquelle une adolescente belge de 13 ans a été séquestrée et violée en 2003. Il s'agit de l'agression sexuelle, en juin 2003 près de Namur (Belgique), de Marie, 13 ans, qui avait réussi à s'échapper de la Citroën C25 où elle était séquestrée, permettant l'arrestation de Michel Fourniret par la police belge.
Afin d'examiner le véhicule, et les conditions dans lesquelles Marie avait été retenue à l'intérieur avant de fuir à un stop, la cour d'assises a décidé "ce transport mardi matin (...) sur le parking du palais de justice", a-t-il été simplement dit en fin d'audience vendredi.

Une décision de la cour


Interrogé samedi par l'AFP le magistrat chargé des relations avec la presse au procès, Christophe Aubertin, n'était pas en mesure de préciser si ce transport aurait lieu à huis clos ou publiquement. Aucune complicité n'est reprochée à Monique Olivier dans cette affaire.
Sur le plan juridique, l'opération de transport n'est qu'une simple poursuite des débats de l'audience à l'extérieur des murs du tribunal. L'interdiction d'enregistrement de son ou d'image s'applique ainsi de la même manière.
Ce transport est "une décision prise par la cour, pas une demande expresse de la famille" de Marie, a souligné un de ses avocats à l'AFP, Réginald de Béco.
A ce procès ouvert jeudi et prévu pour deux mois, Michel Fourniret est accusé de sept homicides de jeunes filles précédés de viols ou tentatives, et son épouse Monique Olivier d'être coauteur d'un des meurtres et de complicité dans plusieurs autres.

Le procès Fourniret c'est aussi ça*:


Guéguerre entre RTBF et RTL au procès Fourniret !!

A la suite d'un différend opposant la radio-télévision publique à la chaîne de télévision privée RTL-TVi dans le cadre du procès Fourniret, l'Association des Journalistes Professionnels (AJP) rappelle vendredi soir, dans un communiqué, la nécessité de créer en Communauté française de Belgique un Conseil de Déontologie Journalistique. L'AJP confirme en outre avoir été saisie officiellement par la RTBF à ce propos.

La chaîne publique RTBF a en effet saisi l'AJP à propos de "pratiques de RTL-TVI qui déstabilisent profondément les relations entre médias audiovisuels de la Communauté française et sont de nature à menacer le bon fonctionnement de la presse dans un pays démocratique". La chaîne privée RTL-TVi s'est également adressée à l'union professionnelle, affirmant que "les reproches de la RTBF sont infondés" et que "RTL est prête à aller plus avant dans ce débat au sein de l'AJP".

Témoin "réquisitionné"


Le différend concerne une exclusivité temporaire des déclarations en direct dont RTL-TVI s'est temporairement assuré auprès d'un témoin dans le procès Fourniret. La chaîne RTL TVi n'aurait en effet pas respecté la Charte de Munich qui revendique le libre accès à toutes les sources d'information et l'utilisation de méthodes loyales pour obtenir des informations. La chaîne publique reproche à la chaîne commerciale d'avoir "réquisitionné", moyennant rétribution sous forme du paiement du déplacement et de l'hébergement, la première victime de Michel Fourniret, Dahina Le Guennan. L'arrangement passé entre celle-ci et la chaîne privée interdit à ce témoin de s'exprimer, entre le 25 et le 27 mars, sur une autre chaîne de télévision de la Communauté française.

L'AJP assure donner suite aux sollicitations dans les meilleurs délais, tout en rappelant "l'urgence qu'il y a à constituer en Communauté française de Belgique le Conseil de Déontologie Journalistique en cours d'élaboration depuis plusieurs années avec l'ensemble des acteurs concernés". (belga)


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* Sources: BELGA - AFP - NouvelObs - France Soir - 7sur7 - RTBF - RTL TVI - OUEST FRANCE - Europe 1 - France Info - Le Monde

Je suis dénué de tout sentiment humain

28 mars 2008

Muet pendant toute l'audience, le tueur en série présumé se décrit comme "un être mauvais et dénué de tout sentiment humain", dans le document qu'il a transmis à la cour d'assises des Ardennes.


