Jenny 11 ans.... pour 1,70 mètres et 80 kilos!!!!

Source: Le Soir en ligne

Chatbox avec Jenny 11 ans.... en réalité un homme de 40 ans se cache derrière ce pseudo.

18 juin 2007

La Computer Crime Unit s'investit dans la prévention à destination des jeunes utilisateurs d'internet.


Mercredi matin. Antoine, Fabien, Alanna, Thomas, Marie, Loane, Maxence, Romane et leurs camarades de sixième primaire d'une école communale marcinelloise ont délaissé les bancs de l'école pour l'espace du centre Ener'J de Gilly. Officiellement, les petites têtes blondes sont conviées à passer une matinée ludique, à apprendre à surfer et à chatter sur internet. Ils ne sont pourtant pas au bout de leurs surprises !

Chatbox avec Jenny, 11 ans, blonde aux yeux bleus atteinte d'une maladie grave.


Dès la connexion à la " chatbox ", le silence s'installe dans la salle. Pour les animateurs, il n'est pas nécessaire de s'étendre longuement sur le principe du " chat ". Malgré leur jeune âge, une large majorité des élèves expérimente l'internet et ses modes de communication depuis bien longtemps. Concentrés, les élèves discutent entre eux du film de la veille, du dernier jeu vidéo à la mode ou, pour les plus studieux, de la prochaine " interro " de math. D'autres utilisateurs sont également connectés à la " chatbox ". Parmi eux : Jenny, 11 ans, qui se décrit comme blonde aux yeux bleus atteinte d'une maladie grave.

Qui a dialogué avec Jenny ?


Après une courte pause, les élèves réintègrent la salle informatique pour décrire leur expérience. L'animatrice évoque Jenny, sa copine. " Qui a dialogué avec Jenny ? " Thomas, Loane, Fabien et bien d'autres lèvent le bras. " Et comment est-elle ? " Les enfants la décrivent comme elle s'est présentée : 11 ans, blonde aux yeux bleus et malade. Jenny leur a semblé familière. Certains ont même cru la connaître. Seul Antoine émet des doutes : " Si ça tombe, c'est pas vrai ", lance-t-il. " Parce que mon grand frère, qui a 15 ans, s'est déjà fait passer pour un grand de 23 ans ", explique le jeune garçon. Et il a raison.

Un homme d'environ 40 ans, 1,70 mètre pour 80 kg!!


Lorsque Jenny apparaît, c'est la stupeur qui se lit sur le visage des bambins. Consternés, ils découvrent un homme d'une quarantaine d'années, 1,70 mètre, 80 kilos et à la carrure d'une armoire à glace. " Bonjour, mon nom est Serge Henry et je suis inspecteur principal à la Police judiciaire de Charleroi. " Quelques jeunes gaillards remballent leur fierté et s'enfoncent un peu plus sur leur chaise. " Je suis spécialisé dans la fraude informatique et la recherche de pédophiles sur Internet ", ajoute l'inspecteur.

Cyber policier.


Serge est ce qu'on appelle communément un cyber-policier, pas virtuel du tout ! " En me faisant passer pour Jenny, j'ai réussi, en quelques minutes, à obtenir un rendez-vous avec l'un ou l'autre d'entre vous pour cet après-midi, lance-t-il aux enfants, toujours aussi surpris de s'être fait piéger de la sorte. Y seriez-vous venus ? Certains ont accepté les places de cinéma que je leur proposais. Pourquoi quelqu'un qui ne vous connaît pas et que vous n'avez jamais vu non plus vous offrirait-il quelque chose de gratuit ? " Peu à peu, la stupéfaction laisse la place à la curiosité.

Les questions fusent : " Est-ce qu'on peut télécharger des MP3 ? Comment on peut savoir que la personne avec qui on parle n'est pas celle qu'elle prétend ? Comment faites-vous pour arrêter les pirates ? "

La Computer Crime Unit de la police fédérale, en collaboration avec l'ONG Action Innocence, Child Focus et la Ville de Charleroi, participe en fait à un projet- pilote européen, baptisé Suipamoi et destiné à sensibiliser les jeunes aux dangers d'internet. Une initiative unique en Belgique. Après les bons conseils prodigués par le cyber-policier, ce sont les psychologues de l'ONG Action Innocence qui prennent le relais. " Internet fait partie de la vie quotidienne des enfants, parfois plus que de leurs parents. C'est ainsi qu'ils sont souvent seuls, confrontés à l'immensité du monde virtuel et à ses dangers. Il faut les responsabiliser dès leurs premiers pas sur le Net, explique Jessica Rymenans, psychologue. Beaucoup ont déjà été face à des images pornographiques ou à des gens malintentionnés, malgré eux dans la plupart des cas : des inconnus sur les chats, les webcams ou dans la recherche d'informations ou d'images. Sans parler des menaces et des insultes sur les blogs. " Traumatisant, forcément. Il suffit par exemple d'effectuer une recherche sur le mot " cheval " dans Google pour découvrir des liens de sites zoophiles. Pire, les gestionnaires de sites à caractère sexuel s'adaptent aux modes juvéniles. Les " wings " font fureur dans les cours de récréation. Ils sont automatiquement intégrés aux mots-clés des sites pornographiques voire pédopornographiques. La seule solution : les logiciels de contrôle parental.
L'opération Suipamoi illustre parfaitement le leitmotiv de la campagne européenne Safer Internet, dont elle est d'ailleurs une déclinaison. La motivation est claire : " Il est inutile de vouloir protéger les enfants en leur empêchant l'accès aux outils de communication. Mieux vaut leur apprendre par la pratique quels sont les risques qu'ils encourent en surfant, et comment les déjouer. "
Pas de diabolisation donc mais de la prévention, de la conscientisation et de l'éveil de l'esprit critique. Pour les animatrices d'Action Innocence, le suivi de cette séance de Chat originale doit être assuré par l'école et les parents. " C'est ainsi que nous organisons également des conférences à destination des parents. Après l'exposé des dangers, beaucoup ont le réflexe d'interdire purement et simplement l'accès à Internet à leur enfant. Ce n'est pas la bonne méthode. Il existe des logiciels très efficaces et gratuits pour bloquer les contenus à caractère sexuel ", commente Jessica Rymenans.
Les animatrices d'Action Innocence concluent leur séance en prodiguant les bons conseils d'usage : " Souvenez-vous que lorsque vous chattez, vous ne savez pas toujours à qui vous avez affaire. Ne donnez jamais vos données personnelles telles que votre numéro de téléphone, votre adresse et votre code secret par exemple. " Quant aux enfants, leur conclusion tient en quelques mots : " Promis, on ne nous y prendra plus. "


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