Le kiné s'est pendu.

Le pédophile s'est pendu

27 septembre 2007

Le kinésithérapeute pédophile s'est donné la mort.


Il a été découvert pendu dans sa maison de l'Etang-Salé, hier en fin de matinée. Eric Gérard, qui avait été mis en examen jeudi dernier pour corruption de mineurs et captation, détention et diffusion d'images à caractère pédophile et pornographique, emporte ses secrets honteux dans sa tombe, au lendemain du départ de sa famille pour la métropole. L'appel du parquet de Saint-Pierre contre la décision du juge des libertés et de la détention de le remettre en liberté ne sera donc pas examiné comme prévu le 2 octobre. L'enquête des gendarmes s'annonce plus que jamais longue et difficile.

Les parents portent plaintes.


Hier en fin de matinée, Eric Gérard ne s'est toujours pas présenté à son cabinet pour honorer ses rendez-vous. Sa secrétaire tente de le contacter sur son GSM et à son domicile. En vain. Son épouse n'est pas là non plus. Choquée d'apprendre l'existence de milliers de photographies à caractère pédophile et pornographique prises par son mari, elle a quitté l'île la veille pour protéger les siens. L'alerte est donnée. La police municipale et les sapeurs-pompiers ne peuvent que constater le décès du quadragénaire, qui s'est donné la mort par pendaison. Les gendarmes, également sur les lieux, procèdent aux constatations d'usage afin de s'assurer qu'il n'y a rien de suspect dans sa brutale disparition. Ils épluchent au passage le contenu de lettres laissées par Eric Gérard à sa famille. Pour autant, le kiné de Saint-Pierre emporte tous ses secrets dans sa tombe. L'affaire débute à la fin des vacances australes, un moment de l'année où généralement les enfants entament une nouvelle année scolaire, la tête encore pleine de souvenirs agréables. Pour une collégienne du sud de l'île, il en est tout autrement. Ses parents la sentent perturbée et la pressent de questions. Elle admet sa participation à une séance photo érotique, immortalisée par Eric Gérard. Les parents sont tout naturellement outrés par cette révélation. Une plainte est déposée et les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Pierre sont saisis de l'enquête.

Des cornes de diable et des ailes d'ange pour augmenter son plaisir.


Dans le quartier où travaille le praticien, beaucoup savent que le quadragénaire se livre à des prises de vue avec des adolescents, filles et garçons confondus, dont certains sont loin d'avoir atteint leur quinzième année et dont beaucoup ont moins de 18 ans. D'autres en savent plus long sur la question, mais observent un silence coupable… et peut-être même complice. Le 18 septembre, Eric Gérard se retrouve en garde à vue. Au cours de la perquisition menée à son cabinet, les militaires découvrent un stock impressionnant de clichés mettant en scène des mineurs. Certains, d'un érotisme torride, concernent de jeunes garçons et filles photographiés séparément. Sur d'autres, des corps se mêlent dans des positions indécentes. Bientôt, certaines des images qui défilent donnent la nausée. On y voit des ébats sexuels complets entre adolescents. Parfois, certains sont affublés de cornes de diable et d'ailes d'ange, sans doute pour décupler le plaisir du pervers. Les collégiens, recrutés par petites annonces et par le bouche à oreille, reçoivent 100 euros par séance. Ainsi, Eric Gérard achète leur silence en même temps qu'il les culpabilise. Car dénoncer ses agissements reviendrait alors à avouer que l'on a accepté de vendre son corps.

Le kiné se met lui même en scène.


Une fois la porte du cabinet franchie, le rituel paraît immuable. Eric Gérard amadoue ses jeunes victimes, en commençant par de simples portraits. Au fil des prises de vue, il les incite à enfiler de la lingerie fine. Puis il les fait se dévêtir dans l'espoir de satisfaire tous ses fantasmes. C'est avec un plaisir non dissimulé qu'il dépense sans compter son argent pour parvenir à ses fins. Lors de sa garde à vue, Eric Gérard reconnaît les faits. Comment pourrait-il d'ail-leurs nier l'évidence des images sordides qui s'offrent à la vue des enquêteurs ? Mais ce n'est pas tout. Sur d'autres clichés, le notable devient acteur de ses propres turpitudes. Il abuse sans vergogne d'un jeune garçon ou encore d'une jeune fille, des mineurs dont l'âge reste à préciser. Et là encore, il s'abrite derrière le consentement de ses victimes, dont il feint d'ignorer le jeune âge. En réponse, Eric Gérard était alors mis en examen pour captation, détention et diffusion d'images à caractère pédophile et pornographique et corruption de mineurs, puis placé sous contrôle judiciaire. L'appel du parquet, qui devait être examiné le 2 octobre, restera lettre morte. Surtout, la disparition du pédophile risque de compromettre la manifestation de la vérité dans une affaire sordide, où des collégiens étaient livrés en pâture à un pervers et peut-être aussi à d'autres, qui continueront de sévir dans l'ombre.

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Clicanoo


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