Le cirque a commencé!!! La bête essaye de manipuler le procès. Il veut attirer l'attention. Il veut tourner en dérision le malheur des familles des victimes. Il joue son égocentrique. Même maintenant, au moment où les familles des victimes risque d'être à nouveau victimisées, cet être n'a aucun respect! Si tout individu à droit à un procès équitable, permettez moi de dire que les fillettes qui sont passées entre les mains de cette chose ignoble n'en n'ont pas eu, elles!!! (Enfants Kidnappés)

Muet pendant toute l'audience, le tueur en série présumé s'est décrit comme "un être mauvais et dénué de tout sentiment humain" dans le document qu'il a transmis à la cour d'assises des Ardennes et dont l'AFP s'est procuré une copie. Le document est destiné selon son auteur à justifier son souhait de garder le silence à son procès, qui s'est ouvert à Charleville-Mezières, ce jeudi 27 mars.

A l'ouverture de l'audience, Michel Fourniret avait refusé de décliner son identité et laissé entendre qu'il ne s'exprimerait pas, faute de huis clos.
"Sans huis clos, bouche cousue": Michel Fourniret, barbe grisonnante et pull bleu électrique, avait brandi un petit mot manuscrit préparé à l'avance dès la première question du président de la cour d'assises des Ardennes, Gilles Latapie.
"Vous jouez avec mon dernier contrôle ophtalmo", avait ironisé celui-ci, laissant entendre qu'il avait du mal voir le mot, avant de lire à haute voix la phrase de l'accusé à l'attention de la salle.
Michel Fourniret avait en outre refusé de s'exposer aux flashes des photographes autorisés à une courte séance de prises de vue en début d'audience.
Vers 10h30, il s'était assis dans le box, face aux proches des victimes serrés sur les bancs des parties civiles.

Rouleau de papier entouré d'un ruban


Debout, les bras croisés, Michel Fourniret n'avait d'abord répondu aux questions du président que par des mouvements de tête, avant de prendre la parole en lui faisant transmettre un rouleau de papier entouré d'un ruban.
"Il s'agit d'un exposé que j'avais l'intention de lire pour expliquer les raisons de ma décision de boycott du procès", avait-il déclaré. "En l'absence de huis clos, je vous demande de bien vouloir le lire aux familles des victimes".
"C'est très joliment fait", avait dit le président en prenant en main le document. "J'en prendrai connaissance et il sera versé au débat".
Plus grave et solennel en tout début d'audience, Gilles Latapie avait assuré que "la cour s'inclinait avec respect et émotion devant les victimes et leurs familles". "Il serait déplacé de dire autre chose".

"Elle veut s'excuser"


Lorsque ses questions ont visé Monique Olivier, celle-ci a accepté d'une voix claire d'y répondre. Née en 1948 à Tours, "j'étais garde-malade, c'était pas une profession mais de l'aide familiale".
Michel Fourniret, qui aura 66 ans au cours de ce procès prévu jusqu'à fin mai, est jugé pour sept homicides commis entre 1987 et 2001 sur des jeunes femmes ou adolescentes, en France et en Belgique, des crimes qu'il a reconnus.
Monique Olivier, 59 ans, est accusée aussi d'un des meurtres et de complicité dans plusieurs autres dossiers. Elle encourt comme lui la réclusion criminelle à perpétuité.
"Elle s'est rendu compte des gestes qu'elle avait commis et elle veut s'excuser, demander pardon", a affirmé devant des journalistes un de ses avocats, Me Jacques Deslandes, assurant que Monique Olivier serait présente à chaque audience.

Rapt manqué, près de Namur


L'odyssée criminelle des deux époux s'était terminée en juin 2003 avec le rapt manqué, près de Namur, de Marie (prénom modifié à la demande de la famille), 13 ans, qui s'était enfui à un stop. Le relevé d'un numéro d'immatriculation avait permis à la police belge d'arrêter Michel Fourniret.
Outre les sept homicides (Isabelle Laville, Fabienne Leroy, Jeanne-Marie Desramault, Elisabeth Brichet, Natacha Danais, Céline Saison et Mananya Thumpong), Michel Fourniret est aussi jugé pour une tentative de viol, un enlèvement manqué et pour l'agression sexuelle de Marie.
Alors que Michel Fourniret a été mis en examen ce mois-ci dans deux autres dossiers de meurtres en France, la justice belge a relancé son enquête sur la disparition en 2003 près de Paris de la petite Estelle Mouzin en examinant à nouveau l'alibi du tueur en série présumé, a rapporté jeudi le journal belge Le Soir.
En France, Michel Fourniret encourt la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de trente ans, Monique Olivier la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. (NouvelObs)


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Cédric Visart de Bocarmé fut procureur du Roi à Namur. C'est sous sa responsabilité que fut menée l'enquête sur la disparition d'Elisabeth Brichet. Aujourd'hui débute le procès du meurtrier de la petite fille. Un procès dont celui qui est devenu procureur général de Liège attend beaucoup. Il était l'invité de Bel RTL, ce matin.

"C'est le moment le plus important de tout le dossier" commence le procureur. "La touche finale" poursuit-il. "C'est maintenant qu'on va remettre ensemble toutes les pièces du puzzle et découvrir quelle est l'ampleur des faits" explique un homme qui espère "en apprendre beaucoup plus". C'est que de nombreuses enquêtes sont toujours en cours et de nouvelles révélations à Charleville-Mézières pourraient les accélérer.

Me de Bocarmé est revenu sur l'irruption de Fourniret dans l'enquête sur la disparition d'Elisabeth: "Pour moi, ça a été une surprise. On ne s'y attendait pas du tout, même si les enquêteurs travaillaient depuis quelques mois sur le cas Fourniret. mais nous avions d'autres auteurs potentiels. Cela a quand même été une surprise. Après 15 ans, on était un peu désespéré de ne pas avancer...".

Au moment de l'arrestation, les débats furent intenses sur les raisons d'une aussi longue "tranquillité" de Fourniret qui put assassiner tant de jeunes filles sans être inquiété par la justice, alors qu'il avait déjà été emprisonné pour viol dans le passé. S'il reconnait à Fourniret un "art consommé de se fondre dans la population", le procureur considère toujours comme inimaginable l'effacement du casier judiciaire de Fourniret et le manque de connexion entres les justices des pays voisins. Aujourd'hui, toutefois, il souligne la création d'une banque de données internationales qui permettra d'obtenir les antécédents d'un suspect dans plusieurs pays. (RTL Info)

Jour j-1

26 mars 2008

Fourniret présent au 1er jour du procès.


"Il sera là au début du procès" qui doit durer deux mois, a déclaré à l'AFP Me Pierre Blocquaux, un des trois avocats français commis d'office pour assurer la défense de Michel Fourniret, qui s'est entretenu mardi avec son client. "De toute façon, le président de la cour d'assises tient de l'article 320 du code de procédure pénale le pouvoir de le contraindre à comparaître", a ajouté l'avocat qui a dit "ne pas savoir" si son client serait présent à l'ensemble des audiences.



Interview de l'un des trois avocats français commis d'office.


Qu'attend Michel Fourniret de son procès ?

Il n'attend rien. Je ne dis pas qu'il va attendre que ça se passe, mais en ce qui concerne la peine encourue, il ne pense pas qu'il y aura de surprise. En tout cas la dernière fois que je l'ai vu, il y a dix jours, il était dans cet état d'esprit.

Va-t-il s'exprimer ?

Oui, car même s'il dit qu'il ne veut pas venir, c'est quand même une tribune pour lui. Il va faire une déclaration liminaire, dans laquelle il va probablement récapituler tout ce qui ne lui a pas plu dans la procédure, tout ce qui, selon lui, n'est pas vrai dans l'ordonnance de renvoi. Pour le reste, il va probablement s'adresser aux familles des victimes pour leur dire qu'il aurait souhaité les rencontrer et rappeler qu'il aurait souhaité que ce procès se fasse à huis clos.

A quelle attitude peut-on s'attendre de sa part vis-à-vis de sa femme, Monique Olivier ?

Son sort, semble-t-il, le soucie. Il va continuer à affirmer que c'est lui le coupable, et qu'elle n'a fait qu'éventuellement l'assister. Il n'a, en tout cas, aucune intention de se décharger sur elle. (Le Figaro/AFP)


Arrivée des proches des victimes de Fourniret.


C'est un procès qu'ils attendent depuis longtemps. Mais ce sera également un moment difficile à vivre. Les proches des victimes de Fourniret sont arrivés ce mercredi après-midi à Charleville-Mézières, en France. Meurtris au plus profond de leurs âmes, tous réclament que justice soit faite. A 84 ans, le papa de Jeanne-Marie Desramault est catégorique: "Il mérite la peine de mort. Un point c'est tout." 

Accueillis par les autorités judiciaires, les familles des victimes ont eu l'occasion de se familiariser avec la cour d'assises où seront jugés, dès ce jeudi et pendant neuf semaines, le tueur en série présumé et son épouse Monique Olivier. La justice française tient en effet à ce que les victimes de l''ogre des Ardennes' ne se sentent pas seules pendant le procès.

Les victimes belges


Parmi les victimes belges, Francis Brichet, père d'Elisabeth Brichet enlevée et tuée en décembre 1989,Joëlle Parfondry, agressée le 19 janvier 1995 dans son salon de toilettage pour chien à Jambes, ainsi que le père de "Marie", dont l'enlèvement manqué à Ciney a permis l'arrestation de Fourniret le 26 juin 2003, étaient présents ce mercredi.

Portrait des victimes belges

La mère d'Elisabeth Brichet, Marie-Noëlle Bouzet, ne gagnera Charleville-Mézières que jeudi. Sandra Noirot, victime d'une tentative d'enlèvement à la gare de Gedinne le 12 février 2000, n'était pas présente ce mercredi.

Rappel du dossier "Elisabeth Brichet"

"J'attends la fin du procès. Je sais déjà à la lecture du dossier comment cela s'est passé pour ma fille", a déclaré ce mercredi Francis Brichet, un peu désorienté, à son arrivée au Palais de justice. Il a répété qu'il attendait une condamnation à la perpétuité de Michel Fourniret, avec une peine de sûreté de 30 ans. Il a confirmé qu'il lira un texte pendant le procès.

La confrontation avec Fourniret, une inquiétude pour les victimes


"Les familles sont inquiètes en vue de la confrontation avec Michel Fourniret mais tout est fait pour les rassurer et dédramatiser", a indiqué Me Gérard Chemla, qui défend les familles de deux victimes françaises ainsi que Joëlle Parfondry, violemment agressée par Michel Fourniret alors qu'elle avait 20 ans.

"Ce face-à-face avec Michel Fourniret est à la fois attendu et craint par les familles", a-t-il précisé.

"Elle est très traumatisée par cette affaire qui a gâché sa vie"

"Pour Joëlle Parfondry, c'est une grande épreuve d'être confrontée à Michel Fourniret. Elle sera sans doute là jeudi pour être en face de lui. Il est important qu'elle soit confrontée à Michel Fourniret. C'est une survivante", a-t-il dit. "Elle est très traumatisée par cette affaire qui a gâché sa vie", a-t-il conclu.

"Les victimes ne seront pas seules. Nous les assisterons pendant le procès. Nous tenons à les protéger. Elles auront un local protégé où elles pourront se recueillir, converser avec leurs avocats, voir des psychologues", explique Christophe Aubertin, substitut au parquet général de Reims.

L'objectif de la réunion d'information était surtout l'occasion d'expliquer la logistique du procès, a souligné Me Isabelle de Moffarts, avocate de "Marie", qui avait réussi à échapper aux griffes de Fourniret en profitant d'un arrêt à un stop pour fuir de la camionnette de son ravisseur.

"Il y a eu un effort réel pour accueillir les parties civiles. Nous avons apprécié qu'une aile du palais de justice leur soit réservée pendant le procès", a dit Me de Moffarts à l'issue de cette après-midi pour les victimes. (RTL Info)


Fourniret : son parcours



Michel Fourniret est né le 4 avril 1942 dans un milieu ouvrier à Sedan. Ancien ouvrier devenu dessinateur industriel entre 1976 et 1984, il a effectué un service militaire en Algérie. Il est père de cinq enfants issus de trois mariages. Le dernier, Sélim est né en 1988 de son union avec Monique Olivier, aujourd'hui assise à ses côtés sur le banc des accusés à Charleville-Mézières.

Les premiers démêlés de Michel Fourniret avec la justice remontent à 1966, date à laquelle il est incarcéré pour la première fois pour abus sexuels sur mineurs. Une condamnation qui mettra fin à son premier mariage. Il est à nouveau arrêté en 1984 pour agression sexuelles commises sur quinze jeunes filles. Il écope alors de sept ans de prison dont deux avec sursis. C'est lors de cette incarcération que Michel Fourniret rencontre Monique Olivier par une petite annonce. Une longue correspondance commence dans laquelle Michel Fourniret livre ses fantasmes et explique son obsession de la virginité.

Tous les deux finissent par conclure un "pacte" : lui s'engage à éliminer l'ancien compagnon de Monique Olivier qui dit avoir été battue, en échange elle lui promet de l'aide pour sa "chasse" aux vierges. A sa sortie de prison en 1987, Michel Fourniret et Monique Olivier se marient. S'ensuit le parcours criminel présumé pour lequel ils comparaissent devant les assises des Ardennes (M6)



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Procès Fourniret du 27 mars 2008

25 mars 2008

Avertissement.


Nous avons longuement hésité avant de faire un dossier consacré à cet individu. Nous ne voulions pas lui faire de la publicité et il ne mérite sûrement pas de faire les titres de l'actualité. Nous avons d'autant plus hésité que, si l'on se rapporte à un autre monstre du genre, Marc Dutroux, la publicité faite lui a apporté une certaine notoriété au point que (NDLR: Authentique) des femmes, mère de famille, lui envoient des lettres de soutien dans lesquelles elles précisent être "amoureuses" de lui et en admirations devant ses actes! SCANDALEUX!!!  Nous ne voulions pas de ça pour Fourniret. Malheureusement, l'infamie s'étant installé, le procès fera la manchette de nombreux médias et nous avons, finalement, pensé que consacrer un dossier complet permettrait de mieux cerner comment fonctionne ce genre de monstre et comment mieux s'en protéger. Ainsi tout au long de ce procès, nous publierons des articles sur les évènements important du dossier. Nous nous appuierons sur des articles de la presse française et belge, en plus de notre expérience, afin de vous donner un aperçu le plus large possible.

Michel Fourniret et son épouse jeudi sur le banc des accusés.


Le procès d'un des pires tueurs en série présumé de ces dernières décennies s'ouvre jeudi devant les assises des Ardennes. Michel Fourniret devra répondre pendant deux mois de sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes, de viols et de tentatives de viols, commis entre 1987 et 2003 en France et en Belgique. Monique Olivier, la femme de Michel Fourniret, est également accusée.

Sur le banc des accusés de la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières à partir de jeudi, Michel Fourniret, le tueur en série présumé, ne sera pas seul. Sa femme, Monique Olivier, se trouvera à ses côtés. Entre les deux, les enquêteurs ont mis en évidence "une sorte de pacte" criminel créé en 1987 alors que Michel Fourniret était déjà détenu pour des agressions sexuelles. A l'occasion de ce procès, Michel Fourniret devra répondre de sept meurtres commis en France et en Belgique.

Parmi les victimes : Isabelle Laville, 17 ans. Elle disparaît le 11 décembre 1987 à Auxerre. Son corps ne sera retrouvé que 19 ans plus tard au fond d'un puits. En août 1988, quelques mois après la disparition d'Isabelle Laville, Fabienne Leroy, 20 ans est retrouvée morte sur un terrain de manoeuvres militaires. Elle aussi a croisé la route du tueur en série. 
D'autres jeunes femmes connaîtront le même sort funeste : Jeanne-Marie Desramault, 22 ans, la petite Elisabeth Brichet, 12 ans, Natacha Danais une fillette de 13 ans dont le corps poignardé est découvert sur une plage de Vendée. A ce moment, la mortelle randonnée semble s'arrêter durant une dizaine d'années puisque c'est en 2000 que Michel Fourniret récidive en ôtant la vie à Céline Saison 18 ans puis en 2001 en tuant également Mananya Thumpong, une enfant de 12 ans. Des crimes accompagnés à chaque fois de viols ou de tentatives de viol.

Prévu pour durer deux mois, ce procès devrait être l'occasion de déterminer le rôle de chacun des deux époux. Selon les termes du "pacte" criminel, Monique Olivier aurait accepté d'aider Michel Fourniret, son futur mari rencontré par le biais d'une petite annonce, à "chasser" des jeunes filles vierges si lui s'engageait en retour à tuer son premier mari. Décrite par les policiers belges comme le "maillon faible", Monique Olivier est accusée d'un meurtre et de complicité dans au moins quatre autres crimes.

A chaque fois, le même modus operandi:


Michel Fourniret repère une jeune fille qu'il aborde en voiture, lui demande de monter dans le véhicule pour l'aider à retrouver son chemin et la conduit vers un lieu isolé. A plusieurs reprises, la présence de Monique Olivier dans la voiture aurait permis de mettre en confiance les futures victimes. Une fois, elle serait allée jusqu'à l'aider en étouffant une jeune fille.

Si ce procès a lieu, c'est en partie grâce à une petite Belge de 13 ans qui a réussi à échapper à Michel Fourniret qui l'avait enlevée en juin 2003 près de Namur. A cette adolescente, le tueur en série présumé, âgé de 66 ans, aurait dit : "je suis pire que Dutroux". Agée aujourd'hui de 17 ans, elle sera présente pour ce procès mais témoignera à huis clos. Michel Fourniret comme Monique Olivier encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
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La petite Marie s'échappe de son bourreau et met fin à ses activités criminelles.



S'il n'y avait eu la petite Marie Ascension, Michel Fourniret aurait très certainement avec l'aide de son épouse, Monique Olivier, fait d'autres victimes, lui qui sans cesse, poursuivait chaque année, sa chasse aux jeunes filles vierges. 

Le 26 juin 2003, Marie Ascension qui à l'époque, est âgée de 13 ans, est enlevée à Ciney. Dans la camionnette qui l'embarque, elle est violentée et ligotée par un homme qui lui dit "je suis pire que Dutroux".

Pourtant la fillette parviendra à se défaire de ses liens et s'échapper de la camionnette à la faveur d'un marais. Marie Ascension est alors prise en charge par une automobiliste et sur la route, reconnaît la camionnette. Grâce à la plaque d'immatriculation, Fourniret sera arrêté le jour même.

A ce moment-là, en Belgique, on ignore tout de Fourniret. Son passé judiciaire dont le casier n'a pas été communiqué aux autorités belges et surtout l'ensemble des crimes pour lesquels, il va aujourd'hui être jugé. C'est au lendemain du prononcé de l'arrêt de l'affaire Dutroux, que Monique Olivier, son épouse, interrogée par la police belge, révèle l'horreur et accuse son mari de meurtres de 7 jeunes femmes ou adolescentes. Détenu alors à Dinant, Michel Fourniret avoue. 
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Le dossier judiciaire de Fourniret:


  • 1967: Fourniret, 25 ans, est condamné à 8 mois d'emprisonnement avec sursis pour l'agression d'une fillette dans les Ardennes.

  • mars 1984: Fourniret est arrêté après 11 agressions de jeunes femmes depuis septembre 1982.

  • 26 juin 1987: la cour d'assises de l'Essonne le condamne à 7 ans d'emprisonnement, dont 2 avec sursis. Il sera libéré quelques mois plus tard.

  • 26 juin 2003: à 61 ans, il est arrêté en Belgique après l'enlèvement à Ciney de Marie-Ascension, 13 ans, qui parviendra à lui échapper.

  • 30 juin 2004: Fourniret avoue les meurtres de six jeunes filles en France et en Belgique entre 1987 et 2001, d'un automobiliste abattu sur une aire d'autoroute en Bourgogne et de la compagne d'un ancien codétenu, Farida Hellegouarch.
La justice belge lui impute aussi la mort d'une jeune fille en 1993 alors que Monique Olivier, sa troisième épouse, l'accuse de neuf assassinats. Elle est écrouée pour complicité.

  • 16 juil 2004: il avoue la tentative de viol d'une adulte en 1995, près de Namur (Belgique).

  • 1er mars 2005: sa femme l'accuse de trois nouveaux meurtres en Belgique, trois baby-sitters qu'elle dit avoir recrutées entre juillet 1992 et janvier 1997 en sachant qu'il les tuerait. Les accusations de l'épouse portent donc sur douze meurtres.

  • 9 jan 2006: Fourniret est extradé vers la France, un mois après sa femme.

  • 29 mai 2006: il est renvoyé devant la cour d'assise des Ardennes et doit répondre, à partir du 27 mars 2008, de la mort de 7 jeunes femmes. Monique Olivier est poursuivie pour complicité de plusieurs de ces faits.

  • 5 juin 2006: la justice décide de l'interroger sur la disparition de Marie-Angèle Domèce, 19 ans, en 1988 dans l'Yonne.

  • 11 mars 2008: il est mis en examen pour les enlèvements et assassinats de Marie-Angèle Domèce et de Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, trouvée violée et étranglée, en mai 1990 près d'Auxerre.

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